Sénégal : Pas de Téraanga pour les homosexuels

Le palais de justice de Dakar. (Ph: Dr)
Le palais de justice de Dakar. (Ph: Dr)
Le palais de justice de Dakar. (Ph: Dr)

Sénégal : Pas de Téraanga pour les homosexuels

Le 13/04/26 à 08:53
modifié 13/04/26 à 14:57
« Au Sénégal, vendredi 10 avril, un homme de 24 ans a été condamné à six ans de prison ferme et à deux millions de Fcfa d’amende par le tribunal de Pikine-Guédiawaye, en banlieue de Dakar », pouvait-on lire, le 13 avril 2026, sur le site Internet de Rfi. Il s’agit de la première application d’un texte promulgué le mois dernier, qui double les peines encourues, désormais portées à dix ans maximum. Depuis février, une soixantaine de personnes ont été arrêtées, rappelle la radio.

La pression se fait de plus en plus forte, d’autant plus que les arrestations se font notamment par dénonciation ou par fouille de téléphones. Outre l’arrestation, le risque de lynchage physique renforce la peur qui grandit chez les homosexuels. C’est dire si le rejet de cette orientation sexuelle est profondément ancré dans la société africaine en général, et sénégalaise en particulier.

Dès le 18 mars, l’Onusida s’était inquiété du durcissement de la législation sénégalaise en la matière. Les réactions des internautes en faveur de la position des autorités sénégalaises ne se sont pas fait attendre.

Sur son compte X (ex-Twitter), Martin Ssempa (@martinssempa) indique : « Mais la plupart des études montrent que les rapports sexuels entre hommes sont le mode de transmission du Vih le plus efficace ». L’internaute poursuit : « De nombreuses études indiquent que les hommes qui pratiquent la sodomie avec d’autres hommes ont dix fois plus de risques d’être porteurs du Vih et de le transmettre que les hommes hétérosexuels ». En somme, « la sodomie serait une forme de suicide sexuel ! », selon lui.

Des opposants à l’homosexualité se montrent plus durs envers l’Onusida dans leur prise de position contre la mesure adoptée par le législateur sénégalais. Edward Muganga (@EdwardMuganga) est partisan de cette ligne dure. Il déclare : « Onusida, pourquoi s’efforce-t-elle d’imposer une culture étrangère aux États africains ? C’est simple : vous promouvez l’homosexualité sous couvert de LGBTQ+. C’est une incitation à la décadence morale. Laissez les personnes concernées retourner dans vos prétendus pays développés ». Lorsqu’il écrit : « Laissez l’Afrique tranquille, pourquoi ne la promouvez-vous pas dans les pays asiatiques ? », il est rejoint par Onesimus Nasasira (@Onesimusnasasi2), qui lance : « Tu quittes l’Afrique avec sa culture ».

L’institution onusienne n’est pas la seule à s’être attiré les foudres de nombreux Africains farouchement opposés à la promotion de l’homosexualité sur le continent. La position nuancée de l’écrivaine franco-sénégalaise Fatou Diome, le 10 avril, lui a valu des critiques sur les réseaux sociaux. Pour avoir dit : « Ce que les autres font dans leur lit ne me regarde pas », elle a essuyé des attaques, notamment de la part de Martyres (@MohamathThiam), qui estime qu’elle ment, arguant que « ce qui existait est différent de ce qu’on voit de nos jours ».

MD (@opposant221) est plus virulent. Il s’exprime en ces termes : « Et toi, tu continueras à soutenir ces conneries ? Tu fais honte ! » Il lui souhaite même d’en avoir dans sa famille : « Qu’Allah lui accorde un fils homosexuel », poste-t-il.


Le 13/04/26 à 08:53
modifié 13/04/26 à 14:57