Tic : Tout le monde tente de s’accommoder aux paiements électroniques

Tic : Tout le monde tente de s’accommoder aux paiements électroniques

mardi, 27 janvier 2015 17:54

L’Internet, le téléphone mobile, et bien d’autres outils des Tic imposent aux consommateurs des transformations profondes dans la vie quotidienne  auxquelles ils doivent nécessairement s’adapter.

Tic : Tout le monde tente de s’accommoder aux paiements électroniques

Takou G. est cadre dans l’administration publique ivoirienne et abonné à un opérateur de la téléphonie mobile. Pour le règlement de sa facture d’électricité base tension dont la date limite de paiement était fixée au 9 septembre 2014 pour un montant de 23210 f Cfa, il utilisé son téléphone pour le faire. «  C’est  ce que je fais depuis plus quatre ans. Chaque fois que je reçois une facture d’électricité ou d’eau, je le règle via mon abonnement Orange Money.  A partir de mon appareil je suis les instructions qui me sont données. Par exemple,  les touches #, *, 144, *, 1, * suivi de l’identification de la facture à régler, Zéro, # et Ok. Un  sous menu apparait alors sur l’écran de l’appareil que je renseigne », explique-t-il. En effet, un logiciel installé sur cette puce  permet d’avoir accès à la base de données de règlement de factures de la Compagnie ivoirienne d’électricité (Cie) et la Société de distribution d’eau de Côte d’Ivoire (Sodeci) au terme d’un partenariat conclu entre ces entreprises.

Tout comme cet abonné, beaucoup de personnes ont recours de plus en plus  ce mode de payement pour régler leurs facteurs. «  C’est facile, rapide, sécurisé et  surtout que je ne me déplace pas, je gagne beaucoup de temps. Par le passé, il fallait aller faire un long rang. Si  vous êtes très occupés et que vous chargez une autre personne d’aller payer vos factures, elle peut détourner votre argent », ajoute  cet autre usager.

Célérité et traçabilité dans les inscriptions en ligne dans les établissements scolaires

Mais c’est au niveau des inscriptions en ligne et du payement électronique que l’affluence est dense. En effet, actualité oblige, pour cette rentrée scolaire, toutes les inscriptions se font en ligne  pour les élèves des lycées et collèges tant publics que du privé. Pour faciliter les transactions, ce marché a été confié à quatre opérateurs dont  trois de la  téléphonie mobile et un autre qui intervient dans les inscriptions  en ligne. Ceux-étendent leurs activités dans les zones couvertes par le réseau. Ainsi aujourd’hui, en plus des agences de ces opérateurs, une grande part du marché a été attribuée aux multiples opérateurs qui développent les mêmes activités.  Ce qui fait qu’aujourd’hui, dans toutes communes aussi bien du District d’Abidjan que de l’intérieur du pays, les sous-préfectures et importantes bourgades de la Côte d’Ivoire, il existe des agences des principaux opérateurs téléphoniques. Orange Money pour la compagnie Orange, Mtn mobile money pour Mtn et Flooz pour Moov. Nous avons assisté à la transaction effectuée par J.K Louis, élève en Terminale A dans un lycée publique d’Abidjan. « Pour m’inscrire, on me demande d’activer les touches Diez, 144, Etoile, 13, Etoile, 2, Diez et Ok. Un sous-menu puis  et je valide mon numéro matricule. Après je renseigne une page qui s’ouvre en indiquant mon identité, la filiation le numéro de téléphone du parent ou tuteur, sans oublier de préciser les 6000F Cfa à payer pour le droit d’inscription », explique l’élève. Son inscription en ligne s’achève par l’impression de la fiche qu’il vient de renseigner via le site www.men-dpes.org de la Direction de la planification , de l’évaluation et des statistiques du ministère de l’Education nationale et de l’Enseignement technique. Ce document représente le reçu de paiement des frais d’inscription. Par ailleurs l’élève doit actualiser son statut en envoyant Actu  suivi de son numéro matricule au 98077 ou en éditant sa fiche quitus-élève sur le même site. Préinscrit en ligne il se rend alors dans son établissement d’accueil avec l’une des pièces suivantes (décision de fin d’année (admis, redouble), décision d’affectation pour les 6ème, décision d’orientation pour les secondes, document de transfert, tout autre document officiel autorisant l’inscription) pour son inscription physique.

Le ministère de l’Education nationale et de l’Enseignement technique a même précisé que les localités non couvertes par une connexion internet les élèves et parent d’élèvent peuvent faire leur inscription via leurs téléphones portables

Pour les usagers non abonnés à ces réseaux, ils font cette opération dans des cybercafés ou dans les agences Orange Money, Mtn mobile money, Flooz ou une agence Celpaid. Des agents  les aident à le faire en suivant le même principe. De ce fait, ces agences ne désemplissent pas par ces temps de rentrée des classes. Ces agences cumulent à la fois le paiement électronique par le prélèvement de frais d’inscription (6000 f ou 3000f) et l’inscription en ligne. Selon les responsables du ministère de l’Education nationale et de l’Enseignement technique, l’inscription et le paiement des frais d’inscription en ligne est souple, rapide et évite les longues files d’attentes dans les établissements scolaires. En outre cette méthode est transparente et traçable étant donné qu’elle élabore une base de données sur la population scolaire.

Paiement électronique, rapprocher l’argent des usagers

Les inscriptions en ligne qui est un phénomène périodique ne saurait occulter le transfert d’argent devenu l’une des principales activités  de ces entreprises. En effet, selon Diomandé Moussa, spécialiste en la matière, le paiement sur Internet fournit des moyens de payements mis en œuvres pour payer sur Internet à partir d’un ordinateur ou à partir d’un Samrtphones via un réseau de téléphone mobile.  

« Pour recevoir de l’argent à partir de son téléphone portable, il faut pour l’abonné, au préalable souscrire au produit Orange Money. Lors de l’inscription on lui demande de sécuriser son compte par un code secret. C’est avec ce compte que le souscripteur fait ses transactions, notamment recevoir et transférer de l’argent», fait remarquer Olivier D, directeur d’une agence de transfert d’argent du District d’Abidjan. Selon lui, l’opération est toute simple. Il s’agit de composer #, 144, #. On choisit l’option 1 (transfert d’argent), suivi du numéro de téléphone du destinataire de ce transfert et le montant ainsi que le code secret en 4 chiffres. Puis on confirme cette opération. Après ce transfert,  le bénéficiaire reçoit un message lui informant qu’un dépôt d’un tel montant a été effectué sur son compte tout en indiquant l’heure et la date de cette opération. S’il veut le retirer il se rend alors dans une agence muni d’une pièce d’identité et du message paru sur son téléphone. Pour le retrait l’agent lui demande quelques informations telles que son numéro de téléphone par lequel le dépôt a été effectué et surtout son code secret. En suivant ses instructions il retire l’argent qui lui a été transféré.

Cependant de l’avis de certains opérateurs, leurs clients sont parfois victimes des arnaqueurs. « On a l’impression que ces cybercriminels bénéficient de la complicité de travailleurs du serveur central du transfert. Sinon comment comprendre que parfois, lorsqu’on finit de faire un transfert, ils sont les premiers à appeler le client pour lui dire qu’il vient de recevoir de l’argent sur son compte ? » S’interroge une  victime.

Outre les arnaqueurs, les sous-traitants d’Orange money ont évoqué un autre souci.  De fait, en cas d’erreur notamment au niveau du numéro de téléphone d’un bénéficiaire d’un transfert, il n y a pas de voie de recours et cela peut être une perte et source de conflit. « Il y a des clients qui se trompent de numéro et c’est après la transaction qu’ils viennent pour une réclamation pour laquelle nous n’avons pas la solution à notre niveau », déplore un autre directeur de maison de transfert d’argent.

ALFRED KOUAME

CORRESPONDANT

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Diomande  Moussa, Spécialiste en transformation digitale: « L’e-paiement est en progression et permet la création de nouveaux métiers »

L’on remarque qu’avec le développement du commerce électronique, les moyens de paiement en ligne se diversifient. Pouvez-vous nous citer et expliquer quelques-uns ?

La plupart des e-commerçants utilisent des Psp (Payment service provider) comme : Atos origin ? Paypal, Payzen, limontik, etc. Les solutions de paiements pour le e-commerce sont généralement le Bitcoin, les cartes bancaires, les monnaies électroniques, les cartes prépayées, le paiement sur facture, crédit, abonnement, cash on delivery (Cod). En termes d’offres, on a : Maestro, Google Wallet, Master card, Secure code, Visa, Verified by Visa, 1 euro.com, American express, CB ,Interpay, etc.

Comment fonctionnent ces moyens de payement en ligne et ceux qui sont les plus utilisés en Côte d’Ivoire ?

 Le système est basé sur l’algorithme, la mathématique, surtout avec le bitcoin. Les flux d’informations sont des flux techniques : Ficher XML, Flux online, Transfert sFTP, Traitement Batch. S’il y’a un problème à une étape, le paiement est rejeté.

C’est à ce moment-là, qu’intervient l’authentification « 3D Secure ». C’est partout la même chose.

Pour le cas spécifique des pays africains, il existe des paiements, des M-Mobiles, des digitales Paiements qui s’appuient sur les mêmes processus que le rechargement électronique des cartes prépayées (codification). Le tout,  protégé par un logiciel de scoring.

L’offre de paiement est une offre en forte évolution qui permet la création de nouveaux métiers par des acteurs non bancaires.

On a : « Bankee », « tunz »,… qui sont de nouveaux entrants, après, vous avez des acteurs de paiements, de la monétique qui peuvent être des filiales, des établissements de crédits, des banques.

Généralement, les PSP prennent entre 0 € et 1500 €  de frais de mis en service.

-Quels sont leurs impacts sur les activités économiques  notamment en Côte d’Ivoire où ce mode de paiement n’est pas encore très développé ?

Nous n’avons pas de statistique officielle dans ce sens en Côte d’Ivoire. Pour être pertinent, l’analyse doit se faire par secteur d’activité : habillement, tourisme, voyage, high-tech, … en s’appuyant par exemple, sur la valeur moyenne des commandes.

En revanche, on peut  dire qu’en Côte d’Ivoire, l’e-voyage et les transferts d’argent électroniques (e-money) connaissent un essor formidable. Cela est  dû à leur praticité.

Cela dit, il faut des entreprises digitales, de nouveaux entrants pour résoudre des problématiques qui pourraient être des niches, des occasions pour créer de la substance, du contenu. Pour cela, il nous faut des écoles de mathématiciens qui vont réfléchir à de nouvelles applications, etc.

-Quels sont les enjeux du paiement en ligne pour l’e-business ?

Les enjeux sont énormes !  L’économie digitale est totalement basée sur la confiance. C’est la partie du processus qui est la plus stressante pour le client, car la sécurité de la transaction (phishing, piratage, broutage, fraude, etc.) reste un enjeu capital pour toutes les parties (clients, site marchand et banque, etc.) Le processus de paiement doit donc valoriser le processus d’achat et non le déprécier, c'est-à-dire, augmenter le taux de transformation et surtout améliorer le panier moyen.

Outre le web, la tendance est d’associer les gadgets à un système de paiement qui va procurer une gratification instantanée (comme commander ou payer une pizza, un taxi, etc.)

Les nouveaux Smartphones qui n’auront pas les composantes Passbook (Portefeuille numérique, pour ranger les tickets et coupons), les touch ID  qui,  en général, sont des outils de reconnaissance biométrique ou même I-beacon, technologie Bluetooth… tomberont en obsolescence avant même leur apparition.

-Pensez- vous que le paiement électronique peut supplanter les autres modes de transaction traditionnelle ?

Aujourd’hui, on assiste à la prééminence de l’offre sur la demande, c'est-à-dire de la production sur la consommation. L’offre est donc débloquée : partout dans le monde. On est dans une logique de changement radical dans  un nouveau monde… Le numérique comme moteur de l’économie du futur. Oui, elle s’imposera à nous ! Nous n’avons pas le choix.

Que préconisez-vous pour un plus grand développement du paiement en ligne en Côte d’Ivoire ?

Il faut une transformation radicale de notre écosystème, chercher à développer une expertise exceptionnelle dans le domaine du digital. Nous devons créer des centres de recherche et convier dans nos universités, les meilleurs cerveaux du monde. Faire de nos entreprises, PME-PMI, des leaders mondiaux du secteur comme aux USA avec Apple et Microsoft qui sont les porte-navires, déguisées en entreprises privées, créer des vedettes des marchés financiers, avoir une vision stratégique…

Cependant les acteurs redoutent encore la cybercriminalité qui menace les transactions. Vos commentaires et suggestions…

 La vitesse à laquelle, les ordres sont passés a toujours été un enjeu fondamental pour ne pas se laisser surprendre par le marché. Les ordres sont exécutés dans les espaces temps invraisemblables, impossible à identifier. Les logiciels n’arrivent pas à suivre toujours.

La cybercommunauté bouge dans un espace qu’elle crée elle-même pour échapper au contrôle des autorités. Un antimonde s’est constitué sur la toile, se donnant pour principe, de ne pas être vu par les moteurs et outils traditionnels. Il s’agit de DARKWEB ou de DEEPWEB. Avec des réseaux parallèles ultra-rapides qui fonctionnent en milliseconde. Seulement avec un clavier, une adresse.

La nouvelle génération a créé une puissance de feu qui ne se revendique d’aucune nationalité. Ces « anonymous » sont des défenseurs de la WEBLIBERTE, qui sont capables de faire sauter en un temps très court, n’importe quelle défense. C’est pour cela qu’elle s’est dégagée de la contrainte politique.

L’affaire Snowden et la crise ukrainienne doivent nous amener à réfléchir davantage sur notre stratégie digitale.

INTERVIEW RÉALISÉE PAR

ALFRED KOUAME

 

Lu 1142 fois Dernière modification le mardi, 27 janvier 2015 18:01