Commémoration: Zadi Zaourou, 5 ans après

lundi, 20 mars 2017 11:54
Professeur Bernard Zadi Zaourou Professeur Bernard Zadi Zaourou Crédits: DR

[20-03-2017. 12h00] Aujourd’hui marque la date anniversaire de la disparition du père du Didiga, concept qui donne désormais son nom à un festival sur sa terre natale, Yacolidabouo.

Commémoration: Zadi Zaourou, 5 ans après

L’univers littéraire l’a toujours respecté, le monde politique craint, celui de la formation et l’éducation vénéré. Au point que le jour de son ensevelissement en 2012 à Yacolidabouo, la terre des siens, a refusé du monde.

Un monde melting-pot venu traduire son affection, son admiration au maître. « Va, va et ne te retourne pas
», dira Pacéré Titinga venu ajouter de la terre du Moro Naba, depuis le Burkina Faso, à la terre de Yacolidabouo. « Le maître !»

C’est ainsi que ses élèves aimaient à l’appeler: Séry Bailly, Tiburce Koffi, Laurent Gbagbo, Simone Éhivet, Alain Tailly, Frédéric Grah Mel, Agnès Monnet…Ses élèves de fait et même ceux qu’il n’avait pas eu à enseigner. Tout le monde tenait à se réclamer de son enseignement.

« C’était le Socrate nôtre », pour emprunter à Jean Marie-Kouakou une expression juste. Et tout le monde en avait le droit tant instruire chez Zadi était un acte généreux, dispensé presque en tout lieu: en ville, dans un resto, un café. Le café de St Jean, par exemple, qu’il a rendu célèbre par sa fréquentation assidue ou le resto libanais sur le Latrille ou encore le Grto qui a moussé d’apprenants.

Partout Zadi offrait son immense savoir généreusement, avec précision, minutie. Zadi savait parler. S’il savait parler, c’est parce qu’il savait écouter, tendre l’oreille à tout, à tous, au mépris des âges, des sexes, religions, des races, des fortunes. Autour de lui donc des femmes: Were-Were Liking, Hourantier Marie José, Rose Marie Guiraud, Clémentine Papouet; des hommes de gauche: Memel Fotê, son professeur de terminal puis maître, Jean-Marie Adiaffi, Tiburce Koffi, des êtres prospères: Marcel Zadi Kessy, son frère.

Tel Socrate, il a passé sa vie, depuis ce mois de février 1938, puis ces années à Bingerville avec ses amis de collège, Christophe Wondji, Zunon-Kipré, Dailly Christophe; ses amis de lettres, notamment Barthélémy Kotchy, à rassurer son entourage, à faire peu cas de la possession matérielle.

Aucun culte de l’avoir, aucune allégeance aux voitures insolentes, ni dévotion aux demeures opulentes. Le seul luxe qu’il s’est permis est de rendre célèbre un banal 20 mars 2012 par le vide qu’il a laissé. Aujourd’hui, on regarde autour de nous. Point de Zadi, mais que du Zadi, tant son héritage nous entoure: les livres; le théâtre, l’arc musical, la pensée sociale, la pensée politique loin de l’Union des sociaux-démocrates (Usd), parti politique duquel il a démissionné pour laisser « le travail des vautours aux vautours ».

Depuis sa pierre sépulcrale, « le merveilleux trésor que Dieu nous a donné » continue de dicter les concepts qui ont donné le Didiga festival qui a eu lieu du 17 au 19 mars.

Nous y reviendrons.


ALEX KIPRÉ

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