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Université de Bouaké: Les agents de la police universitaire prennent d’assaut la préfecture

lundi, 13 août 2018 19:15
 Les éléments de la police universitaire ont brandi des pancartes pour crier leur ras-le-bol. Les éléments de la police universitaire ont brandi des pancartes pour crier leur ras-le-bol. Crédits: Charles Kazony

Les éléments de la police universitaire de Bouaké qui observent un arrêt de travail depuis le 4 juillet 2018, ont pris d’assaut la cour de la préfecture de la région de Gbêkê ce lundi 13 août, pour se faire entendre auprès des plus hautes autorités de ville.

Ils brandissaient des pancartes sur lesquelles l’on pouvait lire, entre autres messages, « Police universitaire: une jeunesse exploitée depuis 5 ans », « Police universitaire: 5 ans sans salaire », « Police universitaire: Quelle est la valeur de nos diplômes ? », etc.

Saisi de ce dossier depuis longtemps, puisque ce n’est pas la première fois qu’il les reçoit, Vakaba Koné, nouvellement nommé préfet du département de Tiapoum, ex-secrétaire général 1 de la préfecture de Bouaké, a rencontré les manifestants pour les entendre.

L’ex-secrétaire général 1 de Bouaké, dans ses nouveaux habits de préfet, a tenu à les féliciter pour la discipline adoptée. «Soyez toujours disciplinés dans votre démarche. N’ayez pas des comportements fescistes qui va conduire à votre perte», conseille-t-il.

Diézon Kmondé Dézhat, agent de la police universitaire de Bouaké, par ailleurs porte-parole national de la police universitaire de Côte d’Ivoire, a dit à l’autorité préfectorale que depuis leur dernière rencontre leur situation n’a pas évolué.

«Nous n’avons aucun statut. Hormis les primes que nous percevons, nous n’avons jamais perçu de salaire, depuis 5 ans que nous exerçons au sein de la police universitaire. Encore moins, être déclarés à la Cnps», déplore-t-il. Conséquence, «nombreux d’entre nous sont menacés d’expulsion quand ils ne sont pas carrément expulsés», révèle-t-il.

Vakaba Koné qui avait porté la situation de la police universitaire à la connaissance de Siaka Ouattara, secrétaire d’Etat chargé du Service civique, en mission récemment à Bouaké, l’a joint séance tenante. Le ministre a rassuré les grévistes qu’il a lui-même pris le dossier en main.

Notons que c’est en 2013, à l’initiative de Cissé Bakongo, alors ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, que cette police universitaire a été créée. Elle compte à ce jour près de 600 éléments répartis dans toutes les universités publiques de Côte d’Ivoire.

L’Université Alassane Ouattara compte 113 éléments dont une quinzaine de jeunes filles. Ils sont tous des étudiants avec des masters dans diverses disciplines, des doctorants...

«Avec de tels niveaux d’études, on ne doit pas vous traiter comme des moins que rien», s’offusque le nouveau préfet de Tiapoum, Vakaba Koné.

Cette police a pour mission de sécuriser les biens et les personnes, de maintenir l’ordre, de prévenir les conflits… sur l’espace universitaire.

CHARLES KAZONY
CORRESPONDANT REGIONAL       

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