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Grossesse non désirée: Le directeur de l’IPPFAR, plaide pour le respect des droits des victimes de viol

mercredi, 04 juillet 2018 21:23
M. Lucien Kouakou, Directeur Régional Afrique de La Fédération Internationale  pour la planification familiale(Ippfar), lors de la formation des journalistes en Nairobi. M. Lucien Kouakou, Directeur Régional Afrique de La Fédération Internationale pour la planification familiale(Ippfar), lors de la formation des journalistes en Nairobi. Crédits: Dr

A la réalité a fait remarquer le directeur de l’Ippfar, dame Kan, ne voulait pas voir le produit d’un viol en elle. « Tout ce que nous devons faire pour la sécurité des personnes est importante. Entre une vie putative et quelqu’un qui ne peut pas supporter la grossesse,  à qui  doit-on accorder la priorité ? », s’est –il interrogé. 

Grossesse non désirée: Le directeur de l’IPPFAR, plaide pour le respect des droits des victimes de viol

Le Directeur de la Fédération Internationale pour la Planification Familiale Région Afrique (IPPFAR), Lucien Kouakou a présidé la cérémonie d’ouverture du forum annuel  des journalistes et rédacteurs membres de ladite fédération, ce mercredi 04 juillet, à l’hôtel  Crowne Plaza de Nairobi au Kenya.

Précisant le rôle important des médias dans la promotion des droits de la personne et de l'égalité des sexes , M. Kouakou a souhaité, entre autres, l’existence d’un cadre juridique adaptée, et à mesure de prendre en compte, le respect des droits des femmes victimes de viol qui refusent de porter la grossesse de leur bourreau. Et cela, à cause de la loi sur l’avortement qui est restrictive, en Côte d’Ivoire.

C’est le cas de cette femme, Mme Kan Akissi qui a été violée par un rebelle à Yamoussoukro. Lors d’une campagne de sensibilisation initiée par l’ Aibef, une association membre de l’IPPFAR, Akissi a approché M Kakou Lucien : « Je ne veux pas porter cette grossesse !, a-t-elle confié. Un  refus qui a été perçu comme un cri de désespoir par une religieuse, qui s’est proposé de lui  apporter son aide.  Par la suite, la victime de viol est décédée en salle d’accouchement pour avoir refusé de pousser pour  expulser  l’enfant.

A la réalité a fait remarquer le directeur de l’Ippfar, dame Kan, ne voulait pas voir le produit d’un viol en elle. un traumatisme psychologique à ne pas occulter.« Tout ce que nous devons faire pour la sécurité des personnes est importante. Entre une vie putative et quelqu’un qui ne peut pas supporter la grossesse,  à qui  doit-on accorder la priorité ? », s’est –il interrogé. 

Cette préoccupation vient remettre au goût du jour, la problématique de l’adoption d’une loi en santé sexuelle et reproductive en Côte d’Ivoire(Ssr).

Où en est le pays avec sa loi Ssr ?

Suite aux actions conjuguées de la société civile qui s’est constituée en coalition, et cela suite aux engagements pris au Partenariat de Ouagadougou, par la Côte d’Ivoire,  ces dernières années des engagements forts en faveur des droits et de la santé sexuelle  et reproductive (DssrR) et de la planification familiale (Pf), sont en train d’être prises par les autorités compétentes.

Ainsi, en novembre 2017, la ministre ivoirienne de la Santé et de l'hygiène publique, Raymonde Goudou Coffie, avait  annoncé à Abidjan, lors d’un panel qui s'est tenu en marge du 5ème Sommet UA-UE, qu'un projet de loi sur la santé sexuelle reproductive "est en cours" afin de permettre aux populations de "maîtriser leur sexualité. "Nous avons un projet de loi qui est en cours sur la santé sexuelle reproductive qui va passer bientôt en Conseil des ministres et après, être présenté à l'Assemblée nationale".

La Côte d’Ivoire est-il besoin de le rappeler, est le seul pays du Partenariat de Ouagadougou (9) qui n’a pas encore sa loi en santé sexuelle et reproductive.

Le sort des victimes de viol

« Lorsqu’une victime de viol refuse de garder la grossesse survenue après  agression, contrairement  à ce qui se fait dans les  autres pays africains(Sénéal, Burkina Faso), en Côte d’Ivoire, elle n’est pas autorisée à avorter. Car  la loi ivoirienne actuelle n'interdit pas l’avortement, mais prévoit que l’interruption volontaire de grossesse ne peut se faire que si la vie de l’enfant et/ou de la femme sont en danger, ou encore, que l’enfant que porte la mère ne peut venir sans dommage pour elle-même et pour la famille. Vu sous cet angle,  la loi  ne prend  donc pas en compte, les cas des femmes, ou des  filles  victimes de viol ou d’inceste”. Alors que le protocole de Maputo qui a été ratifié par la Côte d’Ivoire comme bon nombre de pays africains,  préconise en son article 14 (2) (c) que : " Les États prennent toutes les mesures appropriées pour… protéger les droits reproductifs des femmes, particulièrement en autorisant l’avortement médicalisé, en cas d’agression sexuelle, de viol, d’inceste et lorsque la grossesse met en danger la santé mentale et physique de la mère ou la vie de la mère ou du fœtus."

L'avortement clandestin
Pour juguler cette situation , des personnes vulnérables ne vont-elles pas recourir pour la plupart à l’avortement non médicalisé. L’avortement clandestin signifie toute interruption de grossesse  effectuée en dehors du cadre légal défini par le pays de résidence de la femme. Cette dernière va alors solliciter des non-spécialistes pour cette opération. Toute chose  qui l'expose au danger.  Ses causes selon , l'OMS  sont multiples. Notamment, Echec ou absence de contraception, Viol, Inceste, Refus de paternité , les préjugés( qu'en dira t-on), Pauvreté, Manque de foi, Pression des parents, Filles mineures..Même si les chiffres officiels  en rapport avec l'avortement clandestin  ne sont pas  officiellement  disponibles,  il faut toutefois noté que  selon des observateurs de la société civile,  dont ceux de l'Aibef, sur trois jeunes  filles vivant en Côte d'Ivoire, deux  d'entre elles ont déjà eu recours à cette pratique. Quand est-il de cette des statistiques  sous d'autres cieux?

Les chiffres qui parlent au niveau international

À l’échelle mondiale, on estime  que  25 millions d’avortements non sécurisés (45% de l’ensemble des avortements) ont été pratiqués chaque année entre 2010 et 2014, selon une étude de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et de l’Institut Guttmacher publiée dans la revue The Lancet, depuis le 28 septembre 2017. La majorité des avortements non sécurisés, soit 97%, ont été pratiqués dans les pays en développement en Afrique, en Asie et en Amérique latine.

Isabelle Somian

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