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Lassana Sylla, inspecteur général des Finances :“ La brigade anti corruption entre en action ”

jeudi, 12 septembre 2013 06:15

Le gouvernement a décidé d’engager la guerre contre les bandits à col blanc.

L’Inspection générale des finances dont le rôle est de veiller à l’application des règles de bonne gouvernance économique, financière et administrative a décidé d’organiser un colloque et un atelier à partir de lundi prochain.  Pourquoi ?
Aussi bien le colloque que l’atelier sont organisés, du 16 au 19 septembre prochain, simultanément à Abidjan et Grand-Bassam pour rapprocher les acteurs de la lutte contre la corruption. L’idée, c’est de décloisonner leurs activités. En effet, conformément à l’arrêté qui l’a créé, la Brigade de lutte contre la corruption (Blc) doit exercer « ses attributions en coopération avec les autres organismes publics de contrôle ou d’application de la loi ». Il s’agit de développer, au mieux, une synergie avec les organes de gouvernance existants au sein des grandes directions opérationnelles ainsi que des services, inspections et unités du ministère de l’Economie et des Finances  impliqués dans la lutte contre la corruption. Bien plus, l’on doit s’assurer de la remontée efficiente des informations des unités sectorielles vers la brigade suite à la transmission des dossiers émanant de la brigade à l’effet de prendre des sanctions effectives à l’encontre des mis en cause. Au fond, nous devons obtenir l’indispensable collaboration des autres organes de gouvernance (Sngrc, Centif-ci, Anrmp, Giaba, …) et des autorités de la police judiciaire.

Mais la Brigade de lutte contre la corruption n’est pas assez vulgarisée. Est-ce volontaire ?
C’est aussi l’enjeu de ces assises. Faire connaître la brigade à ses partenaires institutionnels de la lutte contre la corruption et au grand public. Mais, nous allons former les inspecteurs des finances et plus particulièrement les enquêteurs de la brigade en matière de prévention et de détection de la corruption financière. Il va falloir également renforcer les mécanismes de coopération avec les autres acteurs, entre autres, l’Agence judiciaire du trésor, l’Unité spéciale de lutte contre le racket en douane, l’Observatoire de l’éthique et de la déontologie du trésor … d’une part, et d’autre part, avec les autres acteurs de l’exécutif, en l’occurrence la police, la gendarmerie nationale et le ministère de la Justice. Nous envisageons aussi de renforcer les mécanismes de communication, d’articulation et de coordination des activités avec ces acteurs de l’exécutif.

Quels sont les résultats attendus de ces activités ?
En fin de compte, nous souhaitons que toutes les administrations et les organisations de la société civile impliquées dans la lutte contre la corruption soient informées de l’existence de la brigade de lutte contre la pauvreté avec un positionnement clairement établi, des modalités de son action et des moyens de la saisir. A cela, il faut ajouter la nécessité pour les enquêteurs de maîtriser les techniques d’investigation spécifiquement adaptées à la lutte contre la corruption financière et un renforcement des moyens d’actions.

Comment les travaux vont-ils se dérouler ?
Ces assises auront deux temps forts. Le premier, c’est le colloque du 16 septembre, à l’Amphithéâtre de l’Espace Crrae-Uemoa au Plateau. Il est ouvert au grand public. Le deuxième est un atelier fermé de deux jours, à Grand-Bassam, les 17 et 18 septembre prochain. Il est destiné aux structures en charge de la lutte contre la corruption. Ces assises seront suivies d’un séminaire de formation des agents de la Brigade de lutte contre la corruption, animé par deux experts français du Service central de prévention de la corruption. Ce sera le 19 septembre au siège de la Brigade à Abidjan.

Qui sont les animateurs de ces assises ?
Ces assises seront une occasion privilégiée de partage d’expériences entre experts nationaux et français de la lutte contre la corruption. Elles seront animées, côté français, par deux experts du Service central de prévention de la corruption (Scpc), respectivement magistrat judiciaire et commandant de police, et un inspecteur général des finances. C’est un service transversal et interministériel chargé de la prévention de la corruption. Il existe depuis une vingtaine d’années et est placé sous la tutelle du garde des Sceaux, ministre de la Justice. C’est un outil d’analyse de la corruption mais également de renseignement, d’information et d’avis technique des autorités françaises.  Côté ivoirien, nous aurons la participation d’experts venant de plusieurs structures dont la  Centif-ci, la direction de la police économique et financière, l’Agence judiciaire du trésor, le parquet, la police et la gendarmerie nationale.
Entretien réalisé par
Lancine Bakayoko