une du 16 mai 2012

Vous êtes ici: Home Accueil Economie Carburant : LES CAUSES DE LA PENURIE A KORHOGO
Flash info :
Previous Next

Carburant : LES CAUSES DE LA PENURIE A KORHOGO

PDFImprimerEnvoyer

Les stations-service n’ont plus de carburant à servir à Korhogo.Les stations-service n’ont plus de carburant à servir à Korhogo.Korhogo a vécu un spectacle peu ordinaire ce mardi 14 février : aux environs de 18 heures, des dizaines de motocyclistes et d’automobilistes ont pris d’assaut une station d’essence pour s’approvisionner en carburant. Une citerne venait d’arriver. Cette situation est consécutive à une pénurie d’essence qui a commencé à s’installer depuis le jeudi 9 février jusqu’à ce qu’elle devienne insupportable les dimanche et lundi derniers après l’échec des Eléphants devant les Zambiens en finale de la Can. « J’ai payé le litre d’essence à 3000 F le lundi et hier (mardi), j’en ai pris à 1.500 F . Je n’avais pas le choix, si je voulais continuer à rouler à moto », a témoigné un confrère de la presse écrite. « Si je dois continuer à payer le litre d’essence à 2.500 ou 3.000 F, je vais arrêter de venir aux cours », a menacé un enseignant. Ce mercredi, les rangs étaient très longs devant les stations-service. Que s’est-il passé ? Un pompiste qui a préféré garder l’anonymat a affirmé: sur un ton ironique et badin « C’est la faute à tout le monde », en riant comme s’il s’attendait à cette situation. Il a avancé que malgré la réhabilitation et la réouverture officielle de stations d’essence en cette période de normalisation de la situation dans le pays, le trafic et la vente du carburant aux abords des voies ont continué. Tandis que les postes de distribution d’essence réguliers vendaient le litre d’essence au prix homologué de 774 F, le marché noir le proposait entre 500 et 550 F. De sorte que « l’essence ne sortait pas des stations ». Notre interlocuteur a précisé qu’ils ont mis plus de deux mois pour vendre la première livraison de 10.000 litres qu’ils ont reçue après leur réouverture officielle. Seuls les visiteurs venant d’Abidjan achetaient de l’essence à la pompe. « Même les fonctionnaires » continuaient à s’approvisionner au marché noir, a-t-il insisté. Il a aussi indiqué que les usagers ne venaient à la station que pour le gasoil qui coûtait 615 F, moins cher qu’au marché noir. Finalement, a-t-il conclu, les stations ont cessé de s’approvisionner en essence au profit du gasoil jusqu’à ce qu’elles soient en rupture parce que ces derniers jours, le nombre de clients a plus que doublé. Car au niveau de la vente clandestine, déjà, cette situation se faisait sentir. Ce sont donc ces revendeurs qui ont provoqué cette pénurie et en ont profité. Comment ? Ils venaient s’approvisionner dans les stations. Et comme celles-ci refusaient de servir le carburant dans des bidons, les détaillants se sont montrés plus ingénieux. Ils faisaient le plein de leurs motos et allaient vider le combustible dans leurs « stations ». Résultat : ils ont créé la pénurie en faisant de la rétention pour revendre au prix fort le carburant habilement acheté.

 

Pourquoi cette rupture au marché noir ? L’année 2012 a déjà enregistré deux incendies provoqués par la vente parallèle de carburant en provenance des pays voisins. Le premier a eu lieu le 9 janvier aux environs de 19 heures, au quartier Sinistré, juste au niveau du stade municipal. Un motocycliste se faisait servir du carburant qui se serait versé sur le moteur en marche. Des flammes ont jailli, accompagnées de violentes explosions. Un garage à proximité y a perdu deux véhicules. Le lundi 6 février, un autre incendie s’est déclenché à la gare de Ferké, à Natiokobadara qui abrite un grand dépôt de distribution de carburant. Dans ces deux cas, les populations ont fait appel aux sapeurs-pompiers de l’Onuci. Ces incendies seraient-ils la cause de cette rupture ? Nos informateurs, sans être très affirmatifs, avancent que le réseau d’approvisionnement des pays voisins n’existe plus. Interrogé en octobre dernier sur l’existence de ce carburant parallèle lors de la cérémonie de réouverture d’une station, un responsable a répondu qu’il n’était pas inquiet et que « la qualité des produits fera la différence ». Quant au préfet Daouda Ouattara, il a répondu à la télévision locale, au cours d’une émission en direct, que cela faisait partie des habitudes qui se sont développées pendant la crise et qu’elles disparaîtront progressivement avec la normalisation de la situation. Toutefois, des responsables de stations assurent qu’il n’y a pas de quoi paniquer, à condition que le réseau des pays voisins n’existe plus effectivement.

Rappelons que la vente illicite de carburant n’est pas une pratique nouvelle. Elle date de bien avant la crise.

Martial Niangoran

Correspondant régional

Carburant : LES CAUSES DE LA PENURIE A KORHOGO

Ajouter un Commentaire



Tous messages contrevenant aux règles d’utilisation du site, à la loi, ou à tout autre code de conduite, n'engage que la responsabilité de leurs auteurs.
Les commentaires ne sont pas modérés a priori. Ils peuvent l'être a posteriori par un membre de la rédaction de fratmat.info (modérateur) aussi fréquemment que nécessaire.
N'importe quel utilisateur qui estime qu'un message envoyé est répréhensible est encouragé à contacter immédiatement fratmat.info par email ou à l'aide de l'outil d'alerte mis à disposition. Si nécessaire, des mesures seront prises dès que fratmat.info aura pris connaissance de cette alerte.

Les propos injurieux, racistes, xénophobes, antisémites, haineux et tout autre intolérance ou discrimination sont interdits dans les commentaires. 
En toutes circonstances, Les utilisateurs s'engagent à rester courtois, et à faire preuve de bienséance et de politesse envers les autres utilisateurs du site. Les utilisateurs et les modérateurs doivent se comporter en tout temps avec respect et honnêteté.

Le style SMS et les messages tout en majuscules ne sont pas acceptés. 
L'utilisateur ne publie son message que dans une seule rubrique et ne poste pas plusieurs fois le même commentaire.
Les utilisateurs des commentaires de fratmat.info s'engagent à respecter les règles d'utilisation sans réserve. Ces dernières pourront être modifiées sans préavis et sans justification si l'administrateur du site le juge utile.


Code de sécurité
Rafraîchir