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Alcide Djédjé fait des révélations : “ Gbagbo m’a dit, va chez Mangou, je vais retourner à Mama ”

mercredi, 05 septembre 2018 11:21

Alcide Djédjé fait des révélations : “ Gbagbo m’a dit, va chez Mangou, je vais retourner à Mama

D’intermédiaire de l’ombre au plus fort de la crise postélectorale, l’ancien ministre des Affaires étrangères, Alcide Djédjé, est passé acteur politique actif. Il a lancé hier, à Abidjan, le Concorde (Congrès pour la consolidation de la République et le développement ». Le diplomate entend oeuvrer à « neutraliser les clichés » avec ce « parti « tampon ». Et comme pour passer aux actes, le Concorde rejoindra la majorité présidentielle dénommée Rhdp unifié. Se confiant pour la première fois depuis la crise postélectorale de 2010, Alcide Djédjé s’est adressé, en des termes émouvants, à l’ancien président Laurent Gbagbo.

« La position que je prends aujourd’hui était la même position que tu avais en 2011. Souviens-toi, au Plateau, on était deux, tu m’as dit : va chez Mangou, je vais retourner à Mama. Allez avec les autres, pour former un gouvernement d’union. J’ai été voir Mangou. Il était un peu surpris. Il a dit qu’il voulait avoir le temps pour y réfléchir. Il n’a jamais eu le temps, puisque ceux qui ne voulaient pas que tu retournes à Mama ont pris le dessus. Tu as essayé quand même de continuer, d’aller directement à la réconciliation, dès 2011. Un discours a été préparé, pour accepter l’accord que proposait l’Union africaine, pour le gouvernement d’union. Tu te souviens, à l’époque, de ma position. C’est la même position que je continue d’avoir », a rappelé l’ancien ministre, transfuge du Fpi.

« Des militants très puissants ont imposé la position que tu as adoptée finalement, contre tout le gouvernement et nous autres (…) Aujourd’hui, tu portes le chapeau pour ceux qui avaient la position de raideur et qui ne voulaient pas aller à la réconciliation, qui ne voulaient pas signer les accords de l’Union africaine. Te connaissant, tu serais allé à Mama, parce que tu n’as rien à faire à la Cpi », a déploré Alcide Djédjé, qui a rendu hommage à un Laurent Gbagbo qu’il a rencontré sur le chemin politique en 1982.

« Quand j’étais à l’ambassade de France pour négocier le cessez-le-feu, Dogbo Blé (ndlr : ex-commandant en chef de la Garde républicaine) m’a appelé pour dire : tu es à l’ambassade de France, il faut leur dire, nous, on cesse les combats, on va faire le cantonnement. Tout ce qu’on a demandé, c’est que le président soit sécurisé, que sa résidence soit sécurisée. Au moment où l’Onuci (Opération des nations unies en Côte d’Ivoire) venait pour sécuriser la résidence, il y a certains qui ont titré. Ceux qui avaient des positions extrêmes ont pris le dessus. Mais, toi, je connais ta position. Et tu connais la mienne. Donc, entre nous, on ne peut jamais parler de traîtrise. Moi, c’est la position que j’ai adoptée dès le départ et que je continue d’adopter aujourd’hui parce que tous les autres sont sortis de prison et je pense qu’il faut passer à une autre étape. Ceux qui croient qu’en sortant tu vas venir jouer le match retour se trompent », a-t-il ajouté.

« Pour ceux qui ne le savent pas, la vieille Gado (la génitrice de Laurent Gbagbo) est morte dans mes bras. Nous étions deux, avec Alain. Ceux qui ne savent pas tout cela, et qui sont dans les réseaux sociaux, qui ne te connaissent pas, et qui ne me connaissent pas, qui ne connaissent même pas ton proche entourage, peuvent continuer, pour se faire valoir, à décerner des certificats de traîtrise à tel ou tel autre, parce qu’ils sont ignorants de tout. Ils ne savent pas qu’il y a beaucoup, y compris des militaires, qui souhaitaient, à la fin, qu’on se mette ensemble, comme ce que je suis en train de faire aujourd’hui », a poursuivi le diplomate de carrière.

« Si la Côte d’Ivoire retombe dans une autre crise, il n’y aura personne pour la relever (…) »

Ayant passé 30 années dans le système des Nations unies, Alcide Djédjé sait et voit que le Chef de l’Etat Alassane Ouattara jouit d’un « leadership énorme » au plan international. « Si la Côte d’Ivoire retombe dans une autre crise, il n’y aura personne pour la relever (…) Si on n’arrive pas à faire ce sursaut et à capter l’attention du monde, on va toujours rester dans la gestion des urgences », a-t-il prévenu, indiquant avoir gardé de « bonnes relations » avec ses ex-compagnons du Fpi. « Il n’y a pas d’ennemis jurés en politique, il n’y a que le courage politique. De toute façon, vous en avez eu des exemples en Côte d’Ivoire. Bédié a trahi qui en s’associant avec Ouattara ? », s’est-il interrogé.

L’idéologie du Concorde ?

« Le consensus à tout prix ». Car selon son président, les idiologies s’étant effondrées depuis 1989, la seule « plus-value » qui reste en politique est la gouvernance dans l’union et le consensus. Pour la sortie officielle du Concorde, l’ex-ministre avait à ses côtés des représentants de diverses ambassades. A ses côtés, figuraient des leaders de l’ex-Lmp (la majorité présidentielle). Notamment, Sam L’Africain, Eugène Djué et Allou Eugène. Président du conseil régional du Gôh, Bagnon Djédjé, était également présent. Alcide Djédjé a été candidat malheureux du Fpi à Ouragahio, aux législatives de 2016.

Il a pour secrétaire général Kouassi Ferdinand dit Watchard Kédjébo. Ses secrétaires à la mobilisation et à l’organisation sont respectivement Largathon Koné et Ivette Koudou, tous issus de l’ex-Lmp.

BENOIT HILI

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