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Conflit intercommunautaire à Béoumi: Le chargé de communication du maire sous les verrous

lundi, 03 juin 2019 19:42

Djedj Mel, préfet du département de Béoumi, lors des différentes rencontres avec les communautés baoulé et malinké, avait prévenu que tous ceux qui ont utilisé les réseaux sociaux pour diffuser des informations incitant à la révolte les populations, leurs messages sont retracés par les services compétents et qu’ils seront arrêtés et mis à la disposition de la justice.


Braman Koné, procureur de la République près le tribunal de première instance de Bouaké qui a ouvert une enquête sur les évènements des 15, 16 et 17 mai à Béoumi, a annoncé, hier, au cours d’un point de presse, à son bureau, l’interpellation de Konan Saint Rodolphe, leader d’opinion bien connu dans la capitale Gôdê. « Konan Saint Rodolphe est le chargé de communication du maire de Béoumi.

Il s’est saisi des réseaux sociaux pour diffuser des informations mensongères à relent raciste ou tribaliste, dans la seule intention de soulever la communauté baoulé contre celle des malinké », a-t-il révélé.

Ces différentes publications, a poursuivi le procureur, ont eu un impact puisqu’elles ont contribué à la reprise des affrontements le 16 mai, après l’accalmie obtenue la veille. « En plus, il a même osé divulguer de fausses informations par le biais d’un système informatique pour accuser une haute autorité administrative d’avoir acheminé des armes sur Béoumi.

Ces aveux sont corroborés par les différentes publications dont les copies sont versées au dossier. Il demande pardon et déclare regretter son acte », a-t-il dit.

Ce point de presse, le deuxième du genre après les tristes évènements de Béoumi, a donné l’occasion à Braman Koné d’informer l’opinion nationale des avancées de l’enquête. Se réjouissant de son bon déroulement, il a informé les journalistes qu’à ce jour, 22 personnes ont été interpellées.

« Outre les 16 premières placées sous mandat de dépôt, nous enregistrons 5 autres déférées au parquet et placées sous mandat de dépôt, à la suite de l’opération de bouclage de la ville de Béoumi », a-t-il indiqué, tout en précisant qu’elles ont été interpellées pour possession de fusils, essentiellement de type calibre 12 et une quantité importante de machettes sans autorisation administrative.

Concernant le nombre de décès, selon les révélations du procureur, il est passé de 11 à 14 personnes. Tout en notant que deux personnes qui figuraient sur la liste des brûlés et hospitalisées au Centre hospitalier et universitaire (Chu) de Bouaké sont décédées des suites de leurs blessures.

Braman Koné a éclairé l’opinion nationale sur les circonstances dans lesquelles 18 personnes ont été brûlées. Mankan Traoré est le gérant d’une boutique qui contient des articles divers. Il vend aussi de l’essence en détail. « Au cours du pillage de sa boutique, les manifestants ont renversé des bouteilles remplies d’essence destinées aux conducteurs de moto.

 Après avoir pillé sa boutique, ils y ont mis le feu, oubliant que certaines personnes, principalement des élèves, étaient encore à l’intérieur en train de se servir à volonté », a expliqué le procureur.

 « C’est ce qui justifie les brûlures sur les fesses et le tibia, le temps d’ôter leurs habits », a-t-il fait savoir. Battant ainsi en brèche les informations qui faisaient croire que les victimes avaient été volontairement brûlées. « Ces personnes brûlées doivent être également poursuivies pour vol », a-t-il prévenu.

Le procureur de la République a rassuré que le calme est revenu et que les activités ont repris dans toute la commune. « Nous voudrons réaffirmer avec force la ferme volonté de notre parquet de faire toute la lumière sur ces tristes évènements de Béoumi », a-t-il conclu.

CHARLES KAZONY
CORRESPONDANT REGIONAL

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Écrit par  Kouika Bavane