D’aucuns parlent déjà de « dépastefisation » au Sénégal depuis que le Président de la République, Bassirou Diomaye Djakkar Faye, a entrepris de se départir de personnalités considérées comme proches de son Premier ministre, Ousamne Sonko. À la suite de la création de sa coalition présidentielle, ‘’ Diomaye Président’’, le 7 mars 2026 à Dakar, le Chef de l’Exécutif sénégalais vient de se séparer du désormais ancien porte-parole de la Présidence, Ousseynou Ly, militant de la première heure du Pastef (Les Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l'éthique et la fraternité), pour le remplacer par Abdoulaye Tine, avocat et coordonnateur de la nouvelle coalition présidentielle.
Dans le communiqué qu’il publie le 04 mai 2026 – relayé notamment par BuurNews (@BuurNews) sur sa page X (Twitter) - à la suite de son limogeage, le porte-parole sortant de la Présidence de la République, réaffirme sa loyauté à Ousmane Sonko. Il indique : « Aujourd’hui que ma mission de Ministre-conseiller porte-parole de la Présidence de la République prend fin, je tiens à exprimer toute ma gratitude à Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye FAYE, Président de la République, pour la confiance qu’il m’a accordée. Servir mon pays, à cette station élevée, a été, durant ces deux années, une expérience à la fois exaltante et enrichissante. Mon engagement et ma fidélité au projet de transformation porté par le PASTEF, sous le leadership du Président SONKO, restent intacts. Ce projet, qui incarne l’espoir et l’ambition d’un Sénégal souverain, juste et prospère continue d’être la boussole qui guide notre action. Je remercie toutes celles et ceux avec qui j’ai eu l’opportunité de travailler »..
Au cours de l’interview télévisée du 2 mai 2026 et dans laquelle il fait – quasiment – le point de sa gouvernance tant en interne qu’à l’extérieur, le Président sénégalais indique clairement qu’il est à la manœuvre et qu'il tient bien la barre. Bassirou Diomaye Faye rassure : « Le Sénégal va bien, nous respectons nos engagements ». Cette phrase, certes courte, mais lourde en symbole, tranche avec l’alerte lancée par son Premier ministre qui, lors d'une conférence de presse le 26 septembre 2024, a dressé un bilan très critique de la situation économique héritée de l'administration précédente.
Au cours de son intervention, Bassirou Diomaye Faye a averti également que le parti au pouvoir, qu'il a fondé avec le Premier ministre, est menacé d'effondrement, sur fond de signes croissants de dissension entre les deux dirigeants. « Le Pastef est sur une trajectoire qui risque de le mener à sa perte si rien n'est fait », a-t-il prévenu. Le Chef de l’État a imputé ce risque d’implosion à « la trop grande dépendance » du parti envers le Premier ministre, rappelle Bloomberg dans un article publié le lendemain. « Le Pastef, ce n'est pas seulement Ousmane et moi », a-t-il affirmé samedi soir sur la chaîne de télévision publique RTS. « Nous avons toujours cherché à dissocier le projet du leader », a-t-il relevé, comme pour indiquer que les idéaux doivent aller au-delà des leaders qui les portent.