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8e Conférence au Sommet du Tac à Ouagadougou/Ouattara: ‘’Il y a des avancées notables constatées dans la réalisation des chantiers prioritaires’’

jeudi, 01 août 2019 08:26
8e Conférence au Sommet du Tac à Ouagadougou/Ouattara: ‘’Il y a des avancées notables constatées dans la réalisation des chantiers prioritaires’’ Crédits: Présidence

La 8e Conférence au sommet du Traité d’amitié et de coopération entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso s’est achevée le mercredi 31 juillet, dans la capitale burkinabè avec la signature de onze accords.

Lorsque, hier après-midi, la salle des banquets de Ouaga 2000 fermait ses portes, les participants à la 8e Conférence au sommet du Traité d’amitié et de coopération entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso avaient le visage reluisant. Idem pour les deux Chefs d’État qui ont co-présidé les travaux.

« Il y a des avancées notables constatées dans la réalisation des chantiers prioritaires », dira le Président Alassane Ouattara. Quand son homologue burkinabè Roch Marc Christian Kaboré constatait que le Tac s’est imposé comme « une base d’amélioration continue des conditions de vie et de séjour de nos ressortissants ».

Peu avant les travaux, à la cérémonie d’ouverture tenue le matin, les deux Présidents avaient émis quelques réserves sur des chantiers qui trainent encore. Le Président ivoirien déplorait en effet « la lenteur, voire le non démarrage » de certains projets.

Le Chef de l’État du Burkina Faso va profiter de cette cérémonie inaugurale pour souligner l’impact du terrorisme sur l’économie et la cohésion sociale dans son pays et en Afrique de l’Ouest. « La paix n’a pas de prix et sans paix, aucun développement n’est envisageable », a-t-il signifié. Mais il a dit avoir apprécié positivement la mobilisation des différents pays dont la Côte d’Ivoire dans la lutte contre le terrorisme.

A l’issue de la conférence au sommet, les difficultés sur le chemin de la mise en œuvre des différents chantiers ont été passées au peigne fin et des solutions ont été identifiées. D’où la satisfaction à l’issue de la rencontre de Ouagadougou.

Le Président Ouattara, outre les avancées notables qu’il a saluées, a particulièrement apprécié que la réalisation des chantiers prioritaires tels que l’amélioration de la fluidité routière, les travaux sur des tronçons de l’autoroute Yamoussoukro-Ouagadougou et l’opérationnalisation du Fonds d’amitié et de coopération ivoiro-burkinabè connaissent des mouvements positifs.

Il en a félicité les deux premiers ministres, l’Ivoirien Amadou Gon Coulibaly et le burkinabè Christophe Joseph Dabiré. A qui il a néanmoins demandé d’accélérer la concrétisation des importants chantiers de coopération et de résoudre les questions liées à l’orpaillage clandestin, à la sécurité et à la migration irrégulière. Sur ces questions, le communiqué conjoint a été précis: « les Chefs d’État se sont penchés en particulier sur des thématiques stratégiques et prioritaires axées sur des questions de sécurité et de lutte contre le terrorisme, de migration, de coopération transfrontalière, de coopération dans le domaine des mines, de coopération en matière d’énergie et de coopération dans le domaine des transports. »

Lutte contre le terrorisme et la traite des enfants

Concernant la question de la sécurité et de la lutte contre le terrorisme, « la Conférence s’est félicitée de la mise en œuvre satisfaisante du Mémorandum d'Entente sur la Coopération des services de sécurité de la République de Côte d’Ivoire et du Burkina Faso, signé à Ouagadougou le 18 juillet 2017. Elle a appelé au renforcement et à la mutualisation des efforts en matière de prévention et de lutte contre le terrorisme. »

A propos de la lutte contre la traite des enfants, « les parties se sont félicitées des mesures législatives et règlementaires prises et des actions menées de part et d’autre pour réduire ce fléau. Elles ont également pris l’engagement de renforcer les dispositifs nationaux de surveillance et de vigilance sur la traite et les pires formes de travail des enfants et de coopérer pour démanteler les réseaux de trafiquants, poursuivre et punir les auteurs et les complices.

Le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire ont aussi convenu de renforcer les textes législatifs et règlementaires pour les adapter au nouveau contexte.

Mont Péko et orpaillage clandestin

La situation des ex-occupants du Mont Péko a été un point à l’ordre du jour des travaux. La 8e Conférence du Tac a réitéré « l’impérieuse nécessité de régler définitivement cette question. A cet égard, les Chefs d’État ont instruit les ministres concernés à l’effet de prendre des mesures diligentes pour parvenir aux objectifs fixés. »

Pour y aboutir, « les parties se sont engagées à rechercher ensemble les ressources nécessaires avant fin 2019, pour procéder au recensement des ex-occupants du parc national du Mont Péko. » L’orpaillage clandestin, fléau « qui menace notre environnement et notre agriculture », selon le Président ivoirien, doit être combattu.

« Dans le domaine des mines, les Présidents ont inscrit la lutte contre l’exploitation clandestine des mines à petite échelle comme une priorité, en raison de ses impacts négatifs croissants, notamment sur la santé, l’environnement et l’économie agricole. Ils ont convenu de circonscrire ce fléau à travers l’adoption des cadres juridique et institutionnel appropriés et la mise en œuvre d’actions vigoureuses. »

Accroître la fourniture en électricité du Burkina Faso

L’analyse des engagements du 7e traité tenu à Yamoussoukro, en terre ivoirienne, a montré une défaillance au niveau énergétique. En effet, lors des assises dans la capitale politique ivoirienne, il avait été convenu que la Côte d’Ivoire fournisse à son voisin de l’électricité à hauteur de 90 Mw. Le cap n’a pu être tenu et le 8e Tac veut corriger cela.

« Dans le domaine de la coopération énergétique, les Chefs d’État ont noté une baisse de la fourniture d’énergie électrique de la Côte d’Ivoire au Burkina Faso, avec une puissance moyenne de 63 Mw entre janvier et juin 2019. Ils ont réaffirmé leur engagement d’augmenter cette puissance au-delà de l’objectif de 90 Mw, afin de satisfaire également la demande du secteur minier. » La Côte d’Ivoire qui vient de passer des accords pour augmenter sa production énergétique devrait pouvoir tenir les engagements.

Transport terrestre, maritime et aérien : des acquis mais des efforts à faire

Le transport était aussi sur la table des échanges. Côté terrestre, l’enjeu porte sur la fluidité du corridor Abidjan-Yamoussoukro. Les actions déjà engagées ont permis de lever de nombreuses entraves à la libre circulation des personnes et des biens. Alassane Ouattara et Marc Kaboré ont apprécié les avancées tout en recommandant de poursuivre les efforts. « Ils se sont également félicités de l’opérationnalisation de l'interconnexion des systèmes informatiques douaniers en vue de la gestion électronique du transit entre les deux pays. »

Sur le transport maritime, « les parties se sont accordées sur la mise en place d’un cadre de concertation au niveau ministériel pour examiner les questions liées à la tendance baissière du trafic burkinabè au port autonome d’Abidjan. Les deux personnalités ont invité les acteurs du secteur portuaire à travailler à satisfaire la requête pour l’obtention d’un quai dédié au passage des marchandises en transit pour le Burkina Faso et à faciliter son admission en son sein. »

Ce cadre de concertation aura à charge d’analyser la requête des Burkinabè de disposer d’un quai dédié au passage des marchandises en transit pour leur pays et aussi de la participation du Pays des hommes intègres au Conseil d’administration du port autonome d’Abidjan.

Pour le transport aérien, « la Conférence a salué l’application, par l’aéroport d’Abidjan d’une réduction de 30% des coûts de l’assistance en escale au profit des compagnies africaines qui desservent Abidjan, dont Air Burkina depuis le mois de juin 2019.

Les parties se sont engagées à œuvrer pour accroître la compétitivité des compagnies aériennes nationales respectives et à renforcer leur coopération en matière de transport aérien afin d’augmenter le trafic passagers et marchandises entre les deux pays. »

Le prochain Tac, le 9e, se tiendra à Yamoussoukro en juillet 2020. Après la capitale ivoirienne, la Conférence au sommet des Chefs d’État du Traité d’amitié et de coopération se tiendra désormais tous les deux ans. Elle ne sera donc plus annuelle.

De nos envoyés spéciaux
Amédée Assi et Bledson Mathieu

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Écrit par  Victorien N'guessan KOUAKOU