Pluies torrentielles à Abidjan: Des dizaines de familles sinistrées de la Riviera palmeraie Rosiers 5A crient au secours

M. Konaté Bakary président du syndic. (Bavane)
M. Konaté Bakary président du syndic. (Bavane)
M. Konaté Bakary président du syndic. (Bavane)

Pluies torrentielles à Abidjan: Des dizaines de familles sinistrées de la Riviera palmeraie Rosiers 5A crient au secours

Le 29/06/20 à 18:36
modifié 29/06/20 à 18:36
Après la pluie, les dégâts ! Ainsi pourrait-on résumer la situation que vivent les familles de la cité Rosiers programme 5A de la Riviera. Pour la plupart, elles ont subi un lourd préjudice après les pluies diluviennes des jours précédents. Elles ne savent même pas de quoi demain sera fait puisque le danger est toujours présent. Ce dimanche 28 juin, nous avons rencontré quelques habitants qui nous ont fait part de leur désarroi. « C’est avec nos maigres salaires que, chaque mois, nous cotisions la somme de 200 000 Fcfa, mon époux et moi, afin de nous offrir un toit à Abidjan. Cela, durant près de 3 bonnes années afin de réunir la somme de 20 millions de Fcfa. Aujourd’hui, regardez ce que nous sommes devenus. Nous avons tout perdu dans la maison », se lamente Kouassi Agnès. Sa maison a été totalement inondée: fauteuils, réfrigérateurs, appareils électroménagers, matelas,etc., tous sont imbibés d'eau. Son salon a l'allure d'un marécage. « Mon époux est à la retraite. Et voilà que nous venons de tout perdre. Un préjudice de près de 5 millions de Fcfa », soutient- elle.

Des effets détruits pas les eaux (Bavane)



Elle rejette la faute de l’inondation de la cité à ceux qui ont construit des immeubles sur le bassin d’orage : « En 2002, quand nous venions ici, il n’y avait rien sur ce bassin qui est également le lit d’une rivière ensablée. Et nous n’avions jamais eu de souci pendant les saisons de pluies toutes ces années. Nos problèmes ont commencé à partir de 2011 avec des immeubles qui ont commencé à sortir de terre sur le passage des eaux », explique Kouassi Agnès en montrant du doigt deux immeubles construits sur le bassin d’orage, selon elle. « Nous demandons à l’Etat d’être plus regardant sur les attributions des terrains et surtout punir ceux qui, par leur faute, font perdre des biens et la vie à des citoyens», fulmine t-elle. Dame Kouassi Agnès n'est pas la seule à souffrir de l'inondation. Il y a aussi M. Brahima Ouattara Aka, propriétaire d'une maison dont le locataire est parti après une pluie torrentielle. « Vous voyez, la clôture de ma villa est tombée et comme je ne peux pas la laisser ainsi, je suis obligé de la refaire à mes frais. Et c’est à cause de ces inondations que mon locataire a quitté la maison. C’est une perte pour moi », soupire- t-il. Comment est arrivée cette situation qui a sinistré une centaine de personnes ?

Selon M. Konaté Bakary, président du syndic, c’est depuis le 5 juin que la cité les Rosiers programmes 5A est sous les eaux.

« Nous sommes à la quatrième inondation dont la troisième est très grave. Elle a complètement démoli notre clôture périphérique de sécurité qui longe le bassin d’orage de 2 km. Donc les eaux qui viennent d’Abobo, d’Angré se sont déversées sur notre clôture de 200 mètres », a explique M. konaté. Qui, lui aussi, a mis en cause les immeubles construits sur le passage des eaux. Aujourd’hui, il lance un cri du cœur afin que leur cité retrouve sa clôture de sécurité. « Nous comptons une centaine de victimes. Nous n’en voulons plus dans la cité. Nous souhaitons une action forte de la municipalité, une action forte de l’Etat. Nous attendons une visite au plus haut niveau de nos autorités », espère le président du syndic. « Evitons d’autres dégâts car, des résidents ont déjà trop perdu. Nous sommes peinés », explique Konaté Bakary.

La pluie a fauché la clôture de cette villa (Bavane)

Pour le président du syndic, ce qui urge est le relogement des familles sinistrées. Il a annoncé un recensement de toutes ces familles afin d’essayer de les reloger. « Nous en avons parlé à la mairie qui y travaille. Il est urgent pour nous de reloger des familles dont les maisons sont envahies par les eaux et qui ont tout perdu », insiste- t-il.
Toutefois, il exprime sa reconnaissance au maire de Cocody, Jean-Marc Yacé, qui a permis à la rue orchidée qui était complétement boueuse et impraticable d’être nettoyée. Selon lui, le maire a fait venir une machine qui a libéré la voie. Il est également en train de faire nettoyer les caniveaux. Il a permis le rétablissement de l’électricité dans une trentaine de villas dont les habitants n’avaient pas le courant depuis trois jours.
« Nous sommes en train de penser à lever une cotisation pour venir en aide aux sinistrés. Mais nous attendons un appui pour consolider ces cotisations qui vont permettre de les soulager un tant soit peu », confie Konaté Bakary.


Le 29/06/20 à 18:36
modifié 29/06/20 à 18:36