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Violentes manifestations à Koun-Fao: Le commerce paralysé, la préfecture vandalisée

mardi, 10 juillet 2018 14:26
Les manifestants de Koun-Fao. Les manifestants de Koun-Fao. Crédits: Zéphirin NANGO

La ville de Koun-Fao située à 305 km au nord-est d’Abidjan, dans la région du Gontougo, a été paralysée par des manifestants toute la matinée du lundi 9 juillet 2018.

La voie principale menant à Bondoukou sur laquelle des barricades avaient été érigées, n’a été rouverte à la circulation qu’aux environs de 14 heures. Dans leur mouvement, les manifestants ont assiégé les locaux de la préfecture qu’ils ont vandalisés. Les commerces sont restés fermés.

A l’origine de ce mouvement d’humeur, la gestion de la forêt classée de Tankessé. De fait, depuis le courant de l’année 1924, la zone forestière allant de la sous-préfecture de Tankessé (16 km au sud de Koun-Fao) au département de Transua, a été déclarée forêt classée par l’administration. Le problème est que les populations locales, n’ont jamais été au fait de cette situation.

Aussi ont-elles créé de nombreuses plantations, ignorant que ces cultures agricoles se trouvaient dans une réserve de l’État. Le cours des évènements va prendre une nouvelle tournure lorsque ces dernières semaines, la Société de développement des forêts (Sodefor) entreprend de délimiter cette forêt classée. Des agents de ladite structure engagent alors le tracé de layons dans la zone.

Les populations qui ne comprennent rien à cette initiative, ne trouvent d’autre explication que l’intention de l’État de vouloir les déguerpir. Aussi, le lundi 9 juillet 2018, décident-elles d’exprimer leur indignation par des actions d’envergure. Elles paralysent la ville dès les premières heures de la journée et assiègent la préfecture.

Des pneus sont brûlés sur les artères de la localité. Dans ses explications, Mme Kouamé Née Kouakou Karidja, le préfet de Koun-Fao, qui reçoit les manifestants, indiquent qu’en réalité, le gouvernement n’a aucune intention de les déguerpir.

L’opération, a-t-elle fait prévaloir, vise plutôt à une identification des essences rares que contient encore cette zone forestière, du reste, fortement dégradée. A l’issue des assurances données par l’autorité préfectorale, les manifestants ont levé les barrages aux environs de 14 heures.

Zéphirin NANGO
Correspondant régional

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