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Kenya: de violents affrontements secouent le nord du pays 12:30 - 10/12/13

mardi, 10 décembre 2013 12:23

Une quarantaine de représentants des communautés du département de Marsabit se sont réunis à la résidence de l'ambassadeur suisse: Rendille, Burji et surtout les deux communautés qui s'affrontent en ce moment, les Gabra et les Borana.

Kenya: de violents affrontements secouent le nord du pays

Au Kenya, alors que se prépare le 50e anniversaire de l'indépendance, le 12 décembre, des affrontements ont lieu depuis une semaine dans le nord-est du pays à la frontière avec l'Ethiopie. Des violences qui ont fait des milliers de déplacés côté éthiopien et dans la région et ont précipité l'envoi sur place de l'armée kényane ce week-end. Une réunion d’urgence entre les représentants des différentes communautés a eu lieu à Nairobi, le lundi 9 décembre.

Une quarantaine de représentants des communautés du département de Marsabit se sont réunis à la résidence de l'ambassadeur suisse: Rendille, Burji et surtout les deux communautés qui s'affrontent en ce moment, les Gabra et les Borana. Ils occupent tous de hautes fonctions, mais ne sont pas des hommes politiques. Certains accusent le passé colonial, d'autres, les traditions de vol de bétail et de dettes de sang, ou encore les revendications territoriales. Mais tous se mettent d'accord sur un point : la politique a incité ces violences.

L'armée, pas une solution

Abudo Qonchoro est Gabra et il travaille dans une société pétrolière. Pour lui, l'envoi de l'armée n'est pas une solution : « Nous ne voulons pas une répétition de ce qui s'est passé au mont Elgon où l'armée a été envoyée et beaucoup d'atrocités ont été commises. Une éducation civique est requise pour les résidents, ils ne sont pas allés à l'école, ils sont analphabètes. Vous voyez, les gens éduqués sont là, ils ne se battent pas, ceux qui sont illettrés se battent. Les dirigeants politiques ne respectent pas l'équité et la justice en termes de distribution des ressources. Ils croient que celui qui gagne prend tout ».

« La faute aux politiques »

« Les affrontements vont cesser en présence de l'armée, explique Joseph Hakale de l'ethnie borana. Dès que les militaires seront partis, ils recommenceront. La faute en revient aux politiques. Il faut que le gouvernement force les dirigeants de la zone à discuter ».

Aucun bilan officiel n'a été annoncé, car les deux camps refusent de dévoiler leurs pertes. Selon Jaffer Isaak, organisateur de cette réunion, le bilan pourrait s'élever à plus de cent morts, depuis une semaine.
RFI

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Écrit par  Victorien N'guessan KOUAKOU