Jean Michel Guédé Akenon (ex-international ivoirien): «Comment je suis parti de l’équipe nationale»

Jean Michel Guédé Akenon, ex-international ivoirien. (DR)
Jean Michel Guédé Akenon, ex-international ivoirien. (DR)
Jean Michel Guédé Akenon, ex-international ivoirien. (DR)

Jean Michel Guédé Akenon (ex-international ivoirien): «Comment je suis parti de l’équipe nationale»

Le 13/01/20 à 17:12
modifié 13/01/20 à 17:12
Que devient Guédé Akenon ?

Je suis toujours là. On ne me voit pas parce que je me fais rare en Côte d’Ivoire, mais également parce que je suis un peu déçu par les dirigeants du football ivoirien. Personne n’a jamais cherché à savoir ce qu’on devenait, nous les anciens. J’ai donc préféré resté dans mon petit coin.

Que faites-vous dans la vie ?

Je continue de jouer au football pour garder la forme, mais je travaille désormais à la radio en France. Je suis responsable au service logistique de Radio France.

Pourquoi avoir choisi de quitter le milieu du football ?

J’avais la possibilité d’embrasser une carrière d’entraîneur à Montpellier ou à Lyon, mais je n’ai pas voulu faire la courbette. J’ai mes diplômes d’entraîneur. Quand tu es Africain, ce n’est pas évident de trouver un poste d’entraîneur. J’ai préféré arrêter tout cela parce qu’à mon âge, je n’ai pas envie que les plus jeunes perturbent ma quiétude.

Quels souvenirs gardez-vous de Côte d’Ivoire 84 où le public ivoirien vous a découvert ?

C’est un souvenir extraordinaire que je n'échangerai pour rien au monde. C’était beau. Jouer pour son pays est un immense honneur, c’est même au-delà. Défendre les couleurs de son pays, c'est fabuleux. Il y a des gens qui vous acclament, qui expriment leur amour pour vous. Je n’oublierai jamais cette étape de ma vie et de ma carrière.

Sur le terrain pourtant, cette campagne a été une symphonie inachevée pour les Éléphants éliminés dès le premier tour.

Ce que j’exprime est personnel. Parce que c’était la première fois que je vivais cela, que je découvrais le milieu de l’équipe nationale.

Comment s’est faite votre rupture avec les Éléphants ?

On m’a souvent traité de grande gueule, mais je dis les choses que tout le monde n’ose pas dire. C’était cela mon problème avec l’équipe nationale. Mon dernier match avec l’équipe nationale, c’était contre le Mali au cours duquel nous nous sommes qualifiés pour Sénégal 1992. Mais après, ils ont demandé que je ne vienne plus en équipe nationale. Mon franc-parler dérangeait les gens. C’est depuis lors que j’ai coupé les relations avec les Éléphants et le football ivoirien. Il y a eu également cette rencontre amicale entre la Côte d’Ivoire et la France à Montpellier, en 2005, qui a accentué la rupture. A cette époque, je m’attendais à une invitation de l’ancien président de la Fédération, Jacques Anouma, pour assister à cette rencontre. Mais ni Désiré Sikely, Moh Emmanuel, Mama Ouattara et moi n'avons eu cet honneur. La moindre des choses aurait été qu’on soit invité en tant qu’anciens joueurs de Montpellier, mais également ancien international. Nous avons été négligés et j’ai été peiné.

Quel regard portez-vous aujourd’hui sur le football ivoirien et africain en général ?

Le niveau est très bas. Il n’y a plus de talents. Avant, nous avions des dirigeants qui se donnaient corps et âme pour leur club. Aujourd’hui, les joueurs ont beaucoup d’argent, mais sur le plan de la qualité, ça n’emballe plus. Mais c’est pareil en Europe.

Qu’est-ce que le football vous a apporté ?

Beaucoup de choses et à tous les niveaux. Les relations humaines, financièrement...

Pourriez-vous apporter un jour votre expérience au football ivoirien ?

Il faudrait qu’on m'en fasse la demande. Je ne viendrai pas proposer mes services. Si on a besoin de moi, je réfléchirai. Mais il faut qu’il y ait d’abord un besoin.
Le 13/01/20 à 17:12
modifié 13/01/20 à 17:12