Forum INTECH Santé 2026: L’ANSUT présente sa feuille de route pour connecter les zones rurales et moderniser l’accès aux soins
Intervenant au nom de l’agence sur le thème « Réduire la fracture numérique en santé », Honoré Aka, directeur du développement des infrastructures du Réseau national à haut débit (Rnhd), a dressé un état des lieux des difficultés auxquelles sont confrontées de nombreuses localités rurales. Parmi les principaux obstacles figurent l’insuffisance des infrastructures numériques, le déficit énergétique ainsi qu’une faible appropriation des outils numériques par les populations.
Face à ces défis, il a rappelé les efforts entrepris par les pouvoirs publics. « Le programme d’urgence de connectivité rurale, lancé en 2025, a permis de raccorder 500 villages aux infrastructures numériques et aux services de connectivité. Cette dynamique devrait se poursuivre en 2026 avec l’intégration de 300 nouvelles localités au dispositif de désenclavement numérique », a indiqué Honoré Aka.
Si la couverture réseau atteint aujourd’hui environ 95 % du territoire national, certaines zones demeurent encore hors de portée des infrastructures classiques. Dans ce contexte, l’Ansut encourage le développement de solutions dites « offline », capables de fonctionner même en l’absence de connexion, notamment pour les services essentiels tels que la santé.
L’agence mise également sur la diversification des technologies de connectivité. Aux côtés du Rnhd, qui totalise plus de 6 600 kilomètres de fibre optique à travers le pays, et des investissements réalisés par les opérateurs privés, la connectivité satellitaire apparaît désormais comme une alternative prometteuse pour atteindre les zones les plus isolées.
Au-delà du déploiement des infrastructures, Honoré Aka a insisté sur la nécessité d’intégrer les enjeux de maintenance et de durabilité dès la conception des projets. « Les besoins numériques des populations étant appelés à croître fortement dans les années à venir, les infrastructures doivent être pensées sur le long terme, une ambition qui exige des investissements importants et une approche mutualisée », a-t-il déclaré.
À cet effet, il a plaidé pour la mise en place d’infrastructures numériques intégrées, capables de répondre simultanément aux besoins des secteurs de la santé, de l’éducation et de l’administration publique, afin d’optimiser les coûts et d’accroître l’efficacité des services.
La question énergétique a également occupé une place importante dans les discussions. Dans plusieurs localités non raccordées au réseau électrique, l’énergie solaire constitue une solution de plus en plus privilégiée pour assurer le fonctionnement des équipements et des services numériques.
Les échanges ont, par ailleurs, mis en lumière les perspectives offertes par l’identité numérique. Cet outil devrait permettre à chaque citoyen de s’authentifier à distance et de simplifier l’accès à de nombreuses démarches administratives et sanitaires, quel que soit son lieu de résidence.
Enfin, les intervenants ont souligné que la réussite de la transformation numérique passe aussi par le renforcement des compétences. Dans cette optique, l’Ansut a déjà ouvert neuf Centres d’innovation et de culture numérique (Cicn) dans des établissements scolaires de l’intérieur du pays. Vingt nouveaux centres sont annoncés pour 2026 afin d’accélérer la familiarisation des jeunes générations avec les usages du numérique.
À travers ces différents chantiers, la Côte d’Ivoire entend renforcer son inclusion numérique et créer les conditions d’un accès plus équitable aux services essentiels, notamment dans le domaine de la santé, à l’heure où la digitalisation s’impose comme un levier majeur de développement.
Firmin NDri Bonfils