Égypte: perquisitions dans un fief islamiste après des combats 17:00 - 20/09/13

vendredi, 20 septembre 2013 16:49

Les funérailles du général Farrag ont eu lieu à l'issue de la prière musulmane du vendredi, en présence du chef de l'armée et nouvel homme fort du pays, le général Abdel Fattah al-Sissi, devant la tombe du soldat inconnu au Caire.

Égypte: perquisitions dans un fief islamiste après des combats

Les forces de l'ordre menaient vendredi des perquisitions à Kerdassa, fief islamiste proche du Caire théâtre la veille de combats, les médias saluant la fin du "terrorisme" dans ce village, sur fond de répression des partisans du président islamiste déchu.

Alors que l'assaut des forces de l'ordre sur Kerdassa, proche des Pyramides de Guizeh, s'est soldé par la mort du général Nabil Farrag, chef adjoint de la police de la province de Guizeh, les tirs nourris et les combats qui avaient duré jusque tard jeudi avaient cessé, selon la télévision d'Etat.

Les funérailles du général Farrag ont eu lieu à l'issue de la prière musulmane du vendredi, en présence du chef de l'armée et nouvel homme fort du pays, le général Abdel Fattah al-Sissi, devant la tombe du soldat inconnu au Caire.

Des centaines de membres des forces de l'ordre ont paradé et des civils ont participé à ces obsèques en grande pompe retransmises en direct à la télévision. 

A Kerdassa, la télévision d'Etat a montré des habitants revenant dans les rues, affirmant que des magasins avaient rouvert, tandis que des policiers poursuivaient leur traque, avec 140 personnes officiellement recherchées, selon un responsable de la sécurité.

Une source sécuritaire a par ailleurs affirmé à l'AFP que 87 personnes avaient été arrêtées depuis jeudi, dont plusieurs suspectées d'être liées à l'attaque contre un commissariat qui avait fait 11 morts le 14 août.

Ce jour-là, au moment où soldats et policiers tuaient plusieurs centaines de partisans du président Mohamed Morsi destitué par l'armée au Caire, les télévisions égyptiennes passaient en boucle les images des corps horriblement mutilés des policiers de Kerdassa. 

Les médias, quasi-unanimement acquis à la cause de l'armée, dénoncent régulièrement le "terrorisme" des Frères musulmans, la confrérie de M. Morsi, qui assurent, eux, que leurs manifestations sont pacifiques.

Conséquences néfastes des Frères musulmans

Vendredi, ils saluaient la "libération" de Kerdassa, à l'image du quotidien gouvernemental Al-Goumhouria, qui titrait "Kerdassa libérée du terrorisme", tandis que le journal privé Al-Chourouq affirmait "L'Etat est de retour, le terrorisme recule".

De son côté, le journal des Frères musulmans, al-Houriya wal Adala, voyait dans l'assaut contre Kerdassa une "déclaration de guerre contre les Égyptiens" alors que les pro-Morsi se sont rassemblés vendredi dans quelques défilés modestes dénonçant le "coup d'Etat militaire" qui a renversé selon eux M. Morsi.

Un fois de plus, ils ont peiné à mobiliser et leurs cortèges se réduisent chaque semaine un peu plus du fait de la répression et de l'arrestation de la quasi-totalité de leurs leaders.

Le gouvernement installé par l'armée a juré d'éradiquer le "terrorisme" qu'il attribue aux partisans de M. Morsi, destitué et arrêté le 3 juillet par les militaires, et à sa confrérie des Frères musulmans.

Lundi déjà, l'armée avait repris sans faire de victimes le contrôle de Delga, une ville de 120.000 habitants dans le centre de l'Égypte, tenue depuis un mois par des pro-Morsi que les autorités accusaient d'avoir brûlé des églises.

AFP

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Écrit par  AFP