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Mme Zadi Zaourou : "Plus que mon âme sœur, mon mari est mon âme jumelle"

dimanche, 07 avril 2013 00:00

[07-04-2013. 11h00] Elle était de toutes les batailles du maître, se réjouissant de ses bonheurs, souffrant dans sa chair sa maladie. Un an après la disparition du Pr Zadi Zaourou, Henriette Zadi-Poyo parle. Exclusif

Mme Zadi Zaourou : « Plus que mon âme sœur, mon mari est mon âme jumelle »

 

Elle était de toutes les batailles du maître, se réjouissant de ses bonheurs, souffrant dans sa chair sa maladie. Un an après la disparition du Pr Zadi Zaourou, Henriette Zadi-Poyo parle. Exclusif

 

Quels sentiments vous animent face à cet hommage rendu, un an après la disparition du Professeur ?

 

Il m’a fallu cette année pour oublier l’événement. Il m’a laissé un vide parce que plus que mon âme sœur, il  est mon âme jumelle. Et nous continuons à nous aimer sur un autre plan. Je suis très spirituelle, ce qui fait que je ne vois pas le côté sombre de la mort. Je vois quelqu’un qui est mort, réconcilié avec dieu. C’est cela qui m’a le plus plu. Un an après, je suis heureuse de voir que personne ne l’a oublié et que tout le monde vient lui rendre hommage. J’ai passé un an de solitude absolue, pas par la faute des autres ! C’est moi qui ai voulu me retirer, me refaire le moral, me retrouver seule avec son ombre.

 

 Au-delà de ce retrait voulu, comment avez-vous vécu son absence ?

 

Comme je vous l’ai dit, j’ai un grand ami qui m’a aidée à vivre cette année. C’est le Seigneur Jésus Christ. Lui et moi sommes très proches. Il m’a tenue par la main. Il m’a fait savoir que la mort est vraiment un passage vers une autre vie. Et celui qui meurt en lui, est assuré de sa résurrection. Il ne faut pas craindre parce que cette séparation est momentanée. A un moment donné, on se retrouvera. Cela m’a aidée à supporter ce temps-là.

 

Quels ont été vos rapports avec les œuvres de Zadi?

 

Vous savez, mon mari et moi, n’avons pas la même formation. A l’université, j’ai fait un Diplôme d’études approfondies (Dea) d’anglais et une maîtrise en droit des affaires. Ce qu’il fait n’était pas du tout mon domaine. Donc je n’ai pas étudié ses œuvres. Je les ai lues un peu. Comme il a un langage très compliqué, parfois, je n’arrivais pas à comprendre tout ce qu’il disait. Mais aujourd’hui, avec le recul, je vois qu’il manque l’essentiel.

 

C’est quoi, pour vous, l’essentiel ?

 

L’esprit de sainteté. Quand cet esprit n’est pas dans un groupe ou une personne, celle-ci travaille avec des moyens humains et n’arrive pas à donner des résultats concrets. Si vous regardez par exemple en Europe, les gens sont restés pendant de nombreux siècles au même niveau que nous, et brutalement, se sont levé des gens comme Bernard Leclerveau, Saint Benoît, Sainte Thérèse d’Avila et plusieurs autres personnes qui ont révolutionné l’Europe. Donc on se rend compte que même avec un petit nombre de personnes qui ont un esprit de sainteté pour eux, beaucoup de choses peuvent se faire. Il est vrai que l’esprit de sainteté est difficile à rechercher. C’est une épreuve qui est douloureuse et très longue parce que l’esprit de sainteté vous apprend à vous détacher de votre propre personne, de vos désirs, de vos envies et de tout ce que le seigneur appelle le péché, pour vous rapprocher de dieu. Et quand vous faites ce travail, Dieu lui-même se révèle à vous. Cela vous donne une autre vision des choses. C’est à la fin de sa vie qu’il l’a découvert. Et il m’a dit : « il faut que je témoigne de ce que Dieu a fait pour moi ». Mais il n’a pas eu le temps. Je pense qu’en fouillant dans ses écrits, on trouvera peut-être des témoignages qu’il pourrait faire, pour dire « maintenant, je crois en Dieu ». Sa volonté de croire en Dieu a été quelque chose de bouleversant, parce que c’est une question de conviction. S’il ne le croyait pas, il ne le dirait pas. A la fin de sa vie, il est devenu chrétien.

 

Certains diraient que s’il avait été converti plus tôt, il n’aurait pas été ce qu’il est devenu !

Cela est possible. Mais comme il a reçu le baptême quand il était petit, je crois que c’est quelque chose qui est resté. Et je pense qu’au fond de lui, il était croyant. Sa dimension spirituelle est pratiquement innée.

Cela faisait-il partie des reproches que vous lui avez faits ?

 

Ah ! Nous avions des discussions très chaudes. Nous sommes restés vingt ans, divorcés. Nous nous sommes mariés la première fois en 1973, on a divorcé en 1982 et on s’est remarié en 2002. Cette fois-ci, à la mairie et à l’église. Quand je faisais mon cheminement chrétien, le Seigneur m’avait montré que c’est une âme qu’il voulait. Et il comptait sur moi pour la lui amener. Alors quand nous nous sommes retrouvés, je l’ai pris comme une mission que le Seigneur m’avait confiée. Je l’ai entreprise sérieusement et donc je le titillais beaucoup. Chaque fois que l’occasion m’était donnée, je lui parlais, je faisais des comparaisons. Comme j’avais beaucoup étudié la bible, je pouvais lui répondre. Un jour, il m’a dit qu’il allait voir un film intitulé « La passion du Christ ». Cela l’avait bouleversé. Et chaque fois qu’il faisait une crise, avant de l’envoyer  à l’hôpital, je l’emmenais chez les frères dominicains pour qu’il se confesse. Aujourd’hui, son ombre est là avec nous. Vous savez, mon père est venu d’Haïti entre 1984 et 1985. Il m’a d’abord demandé de retourner à l’église où j’avais été baptisée et ensuite, que je redonne à l’Afrique, son nom Poyo, qui est un patronyme africain qui avait été arraché à l’Afrique par l’esclavage. J’ai expliqué la situation à Bernard qui avait adressé une lettre au tribunal en écrivant Zadi-Poyo, pour que le nom de mon père reste. C’est ce que mon père voulait. Et je suis heureuse.

 

Interview réalisée par

Brigitte Guirathé

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