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Commerce illégal des animaux sauvages protégés : Des organisations dénoncent l’accroissement de ce trafic

lundi, 03 septembre 2018 12:04

Commerce illégal des animaux sauvages protégés : Des organisations dénoncent l’accroissement de ce trafic

Selon l’Organisation non gouvernementale « Traffic », le commerce illégal d’espèces protégées en danger critique de disparition et le braconnage ne se sont jamais aussi bien portés que ces dix dernières années.

Des espèces protégées inscrites en lettres rouges dans les listes de la Cites (Convention internationale sur le Commerce des Espèces Sauvages Menacées d’Extinction) comme les éléphants, pangolins, lions sont systématiquement abattus pour leurs trophées et enrichissent les trafiquants d’un trafic mondialement accepté.

Dans le rapport de l’organisation non gouvernementale dénommée « Traffic », publié en mars 2018, le commerce illégal d’espèces protégées s’est accru lors de ces dix dernières années. En effet, ce sont plus de 1,3 million d’espèces protégées vivantes qui font l’objet d’exportation illégale vers les marchés asiatique.

Parmi elles, on dénombre les perroquets gris du Gabon.
 D’après Traffic, 100.000 perroquets ont été arrachés aux forêts gabonaises pour être envoyés en Asie récemment. Les espèces protégées qui sont les plus menacées dans ce trafic ont : les lions et panthères tués pour leurs peaux ; les éléphants dont un tué chaque 15 minutes pour ses défenses ; des centaines de milliers de pangolins tués pour leurs écailles. A ceux-ci, s’ajoutent plus d’un million et demi de peaux (panthère, python, crocodile) et 2.000 tonnes de viande qui ont été exportées d’Afrique vers l’Asie. D’autre part, les exportations de pythons royaux et de tortues sont passées de 8.488 en 2006 à 78. 295 en 2015.

Un commerce qui rapporte beaucoup

Si on se met à chercher les raisons pour lesquelles le commerce et le massacre d’espèces protégées a toujours autant la cote, la réponse est tristement simple : le profit est élevé alors que les peines encourues sont faibles. En effet, le commerce animalier rapporte beaucoup. Le commerce illégal d’espèces protégées est estimé à 15 milliards de dollars en 2013 (7.500 milliards de francs CFA), selon le WWF, une organisation internationale pour la conservation de la nature en faisant ainsi du trafic d’espèces protégées l’un des commerces les plus lucratifs au monde. Toujours selon WWF, les facteurs secondaires qui s’ajoutent à l’appât du gain sont les traditions culturelles pour certains et pour une passion déplacée les espèces exotiques pour d’autres.

La chasse aux trophées très prisés et lucratifs en Afrique est malheureusement le troisième facteur qui encouragent le commerce illicite d’espèces protégées. A ces facteurs, s’ajoute le manque de volonté politique pour protéger les espèces en voie d’extinction : Comme par exemple, l’administration Trump qui légalise l’importation aux Etats-Unis des trophées des espèces sauvages protégés chassées en Afrique.

Au-delà des trafiquants, le trafic profite aux milices armées

En plus de l’argent engendré par le commerce illégal d’animaux vivants ou des trophées, le WWF et Traffic nous apprennent que l’argent issu du braconnage sert aussi à financer des bandes armées. “Le crime portant sur les espèces sauvages n’est pas celui de fermiers pauvres avec des fusils rouillés tirant sur des éléphants et des rhinocéros. Il est le fait de bandes très organisées, lourdement armées, bénéficiant de systèmes GPS et de bons moyens de transport. Les braconniers sont généralement mieux équipés que les organismes de contrôle et ont des liens commerciaux s’élargissant aux organisations criminelles à travers le monde”, s’est exprimé Sabri Zain, directeur politique de Traffic.

Comment lutter contre ce trafic cupide ?

Face à ce problème mondial, l’Union Européenne par exemple préconise des plans d’actions de lutte contre le trafic des espèces sauvages. Dans son rapport, elle préconise tout d’abord d’empêcher le trafic des espèces sauvages en luttant contre les causes profondes de ce phénomène : il est nécessaire de combattre la corruption dans ce milieu. C’est pourquoi l’Union Européenne entend mettre en œuvre des mesures multilatérales et bilatérales à tous les niveaux de la chaine répressive pour remporter la lutte contre la corruption, qui demeure un facteur clé favorisant le commerce illicite des espèces protégées.  Ensuite, mettre en œuvre et faire respecter les règles existantes et lutter efficacement contre la criminalité organisée liée aux espèces protégées. Et enfin, renforcer le partenariat mondial entre les pays d’origine, les pays de destination et les pays de transit.

En Côte d’Ivoire, les autorités ivoiriennes avaient eu le coup d’œil en instaurant l’article N°65-255 du 4 août 1965 relatif à la protection de la faune et à l’exercice de la chasse, qui prévoit une peine d’emprisonnement allant jusqu’à 12 mois, assortie d’une amende de 3000 à 300.000CFA. Aujourd’hui toutefois, cette loi vieille de 53 ans n’apparaît pas assez dissuasive, pour pouvoir freiner le trafic d’espèces protégées. Longtemps décriée par les organisations de défenses des espèces protégées, la loi faunique ivoirienne sera durcie dans les jours à venir, puisqu’un projet de révision de cette loi est en cours de discussion et prévoit une peine d’emprisonnement plus lourde. Les amendes seront elles aussi revues.

En rendant la loi faunique à venir plus dissuasive, les autorités ivoiriennes semblent cette fois-ci trouvé un moyen approprié pour freiner le trafic d’espèces protégées dans le pays et par la même occasion être parmi les pays africains qui semblent trouver une formule magique en matière de lutte contre le trafic d’espèces comme le Congo Brazzaville et la Guinée Conakry. Ces deux pays en effet ont des peines d’emprisonnement dissuasives qui sanctionne d’1 à 5 ans et une amende de 100 000 à 5 millions FCFA pour le Congo, et de 5 ans maximum assortis d’une amende de 3 millions FCFA pour la Guinée Conakry. Il est vrai que ces peines sont loin des peines encourues par les trafiquants au Kenya qui risquent des peines de prison à vie, voire la peine de mort depuis juin 2018 pour trafic d’ivoire, ou 10 ans de prison en Centrafrique. Mais, c’est toutefois un pas dans la bonne direction pour la Côte d’Ivoire. Et cette lutte doit commencer par la lutte contre la corruption sous toutes ses formes car elle protège les criminels fauniques.

Source : Eagle Côte d’Ivoire

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