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Achi Patrick : “ Quand une nation vous a tout donné, il faut avoir à cœur de léguer aux générations futures un pays enviable ”

dimanche, 09 juin 2019 09:52

Le 2 juin 2019, le secrétaire général de la Présidence, membre du mouvement Pdci-Renaissance et cadre du Rhdp, a prononcé un discours mémorable, à l’occasion de l’adhésion du président du Sénat à l’Alliance des Houphouétistes.

L’intégralité de l’allocution de Patrick Achi

« Je voudrais féliciter le comité d’organisation et notre aîné, le président du sénat, Jeannot Ahoussou-Kouadio, pour l’excellente mobilisation et le remercier pour l’amitié qu’il a fait de m’inviter. Jeannot, tu sais, je suis ici pour la fonction politique que j’occupe mais d’abord et avant tout pour l’ami que je suis. Cet ami est fier d’être là aujourd’hui. Et également fier de son grand frère que vous êtes. Cette présence amicale est le fruit d’une longue amitié qui a commencé dans les années1990 au moment où j’étais conseiller technique au cabinet du ministre de l’énergie et où tu cherchais, par tous les moyens, comment aider tes parents. Ton village n’était ni électrifié, il n’y avait ni eau potable ni voirie. Député élu, tu étais par monts et par vaux pour aider ces populations.

À ces moment-là, ni toi ni moi étions en train de réfléchir si un jour nous serions ministre ou  président d’institution. Ce n’était pas  notre préoccupation. Notre préoccupation était plutôt de tout faire pour aider nos parents à sortir de la pauvreté. Et cette flamme qui nous habitait depuis ce moment ne s’est jamais éteinte. C’est ce qui guide nos actions jusqu’à présent. Ceux qui ne te connaissent pas  peuvent dire ce qu’ils veulent. Nous qui te connaissons savons exactement, à chaque moment de ta vie, pourquoi tu as posé des actes précis.  Il y a ce qu’on dit et ce qu’on ne peut pas dire. Mais en tout état de cause, au fond de nous-même, comme le disait Adjoumani et Bictogo, jamais nous n’avons douté que le jour que nous vivons aujourd’hui adviendrait. Merci d’avoir partagé avec nous, pendant toutes ces années, le combat politique que nous avons mené ensemble au sein du Pdci-Rda. Pas parce qu’on l’appelait Pdci, mais parce qu’on retrouvait dans ce parti des valeurs, des idéaux, une cause qui méritait le combat. C’étaient le dialogue, la paix, l’union, la fraternité, l’amour.

Toutes ces valeurs et tous ces sentiments sur la base desquels le président Félix Houphouët-Boigny a bâti  cette nation. Nous avons sans relâche mené ce combat, traversé les moments les plus durs, connu les péripéties de1995, 1999  de 2002, la crise postélectorale de 2010 et les moments qui en ont suivi. Ensemble, nous avons partagé passionnément ces dernières années aux côtés du président Alassane Ouattara et de tous les premiers ministres qui se sont succédé y compris toi-même et aujourd’hui, le premier ministre Amadou Gon Coulibaly.

Nous avons traversé ces moments où il a fallu que, de nos dix doigts, sans compter notre temps, notre énergie, rebâtir ce pays que Félix Houphouët-Boigny avait construit. Cela n’a pas été facile. Nous avons vu le président Ouattara veiller jour et nuit. A ses côtés, nous-mêmes n’avions plus de vie de famille. Il fallait remettre l’électricité, l’eau. Nous avons trouvé Abidjan en lambeaux. Tous, nous nous sommes consacrés à cet effort sans relâche. Enfin, l’espoir renaissait. Quand une nation vous a tout donné, il faut avoir à cœur de léguer aux générations futures un pays enviable. Pour nous qui avons bénéficié dès notre jeune âge de bourses au collège, à l’université, à l’étranger… L’état nous a tout donné, le peuple s’est sacrifié pour nous et nous lui devons cela. Et c’est ce combat que nous menons chaque jour.

Après avoir mené tout ce combat, nous devons prendre conscience que la Côte d’Ivoire sera, sans doute l’un des pays les plus en vue. Cela, au moment où notre pays renoue avec les grands événements qui se déroulent dans le monde… Nous sommes aujourd’hui en tant qu’Ivoirien objet de fierté et tout  le monde autour de nous est plein d’attention. Les bailleurs de fonds, la communauté internationale sont à notre chevet. Aujourd’hui où l’espoir renait, avant que nous ne transmettions à la génération suivante le fruit de notre travail, nous regardons derrière en ayant le sentiment qu’on n’a pas vécu inutile. Au moment où aucun faux pas n’est permis, nous ne comprenons pas les agissements de certains aînés et amis autour de nous. On se pose donc des questions. Avons-nous fait tout cela en vain ? Avons-nous passé ce long temps à former, à travailler, à apprendre pour rien ? Former quelqu’un comme Ahoussou Jeannot-Kouadio demande des décennies. Il a été éminent avocat, travaillé dans le secteur privé, élu député, président du Conseil régional… ministre, ministre d’état, premier ministre, président du sénat.

Tout au long de ce parcours, il a accumulé une expérience inestimable qu’on ne fabrique pas et qu’on n’invente pas du tout. Plus que jamais le pays en a besoin. Diantre, si tant est que ce qu’on recherche, c’est de construire le pays,  y a-t-il quelque chose de plus important que le capital humain ?  Quand vous montez une entreprise, qu’est-ce qui fait la réussite ? C’est la qualité et la valeur des hommes que vous avez. Quand les présidents Ouattara et Bédié ont mis autant de temps pour construire cette équipe d’hommes  pour atteindre le niveau où ils sont prêts pour donner le meilleur d’eux-mêmes, capables de transformer et en rajouter à ce que leurs aînés ont fait, est- ce  le moment de faire des débats inutiles que personne ne comprend ? Si on était dans un environnement normal, on apprécierait ces hommes. On leur ferait la cour parce que les perdre est un drame. On leur demanderait pardon. On discuterait avec eux, on les écouterait. On ne peut pas se permettre de se passer  de Duncan, de Diby,  d’Ahoussou, d’Adjoumani, ou de Bictogo. Ce n’est pas en deux jours qu’on fabrique une élite….

A un moment où la Côte d’Ivoire doit faire face à des défis les plus grands, il faut relever un défi mondial et non national… La Côte d’Ivoire est en compétition avec la Thaïlande, le Vietnam, le Ghana, l’Afrique du sud, etc.  Aujourd’hui, ce n’est plus la guerre des armes, mais celle des cerveaux. Ceux que vous avez fabriqués  pour faire de la Côte d’Ivoire ce qu’elle doit devenir, vous allez vous en débarrasser ? Vous ne vous en préoccupez pas ? Diantre ! Que veut-on donc ? Cher Jeannot, Je suis allé chez toi. Et je t’ai dit que nous sommes tous là-bas…. on est tous là-bas et prêts à relever le défi de cette génération. Parce que c’est bien cela notre défi. Jeannot, tu ne peux pas manquer à l’appel. Tu n’as pas le choix. On ne te demande pas tes états d’âme. Ça ne nous intéresse pas. C’est un appel de la Côte d’Ivoire.

Si tant est que certains d’entre nous ne le comprennent pas, cela n’est pas important. L’histoire nous jugera tous. Ce qui est important aujourd’hui, c’est que nous continuons la marche auprès du Président Ouattara, auprès du président Bédié s’il le veut. Et que notre équipe, notre famille reste soudée pour que nous ne fassions pas revivre à la Côte d’Ivoire ce qu’elle a connu. 15 ans perdus. Un gâchis ! On a jeté en pâture dans cette crise nos enfants… La Côte d’Ivoire a pris du retard, perdu des opportunités.  Chaque jour, quand on se lève le matin, on ne pense qu’à une seule chose, il faut qu’on ramène le pays là où Houphouët l’a laissé. Et qu’on aille plus loin.

Dans ces moments, il faut qu’on se mette ensemble et faire en sorte pour rattraper notre retard. Et préparer les générations futures mieux que nous l’ayons été. Aujourd’hui, l’effort du gouvernement et le combat du président Ouattara nous a amenés dans ce qu’on appelle le club des sept. Il y a une semaine, la banque standard Charter et l’Institut Bloomberg viennent de sortir un rapport mondial. Pour dire que dans les 10 prochaines années, de 2020 à 2030, sept (7) pays au monde auront la chance d’avoir un taux de croissance de 7%. Et un meilleur développement dans l’avenir. Parmi ces 7 pays, il y a cinq pays asiatiques et deux pays africains. Ces pays africains sont la Côte d’Ivoire et l’Ethiopie.

Dans les 10 années à venir, si ce pays qui est la Côte d’Ivoire sait poser les actes qu’il faut, il fera partie des 7 pays qui connaitront la plus grande évolution… J’écoute les gens et je ne les comprends pas. 70% de notre population a moins de 30 ans. En 2050, ils seront 50 millions. Qu’allez-vous faire d’eux. Je n’entends personnes parler d’eux.  Un tel m’a insulté, un tel autre est ingrat. Mais que proposons-nous pour améliorer le quotidien des Ivoiriens et offrir aux générations futures un pays où il fait bon de vivre. Tout le reste, c’est du verbiage creux. L’aventure, la nôtre, celle de notre pays, prend un nouveau virage. Cette nouvelle aventure ne fait que commencer. Concentrons-nous et réussissons notre mission pour nos enfants, pour la postérité. C’est là notre destin et nulle part ailleurs.

Propos retranscrits par SALIF D. CHEICKNA