Drogue: nouvelle vague d'exécutions en Indonésie 08:52 - 29/07/16

vendredi, 29 juillet 2016 08:46

Le Français Serge Atlaoui, condamné à mort il y a 9 ans, a échappé de justesse à la peine capitale en 2008, et est toujours dans le couloir de la mort. L’an dernier, 8 condamnés, tous étrangers, avaient été exécutés pour des affaires de stupéfiants. L'ONU dénonce une justice inique. Tout comme les ONG.

Drogue: nouvelle vague d'exécutions en Indonésie

En Indonésie, quatre condamnés à mort pour trafic de drogue, parmi lesquels trois étrangers, ont été exécutés dans la nuit de jeudi à vendredi. Au total, quatorze condamnés à mort dans des affaires de drogue devaient être exécutés le 28 juillet.

C'est la troisième vague d'exécutions depuis l'arrivée au pouvoir du président Joko Widodo en 2014. Quatorze personnes, dont 10 étrangers - Nigérians, Zimbabwéens, Pakistanais -  toutes condamnées à mort dans des affaires de drogue devaient être exécutées ce 28 juillet, et ce malgré les nombreux appels internationaux à la clémence. Des appels venus de l’ONU, de l’Union européenne, et des organisations de droits de l’homme.

Le Français Serge Atlaoui, condamné à mort il y a 9 ans, a échappé de justesse à la peine capitale en 2008, et est toujours dans le couloir de la mort. L’an dernier, 8 condamnés, tous étrangers, avaient été exécutés pour des affaires de stupéfiants. L'ONU dénonce une justice inique. Tout comme les ONG.

« Les condamnations et les exécutions visent de façon disproportionnée des étrangers, des pauvres et des gens qui ne peuvent pas payer un avocat sérieux », explique Andrea Giorgetta, porte-parole de la Fédération internationale des droits de l'homme. « C’est une tendance de fond, il y a régulièrement des accusations en ce sens : les gens qui sont condamnés dans des affaires de drogue ont des procès inéquitables, dans certains cas les étrangers n’ont pas accès à des traducteurs ni à une aide juridictionnelle, et parfois tous les recours n'ont pas été épuisés avant le procès. En plus il y a régulièrement des rapports qui font état d’aveux extorqués aux inculpés ».


152 prisonniers dans le couloir de la mort en Indonésie

Un Pakistanais condamné pour la détention de 300 grammes d’héroïne et qui nie les faits a ainsi été battu et menacé de mort jusqu’à ce qu’il reconnaisse par écrit sa culpabilité.

Bien loin d’entendre les appels répétés des organisations internationales à renoncer à la peine capitale, Jakarta persiste et signe. Selon les autorités, 152 prisonniers attendent d'être exécutés dans le pays, et les condamnés pour affaires de drogue le seraient en priorité.

Les quatre condamnés exécutés dans la nuit de jeudi à vendredi - trois Nigérians et un Indonésien - ont été exécutés peu après minuit heure locale (17H00 TU) au complexe pénitentiaire de Nusa Kambangan sur l'île du même nom.

Le vice-procureur n'a pas expliqué pourquoi dix autres condamnés à la peine capitale pour trafic de drogue, qui devaient également être exécutés, ne l'ont pas été. Un violent orage et des pluies diluviennes se sont abattus sur le site au moment des exécutions, ce qui pourrait expliquer un possible report ou retard.


RFI

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Écrit par  Victorien N'guessan KOUAKOU