Lutte contre les inondations : Le Paru fier de ses ouvrages qui ont sauvé des centaines de milliers de personnes
Grand-Bassam : livraison fin décembre
A Grand-Bassam, ville balnéaire où la nappe phréatique affleure presque, les inondations étaient monnaie courante. A la moindre pluie, les maisons étaient remplies d’eau et les routes coupées. Aujourd’hui, la situation a bien changé, dans le bon sens.
« Depuis que les pluies ont commencé, on n’a pas encore entendu parler d’inondation dans le quartier. C’est vrai que les travaux ont beaucoup perturbé nos activités, mais il le fallait. On dort, on se réveille et on travaille en paix », s’est réjoui Alassane Karambé, gérant d’un magasin de pièces détachées au quartier Château, dans les environs de l’exutoire d’un des deux itinéraires des canalisations construites.
Entamés en 2024, ces travaux d’un montant global de 11 milliards de F Cfa sont prévus pour s’achever d’ici la fin de l’année, a indiqué Namory Fofana, responsable technique du projet au Paru. « Tous les travaux lourds sont à ce jour terminés. C’est ce qui a permis de changer la donne ici et nous en sommes très fiers. Les travaux se concentrent actuellement sur la voirie, qui constitue l’avenant au projet. D’ici le 31 décembre, tout sera terminé et le chantier sera complètement livré », a-t-il annoncé.
Les travaux ont consisté en la construction de 6 122 mètres linéaires d’ouvrages de drainage et de 4 kilomètres de voiries au bénéfice principalement des habitants des sous-quartiers Irma, Cafop, Oddos, Mockeyville, Colorado et Petit marché. Dans les rues, aucune stagnation d’eau après la pluie. Les eaux pluviales s’infiltrent aussitôt qu’elles tombent et se dirigent vers les canaux qui les évacuent dans les exutoires.
Yopougon, plus que 12 mètres à construire
A Yopougon, précisément à Gesco et Port-Bouët 2, l’impact des travaux est aussi palpable. Aucun cas d’inondation signalé depuis le début de la saison pluvieuse. Ici, une bonne partie des canalisations a été enterrée. De quoi permettre aux personnes et aux engins de circuler paisiblement pendant que les eaux pluviales s’écoulent en dessous. Les riverains peuvent désormais profiter de la vie.
« Même s’il pleut pendant 7 jours d’affilée, ici on n’est pas inquiet car on ne risquera rien. Regardez par-là les enfants en train de jouer au maracana sur la voie ! Par le passé, ce n’était pas possible puisque toute la zone est inondée en pareille saison. Quand je vois ça, un seul mot me vient à la bouche : Merci à nos autorités pour avoir pensé à nous », a exulté un habitant du quartier Kimi.
A en croire Dominique Youdou, chef de la mission de contrôle des travaux, rencontré sur place, le chantier est réalisé à 97%. « Il ne reste plus que 12 mètres de canalisation et un dalot de 18 mètres de large à construire et on aura terminé. En tenant compte du rythme des travaux, le chantier sera totalement livré fin septembre », a-t-il annoncé.
Débutées en novembre 2023, les interventions couvrent plusieurs secteurs stratégiques comme Franceville, Kimi, Elysées, Ananeraie, LKM et Sorbonne. 4 000 mètres linéaires de canaux y ont été réalisés pour un coût global de 11,4 milliards de F Cfa, contribuant à l’amélioration de l’écoulement des eaux de pluie.
Les travaux qui se déroulent actuellement dans ce secteur consistent en la réhabilitation des voiries attenantes aux canaux, des aménagements urbains et la construction d’un site pour le recasement des fumeuses de poisson.
La phase 2 en cours à Abobo
La première zone d’intervention du Paru, faut-il le préciser, est Abobo, précisément les sous-quartiers Anonkoua-Kouté et N’Dotré. Ces secteurs avaient été identifiés comme zones critiques.
Aujourd’hui, cette mauvaise réputation a changé. On ne parle plus d’inondation ou d’éboulement de terrain après les travaux qui ont été réalisés entre 2022 et 2024 pour un coût de 8,8 milliards de F Cfa.
7,7 mètres linéaires de canalisation incluant un aménagement paysager y ont été installés, mettant à l’abri des inondations et rendant plus agréable la vie à plus de 200 000 personnes. « Nous vivons en paix ici depuis deux ans maintenant. Qu’on soit dans une période chaude ou qu’il pleuve, nous ne sommes plus inquiets », assure Aïcha B., qui vit à N’Dotré depuis 2021.
Actuellement, les travaux qui y ont cours s’inscrivent dans la phase 2 du projet, à savoir l’aménagement de deux cuvettes (Agouéto et Assomin) et le bitumage de 13 Kilomètres de voirie. Cette seconde phase qui a débuté en avril dernier est prévue pour s’achever fin mars 2027 pour un montant de 11 milliards de F Cfa.
Un projet complet
Une chose est de construire les ouvrages, mais une autre est de les entretenir afin d’en garantir la pérennité. A ce sujet, Elodie Gomez, spécialiste communication, marketing social et développement communautaire au Paru, assure avec satisfaction qu’une stratégie de préservation impliquant les populations bénéficiaires est intégrée à la gestion des infrastructures réalisées. Et c’est le cas à N’Dotré.
« Les communautés riveraines ont été placées au cœur de ces projets dès le début. Nous les avons organisées en comité de surveillance et de lutte contre la recolonisation afin qu’elles soient les gardiens de ces ouvrages. Ici à Abobo où les ouvrages ont déjà été livrés, nous sommes heureux et fiers de constater que ça marche bien. Ils sont bien conservés », s’est félicitée Elodie Gomez.
Logé au ministère de l’Hydraulique, de l’Assainissement et de la Salubrité, le Paru est financé à hauteur de 188 milliards de F Cfa par le Groupe de la Banque mondiale. Il a deux principaux objectifs : réduire la vulnérabilité aux inondations dans le Grand Abidjan et améliorer la gestion des déchets solides dans des municipalités ciblées.