Tic: Cybersanté, e-éducation, communication diplomatique…. Où en est la Côte d’Ivoire

samedi, 25 octobre 2014 12:23

Le ministère de la Poste, des Technologies de l’information et de la communication, à travers l’Agence nationale du service universel des télécommunications (Ansut), vient de doter le Chu de Yopougon d’un Centre national de télémédecine (Cnt).

Tic : Cybersanté, e-éducation, communication diplomatique…. Où en est la Côte d’Ivoire

Conformément aux résolutions du sommet mondial de la Société de l’information (Tunis, 2005) qui a porté sur l’intégration des Tic dans les systèmes de santé, de l’éducation et de la diplomatie, l’Inde a initié un projet dans ces secteurs d’activité en Côte d’Ivoire. Où l’exploitation de ce réseau est effective avec l’installation des équipements offerts par ce pays.

Le ministère de la Poste, des Technologies de l’information et de la communication, à travers l’Agence nationale du service universel des télécommunications (Ansut), vient de doter le Chu de Yopougon d’un Centre national de télémédecine (Cnt). L’infrastructure a été inaugurée par Bruno Nabagné Koné et Dr. Raymonde Goudou-Coffie, respectivement ministres de la Poste, des Technologies de l’information et de la ministre de la Santé et de la Lutte contre le Sida, en juin 2014.

Ce centre dispose d’une salle de vidéoconférence équipée d’outils de communication modernes (ordinateurs, Internet…) pour permettre aux usagers d’être en contact direct avec le monde extérieur, de s’informer, se former et surtout partager leurs expériences. Par ailleurs, il a été doté d’équipements biomédicaux, entre autres, un échographe doppler, une radio mobile, un scanner, un électrocardiogramme, un défibrillateur, un tensiomètre électronique, un analyseur d’urine et un microscope.

Les Tic pour améliorer la qualité des soins

Au cours de cette cérémonie,  Bruno Nabagné Koné a fait remarquer qu’il s’agit, à travers ce projet, d’utiliser les Tic dans les services de santé. Appelée cybersanté, télésanté ou e-santé, leur introduction dans le système sanitaire en Côte d’Ivoire vise l’amélioration de la qualité des soins, la gestion efficace des administrations des services de santé, la formation du personnel, et la dématérialisation. Laquelle consiste par exemple, à remplacer les supports d’informations matériels, souvent en papier (fiches de maladies, traitements suivis, médicaments déjà utilisés, etc.), par des fichiers informatiques.

Abondant dans le même sens que son collègue,  Dr. Raymonde Goudou-Coffie a noté que la réforme des centres hospitaliers s’accompagne obligatoirement de la mutation du circuit du patient. D’où la nécessité des Tic pour opérer ce changement en vue d’accroître la qualité des soins.

Déjà en vigueur dans les pays développés,   la cybersanté se met progressivement en place en Côte d’Ivoire, à travers ce projet pilote qui démarre au Chu de Yopougon pour s’étendre aux Chu de Treichville et Cocody. Pour l’intérieur du pays, l’hôpital général d’Agboville, les centres de santé urbains et ruraux de Rubino et Céchy ont été retenus pour la phase pilote.

Il faut souligner que ce projet est une initiative de la République de l’Inde, pour aider les pays africains à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (Omd) et réduire la fracture  numérique.

Ainsi,  ce pays s’est engagé à fournir et installer des équipements, des logiciels, de la connectivité et appuyer le fonctionnement et l’entretien du réseau sur une période de cinq ans. Ce projet est placé sous l’égide du Réseau panafricain de services en ligne (Rpsl) qui est un réseau de télécommunications ayant pour objectifs, d’une part, de relier les 54 pays de l’Union africaine (Ua) entre eux et, d’autre part,  de les connecter à l’Inde, en vue de fournir les e-services ou les services électroniques en mettant en place les services de télé-éducation, télémédecine  et de communication diplomatique.

Dans le cadre de ce projet, un hub et un centre de données avec une capacité 4tb ont été installés. De même, 12 hôpitaux spécialisés ont été sélectionnés pour les soins.

En Afrique, une station terrienne est implantée à Dakar, au Sénégal, 5 universités directrices et 5 hôpitaux spécialisés ont été choisis. Sans oublier 53 sites de télé-éducation, autant de télémédecine et de communication qui sont prévus (soit un site pour chaque pays de l’Ua).

7 universités indiennes et 12 hôpitaux spécialisés sont reliés au centre de données qui est, à son tour, connecté à la station terrienne (hub de Dakar) par câble sous-marin.

 «La télémédecine permettra à notre pays de contribuer à la société du savoir et de l’économie numérique. Car elle prend en compte les besoins des populations en favorisant un accès aux soins. A l’instar des autres pays bénéficiaires de ce projet, la Côte d’Ivoire doit pouvoir capitaliser cette expérience pour bâtir son réseau national de services en ligne axés essentiellement sur l’e-santé, l’e-éducation, etc. », affirme Euloge  Soro-Kipeya, Dg de l’Ansut.

Autres avantages de la télémédecine.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (Oms), la cybersanté est l’utilisation rentable et sécurisée des  Tic pour la santé et à des fins qui y sont liées. En s’en servant, il s’agit de fournir les bons renseignements au personnel soignant au bon moment. Autrement dit, les Tic sont utilisées de façon à « améliorer les processus du système de santé ainsi qu’à mettre en réseau les acteurs concernés : patients, médecins, thérapeutes, assurés, assurances, laboratoires, pharmacies, hôpitaux et personnel soignant. » 

Les avantages de la cybersanté sont nombreux. Citons, par exemple, un meilleur accès aux informations des services de santé, l’amélioration des soins des clients en vue d’intervenir en cas d’urgence. Mais aussi un plus grand nombre de possibilités pour le perfectionnement des professionnels de santé, l’amélioration du cadre de collaboration du travail d’équipe et de la prestation des services entre les professionnels des régions éloignées.

Par ailleurs, la connectivité permet aux praticiens de se doter d’une infrastructure de communications électroniques par des réseaux de télécommunications à haute vitesse et à large bande, un câble à fibre optique, des réseaux locaux et des lignes téléphoniques. Il faut également ajouter les portails internet, les courriels web, les  sites web, les vidéoconférences. Enfin, au niveau des informations pour les professionnels de la santé, cette technique met à leur disposition des bibliothèques virtuelles de documents sur la santé et des supports d’aides au diagnostic et à la prescription.

L’Oms cite, en exemple, le cas du Mali  où l’application Ikon permet aux dispensaires ruraux de transmettre par Internet des analyses et des radiographies à des spécialistes. Ces derniers peuvent alors recommander à leurs confrères de ces établissements lointains, des traitements à administrer aux patients. C’est aussi le cas au Mozambique où les sensibilisations sont faites par Sms sur la transmission du Vih/Sida en vue « d’améliorer l’observance thérapeutique et prévenir la transmission mère-enfant. »

Projet e-éducation de l’Ens

Au niveau de l’éducation, un projet panafricain de services en ligne a été officiellement lancé en Côte d’Ivoire en août 2010. C’est aussi un projet de télécommunications initié par le gouvernement indien au profit des paysans africains, en vue d’aider ce continent à la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement et réduire la fracture numérique.

Il consiste à bâtir un réseau de service ayant pour objectifs de relier les pays africains concernés entre eux et de les connecter à l’Inde dans l’optique de fournir les services de télé-éducation. La Côte d’Ivoire a terminé l’installation des équipements grâce à l’aide indienne.

 Ceux-ci sont logés sur le site de l’Ecole normale supérieure (Ens) d’Abidjan. Par ces équipements, ce projet vise à bâtir un réseau de télé-éducation sur toute l’étendue du territoire ivoirien, afin de désenclaver les zones éloignées des grandes métropoles, permettant ainsi aux populations un accès facile au savoir.

En outre, dans le cadre de la gouvernance électronique, le gouvernement ivoirien a lancé, en septembre 2012, le dispositif  e-éducation de l’ensemble du système éducatif. Il s’agit de l’interconnexion entre les universités Félix Houphouët-Boigny (Cocody), Nangui Abrogoua (Abobo-Adjamé) et Alassane Ouattara (Bouaké), du dispositif de télé-enseignement qui permet de suivre les cours à distance répartis dans plusieurs amphis de ces universités. De plus, ces hauts lieux de savoir bénéficient d’une connexion à Internet haut débit (soit 100 mégaoctets) par câble et wifi.

Des connexions simultanées avec les universités du monde

Ces infrastructures permettront notamment 3000 accès simultanés via les points wifi, à l’intérieur et autour des amphithéâtres, 500 accès simultanés à des cours diffusés, l’accès à des sessions/cours enregistrés, la mise en place de plusieurs milliers d’heures de cours et documents numériques stockables, sans oublier 50 connexions simultanées avec des universités du monde.

Selon les spécialistes, le télé-enseignement est une innovation qui apporte aux étudiants une capacité d’enseignement additionnelle en réduisant la fracture numérique et en ouvrant les portes (l’accès à internet) du savoir numérique au monde universitaire et de la recherche.

Par ailleurs,   la nouvelle approche aide les étudiants pour un meilleur accès aux contenus, notamment les bibliothèques numériques, les thèses et autres travaux divers, dans la mesure où désormais, les apprenants et les enseignants peuvent échanger avec les plus grandes universités du monde. Surtout que des sessions de télé-enseignement sont organisées  depuis des universités du monde.

C’est le lieu de préciser que dans le cadre de la modernisation et la gestion de l’Etat, le gouvernement a élaboré, en 2011, le schéma directeur 2012-2017 de la gouvernance électronique (e-gouv). C’est un vaste projet conduit par le ministère de la Poste, des Technologies de l’information et de la communication qui comprend deux axes majeurs :

Le premier dénommé e-administration vise à l’amélioration des conditions de travail de l’administration publique à travers l’utilisation des Tic. A ce niveau, l’un des volets est l’Intranet gouvernemental  qui a connecté 30 sites parmi lesquels la Présidence de la République, la Primature, le secrétariat général du gouvernement, les ministères…

Le second axe concerne l’e-services. Il vise l’amélioration des services publics fournis par l’administration aux citoyens à travers l’utilisation des Tic avec les projets sectoriels tels que l’e-éducation, l’e-santé, l’e-agriculture, l’e-sécurité.

Conscient que l’éducation demeure le socle de tout développement, le gouvernement a décidé de faire de l’e-éducation une composante essentielle du développement économique, social et culturel de la Côte d’Ivoire. Elle concerne l’enseignement supérieur, l’éducation nationale et l’enseignement technique et professionnel.

Ainsi,  pour une connexion efficace entre les universités, il est prévu la construction d’un data center sur le site de l’université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan-Cocody, doté des technologies les plus récentes et d’une grande capacité de stockage et de calcul pour la recherche.

Il permet la mutualisation des infrastructures en offrant plusieurs services. Entre autres, l’interconnexion des sites universitaires FO redondante, la disponibilité d’une technologie de pointe et d’une grande capacité de stockage et de traitement, l’hébergement des services et application métiers (inscription en ligne, gestion efficace des étudiants et gestion des programmes d’enseignement.) Ce centre permettra aussi l’archivage et le stockage des thèses, des résultats de recherche et des cours accessibles par Internet, la disponibilité d’un centre de traitement de données.

L’Internet haut débit facilite l’accessibilité aux ressources éducatives grâce à 100 méga extensibles de bande passante vers Internet, 50.000 accès à Internet via les points wifi à l’intérieur et autour des amphithéâtres, 50 connexions simultanées avec les universités du monde pour le télé-enseignement. Cela va accroître la capacité de cette méthode d’enseignement. Après les universités d’Abidjan et de Bouaké, ce projet va s’étendre aux universités de Daloa et Korhogo.

Il prévoit également un aspect dénommé communication diplomatique logé au ministère des Affaires étrangères.

ALFRED KOUAME

Correspondant

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