Turquie-Afrique: Commercer en devises locales pour contrer le roi-dollar, préconise Erdogan
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Turquie-Afrique: Commercer en devises locales pour contrer le roi-dollar, préconise Erdogan

jeudi, 11 octobre 2018 10:36
Turquie-Afrique: Commercer en devises locales pour contrer le roi-dollar, préconise Erdogan Crédits: DR

Le Président turc a fait cette recommandation le 10 octobre 2018, à Istanbul, à l’ouverture du Forum économique et des affaires Turquie-Afrique.

Le Président turc, Recep Tayyip Erdogan, déjà présent il y a deux ans lors de la première édition du Forum économique et d’affaires Turquie-Afrique avec un discours anti-impérialiste virulent, était très attendu dans la salle des plénières de l’immense centre international des conférences d’Istanbul, à l’ouverture de l’édition 2018 de ce rassemblement. Et, comme il fallait s’y attendre, le Chef de l’Etat de la 17ème économie mondiale (15ème ou 13ème selon d’autres sources), n’est pas passé par quatre chemins pour dire tout haut ce qu’il pense.

Du haut de la tribune de ce forum rassemblant, selon les organisateurs, plus de 3 000 hommes et femmes d’affaires de Turquie et d’Afrique, il a lancé un réquisitoire en règle contre ce qu’il a appelé « le néocolonialisme » par lequel certains (qu’il n’a pas nommés) s’échinent à imposer un modèle unique de développement qui s’avère néfaste pour les pays les moins avancés. Avant d’appeler les pays africains à commercer et à créer des entreprises communes avec la Turquie en utilisant les monnaies locales, pour échapper ainsi au diktat des devises étrangères. « Sauvons notre commerce des risques posés par les devises étrangères », a-t-il fermement recommandé à ses « frères et amis africains » et à ses compatriotes.

Il a notamment souligné les raisons pour lesquelles les dirigeants africains et turcs devaient prendre des mesures pour sauver leurs pays de la pression monétaire étrangère. « Nous avons accordé la priorité à cette question [de commerce en monnaies locales], le pays ayant récemment fait face à des attaques spéculatives », a rappelé le président.

La Turquie est un nouveau chantre du commerce en monnaies locales, accusant l’administration américaine d’utiliser le dollar pour attaquer les économies d’autres pays, dont le sien. Il y a deux mois, l’économie turque avait souffert de la chute brutale de la livre turque, malmenée en grande partie par des décisions de l’administration Trump accroissant considérablement les droits de porte sur de grands produits d’exportation turcs, notamment le fer et l’acier.

Evaluant la hausse des taux de change, le chef de l’Etat turc faisait savoir en septembre dernier, lors d’une réunion avec des membres de son parti à Ankara, que la hausse soudaine des taux de devises à 7 livres turques début août, était la preuve évidente d’une tentative d’assassinat économique. « Le fait que cela se produise après que nous ayons refusé de répondre aux demandes de l’administration américaine qui manifeste ouvertement un irrespect envers les droits de souveraineté de notre pays, montre que l’affaire est totalement politique. Cet événement auquel est confrontée la Turquie, montre que plus aucun pays n’a de sécurité politique et économique », avait alors assuré le président Erdogan.

« Cela semble toujours impossible, jusqu'à ce qu'on le fasse », a clamé le Président turc, citant Nelson Mandela. En l’occurrence, ce qui semble impossible, c’est de changer ce système monétaire international qui pénalise les pays en développement, notamment africains. Mais, a assuré le leader turc, une autre voie est possible. A une condition: « Cela devrait être surmonté en unissant nos forces et en prenant des mesures communes. Produisons ensemble tout ce que nous avons et partageons-le. Avançons ensemble », a-t-il ajouté.

Une joyeuse séance de photo de famille réunissant le Président Erdogan, le Président éthiopien, le Premier ministre rwandais, le Commissaire de l’Union africaine pour les affaires économiques, et les ministres africains et turcs présents, est venue clore cette cérémonie d’ouverture. Des panels de haut niveau ont suivi dans l’après-midi, dont deux particulièrement courus: celui sur le financement de l’investissement en Afrique et l’autre, sur la collaboration entre la Turquie et l’Afrique en matière de construction d’infrastructures et d’énergie.

Le Forum de deux jours, organisé conjointement par le ministère du Commerce turc, l’Union africaine et le Conseil turc des relations extérieures (Deik) prend fin aujourd’hui à Istanbul.

Valentin Mbougueng

Lu 201 fois Dernière modification le jeudi, 11 octobre 2018 10:48