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Nutrition: La Côte d’Ivoire félicitée pour son engagement politique et institutionnel

mercredi, 24 juillet 2019 13:39
Nutrition: La Côte d’Ivoire félicitée pour son engagement politique et institutionnel Crédits: DR

Le vice-Président ivoirien, Daniel Kablan Duncan, a partagé l'expérience ivoirienne en matière de lutte contre la faim à l'ouverture du deuxième Forum national de nutrition qui se tient à Bamako.

Le vice-Président ivoirien Daniel Kablan Duncan était le mardi 23 juillet, l'invité d’honneur à la 2e édition du Forum national de nutrition à Bamako au Mali.  Le thème retenu pour ce rendez-vous qui a mobilisé environ 380 participants (décideurs politiques, partenaires techniques et financiers, experts, chercheurs, associations de consommateurs, des Ong) impliqués dans le combat contre la sous-alimentation au Centre international des conférences de Bamako (Cicb) est : « Faire de la nutrition, une priorité de l’engagement politique et financier au Mali. »

Gerda Verburg, coordinatrice mondiale du Mouvement pour le renforcement de la nutrition, ou Scaling Up Nutrition (Sun) n’a pas manqué de féliciter la Côte d’Ivoire pour son « fort engagement politique et institutionnel » dans cette lutte. « Nous saluons l’engagement du gouvernement ivoirien, que nous avons constaté lors de notre séjour, il y a trois ans de cela en Côte d’Ivoire », a-t-elle tenu à releverCar, pour elle, « la nutrition est une faiseuse et marqueuse de développement… C’est un investissement à moindre coût, mais à un grand impact ».

A l’image des pays comme la Côte d’Ivoire qui ont compris la nécessité d’accorder une place de choix à ce projet, elle a encouragé le gouvernement malien à investir, non seulement dans la sécurité, mais dans la sécurité humaine.

Pour elle, la lutte contre la faim commence par un « investissement dans la vie des enfants pendant les 1000 premiers jours. C’est-à-dire les six premiers mois de la vie d’un enfant. Mettez-vous ensemble à travailler avec un gouvernement fort qui prendra les bonnes décisions pour investir dans la nutrition, car des opportunités existent », a-t-elle encouragé.

Un projet bien perçu par le gouvernement malien, qui l’a exprimé par la voix de Boubou Cissé, Premier ministre, ministre de l’Economie et des Finances. : « Il est indispensable de trouver des solutions de long terme pour réduire le fardeau de la malnutrition », a-t-il préconisé.

Car, a fait remarquer le Premier ministre malien, « en dépit de l’adhésion du Mali aux engagements nationaux et internationaux en faveur de la nutrition, la situation nutritionnelle du pays reste précaire, faute de financements publics et d’une coordination multisectorielle forte. Un enfant malien sur quatre souffre de malnutrition chronique, alors qu’un enfant sur dix souffre de malnutrition aigüe », a-t-il souligné.

Le chef du gouvernement malien a aussi mentionné que, « au-delà des problèmes de santé causés à chaque enfant atteint de malnutrition, cette situation pèse lourd sur l’économie du pays : les coûts annuels associés à la malnutrition chronique sont estimés à 265, 5 milliards de FCfa, soit 4,06% du Pib. »

Le vice-Président ivoirien, Daniel Kablan Duncan, qui avait à ses côtés une forte délégation dont le ministre en charge de la Santé,  Dr Aka Aouélé, a, au cours de son intervention, partagé l’expérience ivoirienne en matière de lutte contre la faim. Il a, au nom du Président de la République de Côte d’Ivoire, rappelé les engagements politiques et institutionnels qui ont permis à la Côte d’Ivoire d’abriter le siège du premier Centre d’excellence régional pour la lutte contre la faim (Cerfam), inauguré le 25 mars 2019.

Mais, Kablan Duncan n’a pas manqué de faire remarquer que la Côte d’Ivoire n’échappe pas au double fardeau de la malnutrition et de la surnutrition. Ce qui se présente comme un paradoxe, au regard des opportunités agricoles du pays.

« Nous sommes venus à l’invitation du gouvernement malien pour participer à ce dossier important de la nutrition. C’est l’homme qui est à la fois acteur et bénéficiaire du développement. Et au niveau du capital humain, l’aspect santé, éducation est essentiel pour bâtir le capital humain. L’alimentation participe de la qualité du facteur humain, parce qu’elle est un facteur important », a-t-il ajouté.

Au Nations unies, a-t-il poursuivi, il y a 17 Odd fixés à l’horizon 2030. L’Odd N2, qui concerne l’aspect nutrition, figure dans les engagements du Président Alassane Ouattara, a-t-il insisté.

Depuis le 25 mars 2019, Abidjan abrite le siège du Centre d’excellence régional contre la faim et la malnutrition (Cerfam), le troisième au monde après ceux du Brésil et de la Chine.  Le Cerfam est une institution régionale appuyée par le Programme alimentaire mondial (Pam). Il entend favoriser le partage des bonnes pratiques, des expériences et des succès dans la lutte contre la faim et la malnutrition entre les pays du continent.

Démarrée le 23 juillet, la 2e édition du Forum national de nutrition à Bamako au Mali intervient près d’une décennie après la première édition.

Son objectif est de prendre des engagements forts pour relever le défi de la malnutrition.

Isabelle Somian
Envoyée spéciale au Mali