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Le débarquement qui libera Marseille, Toulon et la France

jeudi, 15 août 2019 17:39
Le débarquement qui libera Marseille, Toulon et la France Crédits: DR

Moins célèbre que le débarquement de Normandie, le débarquement de Provence n’est pas pour autant anodin dans la libération de la France et la victoire finale des Alliés sur les forces nazies d’Adolphe Hitler.

Conçu pour venir en appoint aux batailles sur le front de Normandie, Provence a parfaitement joué son rôle. Au départ, cette intervention se nommait Anvil (de l’anglais enclume) mais le Premier ministre anglais qui commandait l’Europe libre, Churchil n’en voulant pas, va lui donner le nom de ‘’Dragoon’’ après que le Général de Gaulle l’y a « contraint », selon ses propres déclarations. (dragooned en anglais).

Provence a eu pour objectif de libérer Toulon, Marseille puis de remonter le Rhône jusqu'à effectuer la jonction avec les forces de l'opération Overlord débarquées en Normandie. Par ce débarquement, il fallait prendre les Allemands par surprise.
 Ainsi, le 15 août 1944, 450.000 soldats ont participé à l'opération menée par les forces américaines et françaises, parties d'Afrique du Nord, de Corse et d'Italie du Sud, pour prendre les Allemands par surprise et soulager le front de Normandie où avait eu lieu le débarquement dix semaines plus tôt. Les forces présentes incluaient 260.000 combattants de la 1ère armée française dirigée par le général de Lattre de Tassigny, composée principalement de soldats venus d'Afrique du Nord et d'Afrique subsaharienne.

Hier, à Saint-Raphaël, Emmanuel Macron a tenu à rendre particulièrement hommage aux combattants africains lors des célébrations du 75e anniversaire du débarquement de Provence
"La très grande majorité des soldats de la plus grande force de l'armée française de la libération venaient d'Afrique : Français d'Afrique du Nord, pieds noirs, tirailleurs algériens, marocains, tunisiens, zouaves, spahis, goumiers, tirailleurs que l'on appelait sénégalais mais qui venaient en fait de toute l'Afrique subsaharienne, et parmi eux des Guinéens, des Ivoiriens", a énuméré Emmanuel Macron.

"Ils ont fait l'honneur et la grandeur de la France. Mais qui se souvient aujourd'hui de leurs noms, de leurs visages?", s’est interrogé le chef de l’Etat français. Qui constate que "Ces combattants africains, pendant nombre de décennies, n'ont pas eu la gloire et l'estime que leur bravoure justifiait. La France a une part d'Afrique en elle. Et sur ce sol de Provence, cette part fut celle du sang versé", a-t-il encore souligné, devant un parterre d'anciens combattants et anciens résistants.

Avant de lancer un appel aux maires de France "pour qu'ils fassent vivre, par le nom de nos rues et de nos places, par nos monuments et nos cérémonies, la mémoire de ces hommes qui rendent fière toute l'Afrique et disent de la France ce qu'elle est profondément : un engagement, un attachement à la liberté et à la grandeur, un esprit de résistance qui unit dans le courage".
Emmanuel Macron a conclu en saluant le sacrifice des combattants africains : "Ils sont des milliers à s'être sacrifiés pour défendre une terre lointaine, une terre souvent inconnue, une terre jusqu'alors jamais foulée, une terre à laquelle ils ont à jamais mêlé leur sang".

Bledson