Mise à jour le Mercredi, 15 Février 2012 17:11 Écrit par Alex Kipré Mercredi, 15 Février 2012 16:57
Arnold, sur les traces de sa mère.Le 14 février 2008, Joelle C tirait sa révérence. Bassiste, batteur et chanteur, son fils, Arnold Kamon, suit les traces de sa mère qu’il entend dépasser. Un rêve ? Les vraies ambitions en ont toutes la saveur.
14 février 2008-14 février 2012, voilà 3 ans que nous a quittés Joelle C. Née Séka Yaba Joelle, le 13 juillet 1970, elle se laisse piquer par le virus de la musique. A Abobo où elle grandit, ses pas suivent les rythmes des musiques diffusées dans les espaces ludiques. Toute petite déjà, elle veut chanter, rouler les yeux comme Aïcha Koné, dire en musique des textes attié comme le font, depuis toujours, ses ascendants. Elle intègre le « Tp audiorama » en qualité de choriste avec comme collègue un autre Attié : Alain Demarie. Puis, elle fait ses classes à Podium avec le groupe « Assikongo ». Quelques années plus tard, c’est l’orchestre du Gatl qui l’accueille. Y figure, Malou Amley. A certains moments, de façon bénévole, Joëlle se retrouve du côté de l’Orchestre de la radiodiffusion télévision ivoirienne (Orti). L’animateur Barthélemy Inabo la remarque et perçoit son envie de réussir. Elle entre en studio grâce à lui. Et en ressort avec Béhi, son premier album. Ce qui ne l’empêche point d’assurer, en toute humilité, les chœurs de Gadji Céli St Joseph qui, sorti des vestiaires, se négocie une carrière de chanteur en créant le groupe King Fusion. Bien que choriste de King Fusion, elle est en grossesse de son deuxième album arrangé par Marcellin Yacé et sur lequel figure Jala. Cette chanson plaît et touche le chœur des Ivoiriens. Joëlle a, entre temps, le 17 avril 1991, donné naissance à un garçon (son unique enfant) prénommé Arnold. Pour lui, elle veut désormais chanter pour gagner sa vie.
On lui présente un producteur sérieux. Sur Paris, David Monsioh lui fabrique un album d’envergure en mettant bout à bout les compétences de Koudou Athanase et de Manu Luma, deux arrangeurs faiseurs de hits parades. C’est le plus naturellement du monde que Samba connaît un succès, d’autant plus que sa promotion est l’affaire de Konian et sa radio Jam qui le diffuse 6 fois par jour. Et aussi l’affaire de l’émission estivale Variétoscope qui choisit Samba comme morceau imposé. Mais Anliou, son arrangeur avec qui elle vit une idylle, va perturber les vies artistique et amoureuse de Joëlle C. Elle marque une longue pause faite d’incursion, par les journalistes, dans sa vie intime. Pour revenir à son art, elle change d’arrangeur en s’octroyant les services de Georges Azziz, l’actuel manager de Magic System. Ce dernier l’invite, pour laver l’affront de sa mésaventure amoureuse et préparer son retour, à affronter le public avec un concert. En ce mois de juillet 2005, la salle de 1500 places du Palais de la culture refuse du monde.
Arnold veut achever la symphonie
Arnold, son fils, est spectateur et bout d’envie de faire de l’art, en dépit du refus de sa mère. La notoriété de Joelle est intacte et Azziz peut reconduire l’opération. La chanteuse sort un album melting pot baptisé Kita et réussit à franchir un palier en remplissant, cette fois là, la de 4000 places du Palais de la culture. Nous sommes le 22 septembre 2007. L’album occasionne des tournées qui épuisent l’artiste. Joëlle ne va pas bien et, en fin d’année, se retire pour se reposer, arritant toute activité. En 2008, sa santé empire et le 14 février, la journée internationale des amoureux enregistre le décès de l’artiste.
Depuis lors, son fils qui, clandestinement, est encouragé par Joe, le bassiste d’Awana, par Ondoua Anderson le bassiste de Magic System et s’est fait les doigts sur les basses de l’église Meg vie, envisage de faire carrière. Tous les jours, entre minuit et 4h du matin, il s’exerce, éprouve sa virtuosité au point d’interpréter, aujourd’hui, n’importe quelle chanson du meilleur bassiste au monde, Richard Bona. « J’adore Bona, il est mélodieux. J’aime aussi Victor Wooten. Je préfère jouer sur les 4 cordes pour aller à la rencontre de la difficulté. Je travaille la vitesse, la justesse », avance Arnold qui avant hier, 14 février 2012 (tout un symbole), est allé s’inscrire au conservatoire de l’Insaac. « Je veux lire la musique, pour aller plus loin que Maman » poursuit le fils de Joëlle C qui s’est acheté, il y a 3 ans, sa propre basse et a déjà composé 10 chansons ; lui qui joue de la basse, et chante de la batterie.
Arnold, une étoile à l’horizon ? Bon sang ne saurait mentir.
ALEX KIPRE
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