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Pollution de l’air à Abidjan/Danho Paulin: ''Nous devons revoir le choix des priorités dans la planification du développement''

mardi, 11 juin 2019 20:19
Pollution de l’air à Abidjan/Danho Paulin: ''Nous devons revoir le choix des priorités dans la planification du développement'' Crédits: DR

Le président de l’Union des villes et communes de Côte d’Ivoire (Uvicoci) a apprécié à juste titre les enjeux de la pollution de l’environnement dans le pays.

A la faveur de la Journée internationale de l’environnement, l’Institut pour la préservation de l’Environnement (Eco projet) a organisé un panel dinatoire le 5 juin, au ‘’Resto Le Spécial sis à Angré, pour traiter de la problématique de la pollution de l’air dans le pays et particulièrement à Abidjan.

A cette occasion, Danho Paulin, ministre des Sports et président de l’Union des villes et communes de Côte d’Ivoire (Uvicoci) a indiqué : « Il apparait nécessaire de réinventer nos villes et la façon d’y vivre ensemble. Il faut une plus grande participation citoyenne ». Avant d’ajouter : « Au niveau de la gestion de l’État, nous devons revoir le choix des priorités dans la planification de notre développement ». Mais, bien avant, le représentant du ministre de l’Environnement et du Développement durable, Dr. Gustave Aboa, a, lui, affirmé que « l’environnement est pollué, il est mal géré. Beaucoup d’enfants souffrent de maladies dues à la pollution de l’environnement. Et la protection de notre environnement est l’affaire de tous ».

La situation réelle

Le promoteur du panel, Gomé Gnohité Hilaire, directeur général de l’Institut Eco projet, a attiré l’attention des uns et des autres sur les effets néfastes de cette pollution. « L’on peut choisir son repas, son eau à boire, mais pas les 16.000 litres d’air que nous respirons quotidiennement », a-t-il prévenu. Avant de relever la nécessité d’agir pour améliorer la qualité de l’air dans le pays. Plusieurs secteurs sont ainsi interpellés, notamment l’industrie et les transports. Dr. Ettien N’Da, inspecteur général chargé du développement durable, lui, est venu apporter des éclairages. « En Côte d’Ivoire, nous avons 200 grammes de CO2 au kilomètre alors que les pays d’origine des véhicules sont à 80 grammes au kilomètre », a-t-il relevé.

Il est allé plus loin pour dire que « le gasoil utilisé en Côte d’Ivoire contient 1 700 Ppm (partie par million. Une unité de mesure- Ndlr). Et il faut faire en sorte qu’il soit à 50 Ppm même si les Américains et les Européens sont à 10 Ppm ». Une situation qui a interpellé la Société ivoirienne de raffinage (Sir). Son représentant a annoncé que l’essence super sans plomb utilisé est à 10 Ppm tandis que la norme est de 50 Ppm. Quant au gasoil, il a fait savoir qu’on est présentement entre 1 500 et 1 600 Ppm de souffre, tandis que la spécification est de 3 000 Ppm. Bien que des efforts considérables aient été fournis, ce gasoil n’est pas à la norme internationale, c’est-à-dire les 50 Ppm. « Et le passage de 1 500 à 50 Ppm requiert un investissement de 200 milliards F Cfa », a-t-il annoncé.

Le plaidoyer

Entretemps, les véhicules continuent de polluer l’air. Lorsqu’il s’est agi de mesurer le niveau de cette pollution, Pr. Bernard Yapo, sous-directeur du Laboratoire central de l’environnement du Centre ivoirien anti-pollution (Ciapol), a indiqué que la quasi-totalité des équipements du centre ont été détruits suite à la crise post-électorale, et que cela n’a pas été renouvelé.

« Le centre fonctionne avec un seul laboratoire mobile complet de contrôle dans la ville d’Abidjan qui a besoin de quatorze au minimum », a-t-il déploré. Ce qui l’a amené à faire un plaidoyer et lancer un véritable cri du cœur pour venir en aide au Ciapol. D’autres intervenants ont enrichi ce débat en faisant des propositions concrètes, notamment celles des sénatrices Émilienne Anikpo et Mariame Dao-Gabala.

GUY-ASSANE YAPY