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11e Sommet extraordinaire de l’UA à Addis-Abeba: D’importantes décisions adoptées pour faire avancer l’Afrique

lundi, 19 novembre 2018 10:07

Le président de la Commission s’est plaint de ne pas disposer d’un budget «soutenable et prévisible », à cause des membres qui ne paient pas leurs cotisations à temps.

11e Sommet extraordinaire de l’UA à Addis-Abeba: D’importantes décisions adoptées pour faire avancer l’Afrique

Le Président Alassane Ouattara a pris part, samedi, à la rencontre des chefs d’État et de gouvernement consacrée aux réformes de l’Union. D’importantes décisions ont été arrêtées pour une meilleure efficacité et crédibilité de l’institution continentale.

L’Afrique fière et digne est de retour. Le 11èmesommet extraordinaire de l’Union africaine (Ua) sur la réforme institutionnelle  qui s’est achevé hier, à Addis Abeba, restera gravé dans les mémoires. Et pour cause, les vingt-deux chefs d’état et de gouvernement qui ont fait le déplacement en personne  ont adopté une réforme profonde de l’Ua. Elle sera désormais beaucoup plus efficace, notamment parce qu’elle permettra un meilleur partage du travail entre l’institution continentale, les organisations régionales et les états. Bien plus, l’exécutif  va aussi être revu : la Commission de l’UA passera de 10 à 8 membres. Elle a vocation à devenir plus indépendante. Car, il ne faut pas le perdre de vue, comme l’a déclaré le Président Alassane Ouattara qui a pris une part très active à la première journée des travaux, l’enjeu de cette rencontre était la crédibilité de l’Union.

Une crédibilité qui passe par des reformes à même de lui donner plus de poids politique. Et aussi d’influence sur les différents Etats qui la composent. Notamment pour faire appliquer les décisions que les dirigeants eux-mêmes adoptent. Ce qui, par le passé, n’était pas évident. La rencontre d’Addis Abeba a obtenu des chefs d’Etat que les choses changent. Autre point important, l’autonomie de la Commission. Le président de la Commission doit devenir le véritable patron de son administration. Il sera toujours élu par les Chefs d’état. Mais ses commissaires, eux, le seront par les ministres des Affaires étrangères. Cela instaure mieux la hiérarchie interne. Jusque-là, les états membres de l’Ua élisent non seulement le président de la Commission mais aussi, directement, son vice-président et chacun de ses huit commissaires. Cela a pour conséquence de saper l’autorité du président de la Commission.

Cette situation avait été identifiée comme problématique en 2007 dans un rapport signé par le Nigérian Adebayo Adedeji, mais dont les conclusions étaient restées lettre morte. Leur mode de sélection a aussi été revu : les candidats devront être présélectionnés par un panel d’éminentes personnalités africaines associées à un cabinet de recrutement, sur la base de leurs compétences, du respect de la parité femmes/hommes et de la rotation entre les régions.

Avant le sommet de juin prochain à Niamey, au Niger, l’actuelle équipe autour de Moussa Faki Mahamat doit plancher sur une nouvelle organisation interne : qui fait quoi et combien cela coûte aussi. Car l’institution continentale cherche également à moins et mieux dépenser. Sur ce point, le Président Ouattara avait été on ne peut plus clair: «Il nous faut nécessairement cette réforme du financement pour permettre à notre Institution non seulement de payer le quotidien, le fonctionnement, mais également contribuer au financement des opérations de maintien de la paix. Il n’est pas bon d’avoir des institutions budgétivores au niveau du continent. Nous devons tout faire pour avoir plus d’efficacité et nous assurer que le financement est acquis pour que nous ayons de la crédibilité.»

Si quelques Etats tels la Côte d’Ivoire sont en règle au niveau des cotisations, d’autres pays trainent le pas. «Nous sommes en novembre. L’exercice budgétaire touche à sa fin, mais nous n’avons perçu que 50% des contributions », a dénoncé Moussa Faki Mahamat lors de la conférence de presse de clôture du sommet.

Le président de la Commission s’est plaint de ne pas disposer d’un budget «soutenable et prévisible », à cause des membres qui ne paient pas leurs cotisations à temps. La réforme de la Commission doit s’appliquer de manière progressive. Les sanctions financières sont en vigueur dès maintenant. Elle concernera la prochaine équipe qui sera élue en janvier 2021. C’est en janvier 2017 que le Président rwandais  Paul Kagamequi avait été mandaté par ses pairs leur a présenté un ambitieux rapport pour une réforme de l’Union africaine.

L’idée de base étant de  rendre la Commission plus forte, plus efficace et plus indépendante, afin que l’Ua devienne plus qu’un simple forum des Chefs d’état du continent, dont les résolutions sont rarement appliquées faute de moyens et de volonté.

Il a énormément été aidé dans sa tâche par le Président Alassane Ouattara. On comprend pourquoi malgré un calendrier très chargé, il a tenu à faire le déplacement d’Addis Abeba. Et ses indications sur la crédibilité de l’Union ont rencontré l’assentiment de ses pairs

Amédée Assi

Envoyé spécial à Addis Abeba

 

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Écrit par  Cheickna Dabou