Anacarde : Un partenariat stratégique signé pour accélérer la transformation locale
Un mécanisme financier structuré
L’accord repose sur un dispositif de financement bien défini. Le Conseil du coton, de l’anacarde et du karité s’engage à garantir 20 % des besoins en matières premières des transformateurs locaux.
De son côté, la Bni prendra en charge le financement des 80 % restants, couvrant à la fois l’achat des noix brutes et les coûts liés à leur transformation.
Pour le directeur général de la Bni, Youssouf Fadiga, ce mécanisme représente un levier essentiel pour renforcer les capacités des entreprises locales. Il a expliqué que le financement, associé à une subvention prévue dans le dispositif, permettra d’améliorer la trésorerie des opérateurs et de sécuriser leur chaîne d’approvisionnement.
S’inscrivant dans son rôle de banque de développement, la Bni entend ainsi accompagner activement la transformation structurelle de l’économie ivoirienne.
Des retombées économiques attendues
Au-delà du simple soutien financier, les autorités misent sur des retombées économiques significatives. Chaque tonne de noix de cajou transformée localement représente, selon Youssouf Fadiga, une source supplémentaire d’emplois, de revenus fiscaux, de développement industriel et d’entrées de devises pour le pays.
Cependant, la réussite de cette initiative dépendra de l’implication effective de toutes les parties prenantes. Le directeur général de la Bni a insisté sur la nécessité d’une responsabilité partagée entre les institutions et les transformateurs afin d’assurer une gestion rigoureuse des ressources mobilisées et garantir la durabilité du programme.
Un défi de taille pour les acteurs nationaux
Pour Berté Mamadou, directeur général du Conseil du coton, de l’anacarde et du karité, les enjeux restent importants. Il a rappelé que la production nationale atteint environ 1,5 million de tonnes de noix de cajou par an, dont près de 700 000 tonnes sont transformées sur le territoire ivoirien.
Toutefois, la majorité de cette transformation est encore dominée par les multinationales, qui représentent près de 75 % des volumes traités, contre seulement 25 % pour les opérateurs locaux. L’objectif est donc clair : renforcer la part des transformateurs nationaux pour atteindre au moins 30 %.
Dans cette perspective, Berté Mamadou a appelé les industriels ivoiriens à faire preuve de rigueur dans le respect de leurs engagements, notamment en matière de transformation effective, de commercialisation et de remboursement des financements obtenus.
Il a également salué l’engagement de la Bni, qui a su adapter ses mécanismes de financement aux réalités du terrain, ainsi que le professionnalisme des équipes impliquées dans la mise en œuvre de ce partenariat.
L’engagement des transformateurs confirmé
Du côté des professionnels, la mobilisation est assurée. Le président du Groupement des transformateurs de Côte d’Ivoire (Gtci), Kouadio Denis, a réaffirmé la détermination des acteurs à tirer pleinement profit de cette initiative.
Il a assuré que les entreprises du secteur feront un usage responsable des ressources mises à leur disposition, afin de contribuer efficacement à la stratégie nationale de transformation de l’anacarde.
Avec cet accord inédit, la Côte d’Ivoire confirme sa volonté de ne plus se limiter à l’exportation de matières premières, mais de créer davantage de valeur ajoutée sur son sol, en misant sur l’industrialisation et le développement de son savoir-faire local.