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Béoumi/Après les affrontements: Adama Toungara invite les populations à la tolérance et au pardon

samedi, 15 juin 2019 10:16
Béoumi/Après les affrontements: Adama Toungara invite les populations à la tolérance et au pardon Crédits: Charles Kazony

Le Médiateur de la République s’est rendu, un mois après les évènements malheureux, dans cette ville pour prôner le vivre ensemble.

Le Médiateur de la République, Adama Toungara, était le vendredi 14 juin, à Béoumi, où il a eu une rencontre avec les communautés baoulé et malinké, dans la cour de la résidence du préfet du département. C’était en présence de Sidi Tiémoko Touré, ministre de la Communication et des Médias, porte-parole du gouvernement, par ailleurs, député de Béoumi, Kondrobo et Ando-kékrénou, des élus et plusieurs cadres du département.

Selon lui, un mois après ces tristes évènements, il continue de s’interroger sur les causes de ces affrontements. « Comment une banale altercation entre deux conducteurs qui est courant dans le milieu des transporteurs, peut-elle conduire à de telles violences, et pis, a pu dégénérer en affrontements intercommunautaires ? », s’interroge-t-il. « Voyez-vous, c’est incompréhensible », a-t-il dit.

L’occasion était bonne pour le Médiateur de la République d’inviter les populations à la tolérance, au pardon et à l’existence harmonieuse entre elles. « Béoumi est une ville de convergence de peuples venus d’horizons divers, depuis plusieurs générations. Ces peuples, aux réalités culturelles différentes, ont su, pendant plusieurs décennies, vivre ensemble. Vous devez continuer à perpétuer les vertus de la tolérance, de la compréhension et de l’acceptation de l’autre », a-t-il dit.

Saisissant cette opportunité, Adama Toungara a interpellé les hommes et les femmes politiques et certains chefs traditionnels sur leurs comportements et les propos qu’ils tiennent. « Évitons dans les débats politiques, les paroles qui blessent, les attitudes qui peuvent humilier l’autre. Car les paroles blessantes ou autres attitudes fragilisent le tissu social dans nos villes, villages et campements », a-t-il averti. Et de poursuivre: « Les hommes et femmes politiques doivent-être des éclaireurs pour nos populations et non ceux qui sèment la division et la haine entre les communautés ».

Le Médiateur de la République a exhorté les jeunes à être des fers de lance de la paix et du vivre-ensemble. « Soyez des vaillants ambassadeurs de paix et des défenseurs de stabilité dans nos régions, gage de développement économique et social de notre pays ».

Il a tenu à informer que dès sa prise de fonction à la tête de l’organe de médiation, il a privilégié la sensibilisation des populations à l’effet de prévenir les conflits. C’est dans cette ligne droite qu’il a pris l’initiative d’installer un Comité de veille à Béoumi présidé par le préfet de ladite région, et composé de toutes couches de la population et des communautés vivant à Béoumi, des guides religieux et de la société civile.

Bien avant, alors que le préfet de Béoumi, Djedj Mel, a réaffirmé que la justice fera son travail jusqu’au bout, Jacques Mangoua, président du conseil régional de Gbêkê et Jean Marc Kouassi, maire de Béoumi ont, sollicité la clémence du Président de la République, Alassane Ouattara et du Premier ministre, Amadou Gon Coulibaly. Afin que ces prisonniers qui sont des présumés coupables puissent bénéficier d’une liberté provisoire. « Toute chose qui va contribuer à apaiser les cœurs et faciliter la réconciliation », ont-ils plaidé.

Notons que toujours dans le cadre de ce retour à la paix, une messe œcuménique est organisée, aujourd’hui, dans la cour de la résidence du préfet.

CHARLES KAZONY
CORRESPONDANT REGIONAL