Réconciliation: Les recettes de l’Apdh pour une paix durable

jeudi, 10 janvier 2019 18:57
Plusieurs personnalités, dont Mme Gbagbo, ont pris part à la présentation de l'étude portant sur l'évéluation du processus de réconciliation nationale Plusieurs personnalités, dont Mme Gbagbo, ont pris part à la présentation de l'étude portant sur l'évéluation du processus de réconciliation nationale Crédits: D.R.

L’Action pour la protection des droits de l’homme (Apdh) a mené une étude pour évaluer le processus de réconciliation en Côte d’Ivoire. Au cours de la cérémonie de présentation, l’Ong a fait plusieurs recommandations pour renforcer la paix et la cohésion sociale.

Voter «une loi sur la réconciliation nationale qui définit le cadre et les mesures» de nature à impulser le processus, «soutenir le processus par la mise en place d’un gouvernement d’unité nationale pour faire face au défi de la reconstruction post-crise», etc.

En plus de ces recommandations adressées au gouvernement ivoirien, l’Apdh demande aux partis politiques «de s’engager pleinement sur la voie du dialogue, en vue de contribuer à un véritable apaisement du climat social».

A l’endroit des partenaires, l’étude recommande de «soutenir la société civile dans son mandat de contrôle citoyen en vue d’aboutir à des réformes profondes du cadre juridique et institutionnel de la vie politique».

Au cours de la présentation de cette étude ce jeudi 10 janvier 2019, à l’hôtel Palm-Club à Abidjan-Cocody, Floran Karner, représentant-résident de Konrad Adenauer Stiftung (Kas), partenaire d’Apdh dans la réalisation de cette enquête, a mis en avant le fait que «la Côte d’Ivoire est un important pays de la région ouest-africaine». De ce fait, «sa stabilité politique et économique revêt une importance capitale».

Stabilité légendaire

Or, avec les différentes crises qui l’ont secouée, sa «stabilité légendaire» a pris un coup. Toute de même, à en croire le président de l’Apdh, Dr. Arsène Néné Bi, à la fin de la crise post-électorale en 2011, c’est «en toute responsabilité» que les Ivoiriens ont choisi d’aller à la réconciliation. Évidemment, en décidant «d’écrire une nouvelle page de leur histoire».

Mais, aujourd’hui, plus de sept ans après la fin de cette crise, la Côte d’Ivoire a-t-elle tourné définitivement la page de la violence ? N’y a-t-il pas «des raisons objectives de craindre une autre dérive» ? Tel a été le fil d’Ariane qui a servi de conducteur à l’enquête réalisée sur toute l'étendue du territoire national et qui a porté sur une population-cible de plus 1000 personnes.

Au finish, «au sein de la population, un sentiment largement partagé semble établir que les actions menés par l’État sont en deçà des attentes d’un vivre ensemble nouveau et apaisé», soulignent les conclusions. «A tout le moins, même si des initiatives publiques existent, elles ne semblent pas suffisamment volontaristes», déplore-t-elles.

Pour Mme Simone Gbagbo, invitée à cette cérémonie, la pierre angulaire de la réconciliation demeure celle d’une justice «équitable». A travers notamment, une saine application des lois qui en découlent. Pour elle, si «la justice n’est pas juste», l’économie, encore moins le social, ne peut aller de l’avant.

Marcel APPENA
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Écrit par  Appena Marcel