Technologie de réparation artisanale: Des procédés pour remettre en état le système d’éclairage automobile endommagé

dimanche, 30 novembre 2014 08:47

Dans les garages et les « Casse » du District autonome d’Abidjan, des jeunes réparent au quotidien des clignotants, des phares, des feux arrières endommagés à partir des technologies qu’ils ont mises en place.

 

Technologie de réparation artisanale: Des procédés pour remettre en état le système d’éclairage automobile endommagé dans son atelier situé à   Avenue Kaza,  dans la commune d’Abobo Kouassi Mitan s’affairer à réparer des accessoires de véhicules endommagés soit accidentellement soit vieillissant. Ce sont pour la plupart des clignotants, des phares, des réflecteurs, des feux arrière ou des pare-chocs.

Ce début de lundi après- midi,  un jeune homme apparemment presse à cet atelier et explique sa préoccupation.  « Ce matin j’ai eu un accrochage avec un chauffard à Adjamé, il m’a brisé les clignotants  du côté droit de mon véhicule. Je suis là pour que tu me le répares ».

Puis il tend le boitier ou le coffret endommagé au réparateur. Rapidement, un accord est trouvé entre lui et le client au niveau du prix. C’est 1500 francs. Après quoi, un rendez-vous est fixé le même jour vers 18 heures pour le retrait de la pièce réparée. C’est cette habitude qui rime la vie de cet artisan.

Dans son atelier, Kouassi Mitan dispose d’un genre de haut fourneau qu’il a lui-même confectionné. « C’est un matériel essentiel, car il sert à chauffer des barres de fer à plus de 1000 degrés Celsius. Ces barres de fer  chauffées sont comme des lames,  que j’utilise pour découper les plastiques durs », explique-t-il.

On dénombre 6 barres  de fer de différentes longueurs au feu.  Le haut fourneau est fabriqué à partir d’une gente en métal  de gros camion. Il est surmonté d’un trépied d’environ 50 cm de haut sur cm d’épaisseur. Ces trois supports sont solidement fixés au sol.

La partir supérieure de la gente fixée est remplie de sable qui a la propriété selon, l’artisan de réguler la température. Puis tout le système est légèrement recouvert  par le carbure. « Cette matière, poursuit Kouassi,  permet aussi de conserver la chaleur et de régler les problèmes d’étanchéité. De plus,  en cas de défaillance du système on peut facilement le démonter pour reprendre contrairement au ciment.»

Un orifice de quelque centimètre carré est entrouvert au niveau du carbure solidifié. Ce canal contient du charbon de bois utilisé pour le chauffage de tout le système.  Un tuyau d’environ deux mètres relie le haut fourneau à une sorte de pompe mécanique.

Une fois activée, cette pompe  produit du vent pour aviver le charbon de bois allumé. Comme une forge, cette pompe est régulièrement maniée par un autre artisan du nom de Koffi Gôh. Ces deux coéquipiers travaillent, selon eux ensemble depuis plus de 7 ans dans cet atelier. « Mon rôle est de réguler la quantité du feu. Je dois veiller à ce qu’il y ait  toujours la source d’énergie dans le haut fourneau », commente cet artisan.

Pour réparer le clignotant qu’il a reçu, l’artisan prend d’abord les mesures sur le bloc endommagé. La matière première utilisée est le caoutchouc solide. Il existe généralement trois couleurs  de cette matière qui est  travaillée en fonction de la couleur de la pièce originale à adapter.

Ce sont le  jaune, le blanc et le rouge. Après la prise de dimensions, il découpe le caoutchouc jaune à l’aide des barres d’une barre de fer retirée du haut fourneau. « Nous avons les échantillons des pièces de toutes les voitures les plus populaires.  Donc sur présentation du bloc de clignotant nous connaissons  la nature du problème. Ici, il s’agit d’une Toyota E100. Je vais donc  fabriquer lame même chose sur ce support », révèle le réparateur.  

Pendant qu’il travaillait, un chauffeur de minicar arrive pour faire une commande. Cette fois, il lui donne le feu arrière d’un véhicule communément appelé « Masa » dont le feu de position a été perforé à l’issu d’un accident de la circulation. Après s’être mis d’accord sur les conditions de la prestation, l’artisan a demandé au client de patienter une trentaine de minutes pour retirer sa commande.

« Vous êtes témoins, pour cette défaillance, on ne peut pas vous demander d’acheter un nouveau bloc de feu arrière.  Cette pièce coûte chère. Elle n’est pas hors d’usage. Nous allons tout simplement fermer l’orifice créé par le choc en utilisant la même technologie », dit-il.

Avec différentes barres de fer chauffées, l’artisan reproduit exactement le design de la pièce originale sur le matériel adapté. Ce sont des figurines obtenues à partir de plusieurs droites perpendiculaires les unes aux autres. Une fois le design « photocopié » la dernière étape de la fabrication consiste en la mise en forme.

Pour le faire, l’artisan fait chauffer  légèrement ce plastique solide en vue de le rendre plus souple et malléable. Puis, il le dépose à nouveau sur le bloc de clignotant pour le redimensionner et fixer à l’aide de vis.

A la finition, il est difficile de distinguer à l’œil nu,  la photocopie de l’original.

Dans presque tous les ateliers faisant les mêmes travaux, c’est le même procédé qui est utilisé pour réparer les phares, les feux et réflecteurs des véhicules. A la Casse d’Adjamé, d’Abobo et Yopougon, beaucoup de ferrailleurs se sont spécialisés dans ce domaine.

Et les clients ne manquent pas. « Les phares, les feux, les clignotants constituent les pièces les plus vulnérables au niveau des véhicules. Au moindre choc, ce sont les premières pièces à être endommager.

En outre, le dispositif d’éclairage étant indispensable, les automobilistes préfèrent le faire réparer immédiatement avant d’autre course. Par ailleurs, pendant les embouteillages, il y a de nombreux accrochages c’est pourquoi,  nos ateliers ne désemplissent pas », explique Salif Camara, réparateur à la Casse d’Abobo.

 C’est le lieu de préciser que selon les techniciens auto, les feux constituent avec les optiques une partie importante d’éclairage d’un véhicule. On a par exemple les feux de croisement, les feux  de route, les feux de position, les feux stop, les clignotants. Ces différents feux doivent assurer de bien voir la route et en même temps assurer au véhicule d’être repéré par les autres usagers.

De fait, souligne les techniciens, l’éclairage automobile a deux fonctions essentielles : à savoir, l’éclairage de la route lors de la conduite de nuit et la signalisation aux autres usagers de la route. Celle-ci devant indiquer la position, le sens de déplacement, les intentions d’arrêt, le freinage…

Pour cela le véhicule doit disposer de feux  de route ou phares pour éclairer la route. Ces accessoires sont de couleur blanche et situés à l’avant. Il y a aussi les feux stop pour signaler un appui sur la pédale de frein. Ils sont au nombre de trois, tous  rouges et situés à l’arrière.  

Les feux de recul pour signaler le recul du véhicule (deux à l’arrière de couleur blanche). Les feux clignotants pour indiquer les changements de direction de l’automobile (deux à l’avant, deux à l’arrière, à gauche et à droite).

Sans oublier les feux de détresse pour signaler un danger particulier (automobile arrêté anormalement ou circulant à vitesse anormale, détection de panne subite…), etc. les feux d’arrêt, les feux de positions et les feux de direction sont installés séparément dans un bloc intégrant les trois fonctions.

Utilisant la même technologie, les calandres (grille, le plus souvent métallique et décorative, fixée devant le radiateur d'une voiture) et les pare-chocs sont aussi réparés dans ces ateliers.

Le parechoc  est  chacune des protections extérieures placées à l'avant et à l'arrière (d'un véhicule) et destinées à amortir les chocs. Comme son nom l’indique, cette pièce reçoit beaucoup de chocs et  est  donc souvent endommagée.

Les artisans font également  des réparations sur le pare choc pour lui donner un nouveau visage en utilisant  le procédé de chauffage et de collage de matériaux en plastique et parviennent à satisfaire leur clientèle. 

Lorsqu’une partie de cette pièce est totalement abimées ils la remplacent par un autre qu’il colle sur l’ancienne pièce en bon état. Toutefois, ils prennent soin de trouver la matière identique à l’originale avant de procéder au collage.

Le procédé de suture  est parfois utiliser pour raccorder des éléments fissurés à l’issu d’un accrochage. Après les sutures, ils utilisent ensuite un peu de mastic (pâte collante durcissant au contact de l'air et utilisée comme joint ou pour boucher des trous). A la demande du client une couche de peinture est passée sur le parechoc endommagé pour le relooker.

A les entendre, ces activités permettent à ces jeunes gens de trouver leur gagne-pain pour subvenir à leurs propres besoins ainsi qu’à ceux de leurs familles. « Lorsque ça marche on peut avoir des bénéfices de 5000 à 7000 Fcfa par jour », révèlent les artisans.

Cependant comme tout travail, il y a quelques risques. « Souvent, les clients viennent avec de nouveaux phares que nous devons installer sur le bloc. En le faisant il arrive que le phare se brise.

Et quand le client  revient, il demande de payer sa pièce. Pour une main-d’œuvre de 1000 f, on est obligé de rembourser 7000 francs. C’est une grande perte »,  indique Kouassi Mitan.

ALFRED KOUAME

Correspondant

 

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