Journées du Droit du Numérique 2026 : la Côte d’Ivoire ambitionne de bâtir une intelligence artificielle souveraine
Au dire de Djibril Ouattara, la souveraineté numérique ne se limite pas à la possession des infrastructures technologiques. L’enjeu majeur réside plutôt dans la maîtrise des données qui alimentent les systèmes d’intelligence artificielle. « Il faut faire en sorte que les données reflètent notre culture, nos valeurs, notre base réglementaire et législative », a-t-il soutenu.
Il a également insisté sur la nécessité pour la Côte d’Ivoire de construire progressivement son propre écosystème d’IA. Selon lui, le pays doit accélérer la numérisation de son patrimoine informationnel, renforcer ses capacités de stockage et de calcul, tout en garantissant la sécurité des données. Il a donc révélé l’ambition gouvernementale de disposer, dans les douze prochains mois, de capacités nationales de calcul adaptées au développement de solutions d’intelligence artificielle.
Évoquant la stratégie nationale, le ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique a indiqué que l’IA devra servir en priorité l’agriculture, l’éducation, la santé ainsi que la modernisation de l’administration publique. L’objectif affiché est d’améliorer la compétitivité de l’économie tout en offrant de meilleurs services aux citoyens.
Au coeur de la stratégie de développement
Abondant dans le même sens, le ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Kalil Konaté, a présenté l’intelligence artificielle comme « un puissant levier de productivité et de compétitivité ». Tout en saluant ses opportunités pour les entreprises et les consommateurs, il a plaidé pour un encadrement rigoureux afin d’éviter les abus, les biais algorithmiques et les atteintes aux droits des citoyens.
Pour sa part, le Secrétaire général du Gouvernement, Charlemagne Dah, a défendu une approche équilibrée de la régulation. Selon lui, « l’Afrique doit privilégier des mécanismes souples favorisant l’innovation, tout en préservant les intérêts des populations ». Il a rappelé que la question de l’IA dépasse les frontières nationales et nécessite une coopération régionale renforcée.
Quant au directeur de cabinet du ministre de la Justice et des Droits de l'Homme, Bernard Kouassi, il a rassuré sur la capacité du système judiciaire à faire face aux défis posés par les « deepfakes », la désinformation et les contenus générés par l’intelligence artificielle. Il a souligné l’existence de mécanismes d’expertise numérique ainsi que du cadre légal ivoirien de lutte contre la cybercriminalité.
Une correspondance particulière de JD