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"ANSUT Afterwork numérique"/1re édition : La problématique du type de citoyen pour une économie numérique performante au coeur des échanges

dimanche, 08 avril 2018 15:13

Microsoft ne s’improvise pas comme un fournisseur d’accès Internet. Cependant, elle travaille avec des partenaires pour aboutir à des solutions novatrices adaptée au continent africain.

"ANSUT Afterwork numérique"/1re édition : La problématique du type de citoyen pour une économie numérique performante au coeur des échanges

Les panélistes de la première édition d’Ansut Afterwork numérique ont échangé, le 6 avril 2018, au siège de l’Agence nationale du service universelle des télécommunications (Ansut), à Abidjan-II Plateaux, Attoban, sur l'avenir du numérique en Afrique qui doit être impulsé par les jeunes Africains.

Le ministre de la Communication, de l'Economie Numérique et de la Poste, Bruno Nabagné Koné, Dr Hamadoun Touré, directeur exécutif de Smart Africa, Home of Transform Africa Summit et Mme Yacine Barro Bourgault, directrice Afrique de l’Ouest et du centre de Microsoft ont porté la réflexion sur le thème : « Quel citoyen pour une économie numérique plus performante ? »

Ecosystème, la Côte d’Ivoire rattrape son retard

Pour bâtir une économie numérique performante, le ministre Bruno Koné a indiqué qu’il faut avant tout construire un écosystème performant prenant en compte l’évolution de l’environnement numérique. « C’est ce qui peut permettre à un certain moment l’éclosion des talents à travers des Start-up dynamiques », a-t-il fait remarquer. Selon lui, en la matière, la Côte d’Ivoire est en train de refaire son retard. De 200.000 abonnés à Internet en 2011, le pays compte en ce jour plus de 23 millions d’individus connectés à Internet. « Lorsque nous décidions de dynamiser le secteur du numérique en Côte d’Ivoire, c’est-à-dire de créer un  écosystème performant, nous avons mis en place des bases légales et règlementaires », a-t-il souligné.

Mais avant, reconnait-il, la Côte d’Ivoire a été l’un des derniers pays en Afrique à déployer la 3G en 2013. Pour rattraper la dizaine d’année de retards, le ministre Bruno Koné a souligné qu’il fallait s’atteler à la mise en place d’une connectivité suffisance sur toute l’étendue du territoire ivoirien. D’où la nécessité de déployer la fibre optique. « Les 2000 premiers kilomètres nous ont pris à peu près trois ans. Depuis 2017, nous sommes sur les 3000 derniers kilomètres », a-t-il précisé, pour ce projet qui va coûter près de 200 milliards de FCFA à la Côte d’Ivoire.

Toujours dans la construction d’un écosystème performant, il a insisté sur la formation des acteurs avec la création de l’Ecole supérieure africaine des Tic (Esatic) dont la première promotion sort cette année, en 2018. Poursuivant, il a indiqué que c’est seulement en 2017 que  la Fondation jeunesse numérique pour promouvoir les start-up ivoiriennes a vu le jour.  « Il ne servait à rien de la mettre en place en 2011 ou 2012 puisqu’il n’y avait pas d’environnement pour le faire…. Notre souhait, que des milliardaires sortent des start-up ivoirien d’ici quelques années », dira le ministre Bruno Koné.

Des centaines d’applications qui n’ont pas encore été inventées (…) le seront par des Africains

Evoquant la révolution du mobile banking, né au Kenya avec M-Pesa, Dr Hamadoun Touré, directeur exécutif de Smart Africa a insisté sur la culture de la création des applications auprès des jeunes africains.  « Si nous donnons une part importante à la culture de la création des applications, nous pourrons chaque semaine créer un milliardaire africain. Imaginons un jeune ivoirien qui crée une application qui sera achetée à 1 dollar par 10% des citoyens africains », a-t-il fait remarquer.

Une application étant une solution locale à un problème local, Dr Hamadoun Touré a affirmé qu’il y a des dizaines ou encore des centaines d’applications qui n’ont pas encore été inventées. Et qui ne seront jamais inventées, si ce n’est par des Africains parce que confrontés à des spécifiques.

Microsoft 4 Africa cible essentiellement trois profils

Au cours de ce panel, Yacine Barro Bourgault, directrice Afrique de l’Ouest et du centre de Microsoft s’est appesantie sur les actions de son entreprise en Afrique. Et cela, à travers le programme Microsoft 4 Africa destiné à la jeunesse. Microsoft offre ainsi une série d’initiatives, de programmes à transformer digitalement la région de l’Afrique de  l’Ouest et du Centre. Microsoft 4 Africa cible essentiellement trois profils. « Ce sont les start-up, les Pme, les jeunes entrepreneurs autour de trois piliers. A savoir, l’accès internet pour tous, les compétences ou encore les capacités building (permettre aux jeunes africains d’accéder au même niveau de formation que n’importe quels autres jeunes dans le monde). Le 4ème pilier porte sur l’innovation. Et surtout comment arriver à stimuler l’innovation par les africains et pour l’Afrique ? », a soutenu Mme Bourgault.

6000 étudiants à Accra connectés à wide space pour 250 FCFA/mois

Poursuivant, elle a précisé que Microsoft ne s’improvise pas comme un fournisseur d’accès Internet. Cependant, elle travaille avec des partenaires pour aboutir à des solutions novatrices adaptées au continent africain. « Un exemple qui fait partie du programme Microsoft 4Africa,  celui  "TV wide space"  pour y faire passer de l’internet dans zones les plus reculées. Il s’agit d’utiliser des fréquences non utilisées pour y faire passer de l’Internet à haut débit et à moindre coût. C’est quelque chose qui a été déployée au Ghana. Aujourd’hui au Ghana, on a au moins 6000 étudiants au niveau d’Accra qui sont connectés sur du wide space pour une somme mensuelle de 250 FCFA ».

Egalement, dira-t-elle, en matière de compétences, Microsoft finance les "Virtual Academy" pour permettre aux jeunes africains d’accéder au même niveau de formation que n’importe quels autres jeunes dans le monde. « Aujourd’hui, nous avons 800.000 étudiants qui sont passés par ce "Virtual Academy". Officiellement, il y en a une dizaine sur le continent », a-t-elle fait savoir.

A travers la mise en place du programme « Innovation grant » ou encore la subvention pour l’innovation, Microsoft finance des start-up prometteuses. Selon Mme Bourgault, elle leur permet d’accéder au marché et  de pouvoir financer leur développement. Ainsi, 55 start-up sur le continent ont été financées par ce programme. Elles génèrent ensemble 5,5 millions de dollars de chiffre d’affaires par an.

Notons que l’Agence nationale du service universel des télécommunications  (Ansut) Afterwork numérique est un événement mensuel en rapport avec les activités, les programmes et projets numériques en Côte d’Ivoire.

Le "Centre d'Excellence ICDL Bruno Nabagné Koné"

Après le panel, le ministre Bruno Koné a procédé à l'inauguration du tout premier centre ICDL (International Computer Driver Licence) baptisé "Centre d'Excellence ICDL Bruno Nabagné Koné" qui a reçu ses premiers "élèves". Il faut souligner que l'ICDL est un vaste programme de certification en compétences Informatiques.

Répandu dans le monde avec plus de 15 millions de candidats dans plus de 150 pays, ce programme est largement soutenu par les gouvernements, les sociétés informatiques, les organisations internationales et les groupes commerciaux partout dans le monde.

L’Ansut vient ainsi donc de se doter du tout premier centre de formation et de certification ICDL d’Afrique francophone, orienté à l’attention de son staff en première phase. Le but étant de devenir prescripteur et de faire du permis Informatique un standard de compétences pour l’administration, le système éducatif et le secteur rural de la Côte d'Ivoire.

Salif D. CHEICKNA

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