Lutte contre la corruption : Zoro Bi Ballo dévoile l’arsenal national et appelle à une mobilisation collective

Épiphane Zoro Bi Ballo, président de la Haute autorité pour la bonne gouvernance. (Ph: Dr)
Épiphane Zoro Bi Ballo, président de la Haute autorité pour la bonne gouvernance. (Ph: Dr)
Épiphane Zoro Bi Ballo, président de la Haute autorité pour la bonne gouvernance. (Ph: Dr)

Lutte contre la corruption : Zoro Bi Ballo dévoile l’arsenal national et appelle à une mobilisation collective

Le 09/12/25 à 21:33
modifié 11/12/25 à 08:42
Prévenir, détecter, sanctionner. En Côte d’Ivoire, la lutte contre la corruption s’articule désormais autour de mécanismes clairs et d’institutions identifiées.

Invité de l’émission « Télé d’Ici » sur la Nouvelle chaîne ivoirienne (Nci) le mardi 9 décembre 2025, dans le cadre de la Journée internationale de lutte contre la corruption, le président de la Haute autorité pour la bonne gouvernance (Habg), Épiphane Zoro Bi Ballo, a dressé un état des lieux du combat engagé pour une administration publique plus intègre et responsable.



Dès l’entame de son intervention, le président de la Habg a tenu à lever tout malentendu : la Haute autorité pour la bonne gouvernance est l’institution centrale de prévention et de lutte contre la corruption en Côte d’Ivoire.

Créée par ordonnance en 2013 et opérationnelle depuis 2015, la Habg est investie d’une triple mission : prévenir la corruption, lutter contre les infractions de nature économique et financière, et évaluer l’efficacité des acteurs de la chaîne anticorruption. À ce titre, elle conduit des programmes d’éducation à l’intégrité, accompagne les administrations publiques et le secteur privé dans l’instauration de pratiques transparentes, et assure l’élaboration ainsi que le suivi de la Stratégie nationale de lutte contre la corruption 2024-2028.

Les plaintes et dénonciations peuvent être déposées physiquement, via le numéro vert 800 800 11 ou, surtout, par la plateforme sécurisée Signalis (www.signalis.habg.ci), qui permet également de transmettre des preuves. Chaque saisine fait l’objet d’un examen rigoureux. Lorsque des indices sérieux sont établis, le Conseil de la Habg peut diligenter une enquête, menée par des officiers d’enquête en collaboration étroite avec le Pôle pénal économique et financier (Ppef), compétent pour engager les poursuites judiciaires.

« La Habg ne travaille pas seule », a insisté Épiphane Zoro Bi Ballo. L’institution évolue au cœur d’une véritable chaîne anticorruption, associant le parquet, la Cour des comptes, les inspections générales et les autorités de régulation. Des rapports réguliers sont transmis au Chef de l’État pour suivre les progrès et identifier les failles du système.

La déclaration de patrimoine, mission emblématique de la Habg, demeure un outil fondamental de prévention de l’enrichissement illicite. Sont concernés le Président et le vice-Président de la République, les membres du gouvernement, les élus, les magistrats et les hauts gestionnaires de fonds publics.

Les assujettis disposent d’un mois après leur entrée en fonction pour se conformer à cette exigence. La Habg réceptionne, conserve et analyse les déclarations, effectue des vérifications croisées et peut saisir le Ppef en cas de refus ou de manquement. Aujourd’hui, la Côte d’Ivoire figure parmi les pays affichant les meilleurs taux de déclaration dans la sous-région, même si des défis subsistent.

Réduction des pratiques à risque, traçabilité des flux, limitation de l’opacité : la digitalisation joue un rôle déterminant dans la lutte anticorruption. Systèmes intégrés de gestion budgétaire, outils de suivi des programmes et modernisation des procédures financières contribuent à renforcer le contrôle de l’action publique. Le président de la Habg a rappelé que la gestion des finances publiques repose sur une chaîne de responsabilité claire et partagée, associant ministères sectoriels, responsables de programmes, organes de contrôle et juridictions financières.

Sur la question sensible de la protection des lanceurs d’alerte, Épiphane Zoro Bi Ballo a reconnu les insuffisances actuelles du dispositif et annoncé des réformes en cours d’étude pour mieux sécuriser ceux qui dénoncent de bonne foi des faits de corruption. IIl a toutefois insisté sur la nécessité de distinguer les signalements fondés des accusations infondées, appelant à des enquêtes rigoureuses et impartiales.

S’alignant sur le thème de la Journée internationale, « S’unir aux jeunes contre la corruption : façonner l’intégrité de demain », il a lancé un appel fort à la jeunesse. Campagnes de sensibilisation, formations universitaires et programmes développés par l’Académie de la bonne gouvernance et du Leadership anticorruption (Abg-Lac) visent à préparer une nouvelle génération de leaders responsables.

Il a par ailleurs annoncé le lancement imminent d’une enquête nationale sur la corruption, destinée à identifier les secteurs les plus vulnérables et à affiner les politiques publiques.

En conclusion, Épiphane Zoro Bi Ballo a rappelé que la lutte contre la corruption ne peut aboutir sans la mobilisation de tous : État, secteur privé, société civile, médias et citoyens.

Saluant les progrès réalisés par la Côte d’Ivoire dans les classements internationaux, il a réaffirmé l’ambition du pays de devenir une référence régionale en matière d’intégrité, de transparence et de bonne gouvernance.


Le 09/12/25 à 21:33
modifié 11/12/25 à 08:42