Permis de conduire: Une entreprise propose des solutions numériques pour sécuriser les examens

mercredi, 08 avril 2015 19:52
Permis de conduire: Une entreprise propose des solutions numériques pour  sécuriser les examens Permis de conduire: Une entreprise propose des solutions numériques pour sécuriser les examens Crédits: DR

Selon l’Organisation mondiale de la santé (Oms), les accidents de la route sont évalués, chaque année à 1,2 million de personnes victimes dans le monde et font entre 20 et 50 millions de blessés ou de handicapés pour l’année 2013.

Permis de conduire: Une entreprise propose des solutions numériques pour  sécuriser les examens

L’appel de Bruno Nabagnè koné, ministre ivoirien de la Poste et des Technologies de l’information et de la communication, aux jeunes férus de technologies en septembre 2014,  pour les exhorter à s’investir davantage dans le domaine des Tic semblent être entendu. Il a déclaré lors de la cérémonie de lancement officiel de la tablette Qelasy, que la révolution numérique est en cours en Côte d’Ivoire.

«  Les secteurs comme ceux de la santé, de l’éducation, de l’agriculture, du transport, de la justice… sont demandeurs de solutions. N’attendez pas que nous fassions appel à des compétences extérieures pour ensuite nous le reprocher. Venez pendre le train de la révolution pendant qu’il est en gare », avait lancé le ministre.

S’appropriant cet appel, une équipe de jeunes ivoiriens vient de mettre au point des solutions numériques non seulement pour crédibiliser les examens du code de la route, mais aussi et surtout pour sécuriser et valoriser le permis de conduire en Côte d’Ivoire.

« Vous savez que les accidents de la route s’expliquent par plusieurs facteurs. Notre technologie mise au point vise à réduire les causes humaines de ces accidents », explique Gon Laurent dg de Sonec Africa. Selon lui, cette technologique dénommée Siraba (grande route en langue Malinké), une solution de gestion dématérialisée de l’examen du code de la route en Afrique.

En effet, le promoteur fait observer depuis plusieurs années, de nombreux accidents enregistrés sur les routes en Afrique ont pour causes essentielles les facteurs liés aux conducteurs ; à savoir l’imprudence des conducteurs et la méconnaissance du code de la route.

« Cette situation remet fortement en cause la crédibilité des examens pour l’obtention du permis de conduire dans nos pays africains. C’est pour pallier cette insuffisance que Sonec Africa vient à travers « Siraba », permettre la gestion dématérialisée et sécurisée de la passation de l’examen du code de la route », soutient le promoteur.

Par ailleurs, les chiffres officiels publiés par le gouvernement, les organisations internationales de la santé ainsi que les structures en charge des transports sur les accidents de la circulation routière en côte d’Ivoire sont édifiants.

En effet,  selon l’Organisation mondiale de la santé (Oms), les accidents de la route sont évalués, chaque année à 1,2 million de personnes victimes dans le monde et font entre 20 et 50 millions de blessés ou de handicapés pour l’année 2013.  En côte d’Ivoire,  6000 accidents de la route sont enregistrés par an, avec 600 personnes tuées, et 11 000 autres blessés, soit 40% de piétons dont 50% d’enfants. L’année d’avant,  l’Office de sécurité routière (Oser) avait enregistré 7375 accidents de la circulation avec 448 personnes tuées en Côte d’Ivoire.

Pour cette même année le conseil des ministres du 30 décembre 2013 avait également tiré la sonnette d’alarme en indiquant que les accidents de la circulation sont en hausse de 49% et que le taux de personnes tuées sur les routes a augmenté de 28%. Le gouvernement a même identifié les facteurs de ces accidents qui sont essentiellement humains.

Entre autres, le mauvais comportement des automobilistes au volant de leurs véhicules, le non-respect du code de la route, des feux tricolores, des panneaux de signalisation, la notion de priorité à droite, le sens giratoire obligatoire, les balises de céder le passage, l’absence de courtoisie, les excès de vitesse, la non maitrise du code de la route, le téléphone mobile au volant, les dépassements dangereux, les mauvais stationnements, la consommation exagérée de l’alcool et autres stupéfiants des automobilistes. À ces causes,  il faut ajouter le comportement et  l’état mental du conducteur (agressivité, nervosité, imprudence, intolérance…)

Au total les facteurs de l’augmentation du taux de l’accident en côte d’Ivoire sont d’ordre humain, technique et environnemental.

Cette technologie a été officiellement présentée au public en décembre 2014 dans un hôtel d’Abidjan-Plateau.  On peut noter que  l’invention est une plate-forme de gestion dématérialisée de tout le processus de l’examen du code de la route. Cette plate-forme fonctionne sous forme de Software as a server (Saas).

Selon les  informaticiens, le logiciel de service est un modèle d’exploitation commerciale des logiciels dans lequel ceux-ci sont installés sur des serveurs distants plutôt que sur la machine de l’utilisateur.

Ainsi, cette technologie en tant que service est la livraison conjointe de moyens, de service et d’expertise qui permettent aux entreprises d’externaliser intégralement leur système d’information ( message, sécurité…) et de l’assimiler à un cout de fonctionnement plutôt qu’ à un investissement.

Cette plate-forme comprend deux modules. Le module administration est celui dans lequel se fait toute la configuration des utilisateurs et des examens. Il permet de créer les différents niveaux d’utilisateurs avec leurs droits respectifs et aussi de définir les règles de l’évaluation.

Pour y parvenir, il est créé  dans le module administration, les différents  profils utilisateurs, le paramétrage des centres de passation des examens, le paramétrage des caractéristiques des questions et du barème des évaluations. Par ailleurs, le choix du mode de passation (automatique, semi-automatique, prédéfini) est identifié par ce système.

Un autre aspect très important de de cette technologie est le choix des langues dans lesquelles le candidat souhaite être interrogé. Par exemple, pour le moment le Français, le Malinké, le Baoulé, le Bété, l’Agni et le Wolof sont intégrés dans le système de gestion.  «  Nous avons pris en compte les personnes qui ne savent ni lire ni écrire.

En Côte d’Ivoire, le taux d’analphabétisme étant élevé, surtout au niveau du secteur des transports, il faut en tenir compte dans de tels projets », précise  Gnon Laurent. Après l’examen, le mode d’impression des résultats est défini par les personnes qui ont en charge la supervision de ces examens.

Les données peuvent ensuite être automatiquement archivées et constituent une base de données statistique sur les questions posées, les résultats, les auto-écoles, la ville…

Au niveau du module passation, il faut noter que c’est l’étape décisive de l’examen. L’évaluation se fait sur un ordinateur à écran tactile sur lequel est paramétré le module de passation. Lorsque l’appareil est mis sous tension la page d’accueil affiche ce qui suit : Siraba : passation examen de code.

Il est ensuite demandé au candidat d’entrer son numéro de dossier et de choisir la langue pour démarrer l’examen. Deux champs lui sont proposés à cet effet qu’il doit renseigner (numéro du dossier et langues) puis cliquer sur connexion pour démarrer. Une fois le candidat identifié, l’évaluation commence. Les questions défilent sous formes de questions à choix multiples (Qcm) en fonction  des propriétés définies dans le module administration.

L’ordre de défilement de ces consignes est unique pour chaque candidat dans la salle de composition. Celui-ci dispose d’un timing pour répondre à chaque question. De plus,  l’ordre de défilement des questions est aléatoire pour chaque candidat. On note aussi que la fonction audio est intégrée aux questions.

De ce fait, le candidat peut (ré) écouter la question autant de fois qu’il veut, dans la langue choisie (dans le temps qui lui est imparti). Ensuite, il répond aux questions en cochant les réponses jutes avec le doit ou la souris de l’ordinateur. Lorsqu’il a fini de composer, la note et le résultat de l’examen s’affichent sur l’écran du candidat. Ces données sont directement enregistrées.

« La solution Siraba présente des avantages énormes pour la modernisation et la sécurisation de l’examen de la route. De fait,  il est désormais impossible pour un examinateur ou tout autre acteur d’influencer les résultats. Vous savez qu’il est souvent reproché, à tort ou à raison à certains examinateurs de favoriser des candidats pendant la composition. Ces pratiques entachent ces examens », souligne le promoteur du projet.

En outre,  les autres avantages de cette technologie sont, l’impossibilité pour un candidat ou tout autre acteur de connaitre d’avance les sujets de la composition, la lutte contre la fraude et la tricherie lors du déroulement des épreuves. L’automatisation de tout le processus qui annule toute intervention humaine, l’impossibilité de modifier les résultats de l’examen.

Et surtout la possibilité pour les candidats analphabètes ou peu instruits de composer aisément grâce à la fonction audio intégrée et à la fonction tactile de l’écran de l’ordinateur. Enfin, cet examen est devenu « démocratique » par l’introduction des langues ivoiriennes  dans cet examen.

« Siraba est une application développée par des jeunes africains pour des solutions aux problèmes de l’Afrique. La sécurité routière fait partie des préoccupations des gouvernements africains », a ajouté Gnon Laurent.

ALFRED KOUAME

CORRESPONDANT

 

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