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Rentrée scolaire 2017-2018: La problématique des effectifs pléthoriques fait grincer les dents

jeudi, 07 septembre 2017 19:46
Rentrée scolaire 2017-2018: La problématique des effectifs pléthoriques fait grincer les dents Crédits: DR

S’il y a un phénomène qui hante les esprits des enseignants en cette début d’année scolaire, c’est bien celui des effectifs pléthoriques des élèves dans les classes.

La situation est  préoccupante dans les établissements publics ou les effectifs  sont plafonnés  entre 75 et 100 par classe de la 6ème à la terminale. « L’an dernier, j’ai eu une classe de 6ème avec un effectif de 91 élèves. C’était laborieux », révèle un professeur de mathématiques du lycée moderne 2 d’Abobo.

Pour la même année, les effectifs les plus élevés étaient ceux des classes de seconde C  avec en moyenne 97 élèves par classe. Cette situation, maintes fois décriée, par les enseignants n’a pas encore trouvé de solution. Ils espèrent, tout de même, que cette année sera la bonne.

En effet,  le nombre élevé des apprenants dans les classes ne permet pas un enseignement  efficace et de bonne qualité. « Quel miracle peut faire un enseignant s’il se trouve en face de 90 élèves. D’abord, le climat est malsain en raison des bavardages, ensuite  certains sont assis à 3 voire 4 sur le même table-banc. Pendant les évaluations, ils ne font pas d’effort. Il leur suffit simplement de jeter un coup d’œil sur la copie du voisin.  C’est la tricherie », explique Patrice Gueye, professeur d’espagnol.

Sur la question, il faut préciser que ces établissements subissent une forte pression à cause de la forte densité de la population scolaire. Selon la Direction de l’information et de l’orientation (Dci), chaque année, lors des commissions des affectations en  6ème et des orientations en seconde, des efforts sont faits pour revenir à des effectifs raisonnables, soit 65 élèves par classe.

Pour y parvenir, beaucoup d’élèves sont affectés dans les établissements privés. « Mais, nous sommes débordés pendant les travaux post orientations,  les parents remplissent des demandes pour réaffecter ou réorienter leurs enfants dans le public, en raison certainement de la faiblesse de leur pouvoir d’achat. Nous sommes parfois obligés de céder face à cette forte pression pour donner la chance à tout le monde d’aller à l’école », fait remarquer un inspecteur d’orientation.

Pour trouver une solution définitive à cette situation, les acteurs proposent à l’Etat de construire de nouveaux établissements publics dans cette commune.

Personnel administratifs, enseignants, élèves, parents d’élèves, responsables de  Comité de gestion des établissements scolaires (Coges), les partenaires du système éducatifs souhaitent que le découpage de l’année scolaire proposé par le ministère de l’Education nationale soit respecté. C’est-à-dire que les dates des congés, des reprises, des examens prévus soient scrupuleusement suivies.

« Lorsque tout est programmé, tout se passe bien. Mais l’année dernière, en raison des grèves à répétition, le calendrier scolaire a été modifié. Nous avons été tous perturbés », regrette un élève du lycée moderne d’Anyama.

Tout comme lui, Bamba Adama, éducateur, souligne le bienfait du respect du calendrier scolaire. « Quand le programme est respecté, tout le monde a  le temps de se reposer pour bien reprendre », ajoute-t-il.

Pour une année scolaire normale, les autorités doivent prendre un certain nombre de dispositions. Entre autres,  créer un climat propice à l’apprentissage, éviter que pour un oui ou pour un  non, les élèves  sifflent, perturbent les cours,  observent un arrêt de travail, font sortir ceux qui suivent les cours  pour se mettre prématurément en congés. Ou encore  se battent avec des armes blanches au sein des établissements.

Par ailleurs, la trêve sociale signée entre le gouvernement et des syndicats pourrait également contribuer à la sérénité à l’école si et seulement si elle est respectée par toutes les organisations syndicales des enseignants.

ALFRED KOUAME
CORRESPONDANT

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