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Burkina Faso: Comment les djihadistes gèrent leur territoire? (Le récit de notre envoyé spécial)

jeudi, 14 février 2019 11:46

Burkina Faso: Comment les djihadistes gèrent leur territoire? (Le récit de notre envoyé spécial)

(...) Nous nous réveillons, ce vendredi 1er février? après une nuit de frayeur. En faisant sauter une école jouxtant la clôture de notre hôtel, les djihadistes ont injecté en moi la peur exprimée par tous ceux qui m’ont déconseillé l’aventure.

Le danger théorique a fait place au risque réel. « On peut, à tout moment, partir avec un bâtiment que les djihadistes ont fait sauter ou sauter sur une mine. » Ces mots qu’on m’a balancés à Ouaga me reviennent à l’esprit. « Si tu as entendu le bruit d’une explosion ou les crépitements d’une kalachnikov, c’est que tu es vivant », dixit un gendarme que j’ai trouvé sur le site de l’école dynamitée.

J’ai trouvé en sa théorie de quoi me remonter le moral. « Tu aurais pu sortir de ta chambre pour aller les photographier… ». Mes collègues de la rédaction à qui j’ai envoyé un papier sur l’explosion m’ont servi la même rigolade. Le gendarme venu relever des indices après l’explosion, lui, me comprend. « Les djihadistes, c’est toujours ainsi avec eux. On est à leur recherche mais quand ils entrent en action, on ne court plus vers eux », relève-t-il.

(...)“ Si tu as entendu le bruit d’une explosion ou les crépitements d’une kalachnikov, c’est que tu es vivant. Ce sont les seuls moments où on est heureux ici ” (...)

« Dans le village, ils ont installé des relais. Des personnes qui les renseignent sur tous les mouvements et gestes dans le village. En particulier, ceux de l’armée et de tous ceux que les djihadistes détestent ; c’est-à-dire, les fonctionnaires, les acteurs de la société civile, les religieux....

Dans la zone, il n’y a presque plus de personnes aux grands moyens. Alors, à qui vendre les marchandises volées? « On va voler de l’autre côté et on les revend aussi de l’autre côté ». Entendez, on vole dans la zone gouvernementale et on revend dans la même zone. Le bétail, principale source de revenus du groupe ami du jour, retourne en zone gouvernementale par le biais des bergers qui, eux, font tranquillement la navette, passant d’une ligne à l’autre sans être inquiétés. Lire la suite dans Fraternité Matin de ce jeudi 17 février 2019.