Matières premières agricoles: Cap sur les potentialités technologiques de transformation

Matières premières agricoles: Cap sur les potentialités technologiques de transformation

mercredi, 29 octobre 2014 18:38

Les statistiques disponibles au Centre de démonstration et de promotion  de technologies (Cdt) indiquent que la Côte d’Ivoire produit annuellement environs 450.000 tonnes de noix de cajou et  se classe première en Afrique. 

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Matières premières agricoles: Cap sur les potentialités technologiques  de transformation

La transformation des ressources agricoles locales continuent d’être une préoccupation des décideurs ivoiriens.  Des innovations sont mises en œuvre au Centre de démonstration et de promotion de technologies (Cdt) pour relever le niveau de la Côte d’Ivoire.

Les statistiques disponibles au Centre de démonstration et de promotionde technologies (Cdt) indiquent que la Côte d’Ivoire produit annuellement environs 450.000 tonnes de noix de cajou et  se classe première en Afrique. 

Au niveau mondial, ce pays occupe  la 2e place,  derrière l’Inde. Malgré cette opportunité, le taux de transformation de cette matière première reste faible, soit seulement 5%.

D’autres chiffres sur toutes les autres matières premières sont peu reluisants en ce qui concerne le taux transformation. On peut, par exemple citer, entre autres,  le cacao et le café avec respectivement 35% et 2%  de produit transformé localement. Cela prouve que la côte d’Ivoire doit faire beaucoup d’effort dans ce sens pour rattraper son retard.

Cette question préoccupe les autorités au point qu’elles ont fixé comme objectif à atteindre un taux de transformation de matière première à 50% d’ici à 2020 dans la perspective de l’émergence de la Côte d’Ivoire. Etant donné qu’aujourd’hui, le niveau de transformation technologique des matières premières fait partie des indicateurs de développement des pays.

 Pour atteindre ces objectif l’Etat a mis en place en 2007 le Cdt qui pour mission essentielle, comme indique son nom de vulgariser le savoir-faire de la Côte d’Ivoire dans ce domaine. Selon Méité Adama, Dg du Cdt, La Côte d’Ivoire étant un pays agricole, il faut  tendre progressivement vers la transformation de nos matières premières.

Cette option à non seulement l’avantage de résoudre à la fois la conquête des marchés extérieurs, l’épineux problème de la conservation des produits et surtout leur disponibilité en tout lieu en toute saison de certains produits périssables et saisonniers. 

L’autre avantage considérable de ce centre est qu’il peut également aider la Côte d’Ivoire à résorber la question d’emploi des jeunes et femmes. « Le centre est une solution  à l’auto emploi. Nous interpellons les chômeurs, l’Etat et les structures privées et même les ex-combattants pour leur réinsertion. Il existe des possibilités de faire des jeunes, des propriétaires d’unités de transformation et de production. Il faut que la jeunesse s’engage à temps. C’est pourquoi nous travaillons ici avec l’Association des jeunes inventeurs de Côte d’Ivoire », Révèle-t-il.

Des chercheurs qui trouvent…

Il existe de réelles potentialités technologiques ivoiriennes surtout dans le domaine de l’agroalimentaire. En effet,  on y trouve des machines pour la transformation des fruits et légumes, des installations pour la fabrication de cordes à base de fibre naturelle, des machines d’ingénierie légère à outillage, des installations de conservation et de stockage de matière premières et produits finis agroalimentaires, des machines pour la transformation de déchets agricoles ( coque d’arachide, noix de coco, paille de rie paddy,  résidus de canne à sucre …) en combustible, un mini moulin de riz…

Il convient de rappeler que ce centre offre divers services. Notamment la démonstration et la promotion de technologies ( transferts de technologies, résultats de recherche technologique des centres technologiques, locaux et inventeurs), un programme de sensibilisation et de formation à l’auto emploi, la transformation de matières agricoles en produits à haute valeur ajoutée, l’assistance au démarrage d’affaires ( incubateur d’entreprises) , assistance et conseil technique spécifique (mécanisation agricole, ingénierie de transformation des matières premières agricoles), formation technique d’accompagnement, aide à la recherche du financement.

Un groupe d’inventeur a mis au point une unité de fabrication de cordes à base de fibres naturelles. La première machine sert à faire de l’extraction de fibres de matière premières. Une autre élimine des déchets des brins de fibres issus de la première étape du processus.

Au cours du processus de traitement il raffine les fils bruts. Le produit obtenu est transféré sur un autre appareil pour obtenir des cordes dont l’assemblage est utilisé dans les travaux de plomberie. Une autre unité est la solution toute trouvée pour la conservation de certains produits périssables.  

Il s’agit de la chaine de transformation de fruits et légumes. On peut observer l’extracteur manuel de jus sur chariot. Il sert à extraire le jus des agrumes, de l’ananas…pour les fruits à pulpe (mangue, passion, papaye…), on utilise  l’extracteur de pulpe. Dans cette production, l’évaporateur et le cuve à double parois et la chaudière sont tout aussi importants. Ces machines unitaires constituent un tout semi-automatique cohérent qui permet de produire du jus naturel.

En outre, des chercheurs ont inventé un procédé qui permet de recycler les déchets plastiques. C’est une machine muni d’un moteur électrique. Elle a la particularité de broyer les plastiques solides introduit dans le bac de réception.

Le broyat obtenu est utilisé pour la fabrication d’objets en plastique comme les récipients, les ustensiles de cuisines, des jouets… Les auteurs de cette invention soulignent que leur découverte va apporter une réponse à la gestion des déchets en plastique étant donné que désormais, tous les déchets en plastiques seront recyclés dans ce centre pour être réutilisé.

Adapter l’expertise et la technologie indienne

L’Etat a commencé par la  Société ivoirienne de technologies tropicales (I2t) depuis une trentaine d’années. Elle a fait des recherches. Il fallait une structure pour servir d’interface entre les utilisateurs et produit issu de la recherche de l’I2t.

Cette interface est le Cdt qui a été donc mis en place par l’Etat de côte d’Ivoire en collaboration avec l’Inde qui, dans le cadre du transfert d’un certain nombre de technologies a donc souhaité un centre d’exposition de démonstration et de promotion de ces technologies. Une chose est de concevoir ces technologies, et l’autre est de les rendre accessible en termes d’information aux utilisateurs.

Donc,  l’une des missions essentielles dans le cadre de cette coopération est de permettre à la Côte d’Ivoire de bénéficier de l’expertise de l’inde tout en l’adaptant aux réalités ivoiriennes.

Pour le Dg du Cdt, Il s’agit de faire autrement le champ à travers les innovations technologiques ( production et transformation) pour atténuer la pénibilité les travaux , accroitre les ressources et transformer la production en lui apportant une valeur ajoutée.

Par ailleurs, il y a des équipementiers locaux, des artisans qui sont également disposés  à reproduire et adapter les technologies importées de l’Inde de sorte à domestiquer cette expertise.

Ainsi, à partir des technologies disponible au Cdt, ces équipementiers arrivent à les adapter et les dupliquer si bien que la direction n’est plus obligée de passer des commandes de l’Inde.

le Cdt a pour mission, entre autre, de susciter et stimuler la création de petites entreprises dans le secteur de l’agro-industrie, renforcer les capacités technologiques de la Côte d’Ivoire par le transfert de technologies déjà prouvées, valoriser et vulgariser les résultats de la recherche technologique obtenus par le Société ivoirienne de technologie tropicale ( I2t).

Après l’inauguration de  centre en janvier 2009, les activités commerciales et marketing ont visé particulièrement les collectivités locales, le secteur industriel et certaines organisations professionnelles agricoles (Opa).

C’est pour qu’il le Cdt a entrepris des démarches pour établir des partenariats avec des établissements financiers et des fonds constitués pour le soutien à l’entreprenariat national. C’est dans cette option que le centre a signé deux conventions, l’une avec la Banque régionale de la solidarité en 2010 et l’autre avec la Fonds national de solidarité en 2011, afin de faciliter l’accès au financement des projets.

Une ligne complète de transformation de noix de cajou

Dans le cadre de la coopération entre la Côte d’Ivoire et l’Inde, le Cdt a obtenu de ce pays  la mise à la disposition de la ligne de transformation des noix de cajou brutes.  En effet, Best engineering technologies (Bet), entreprise indienne spécialisée dans les énergies renouvelables (agroalimentaires, huiles essentielles…) va équiper le Cdt, notamment la ligne de transformation de la noix de cajou, l’acquisition de décortiqueurs manuels et automatiques de noix de cajou,  et d’autres machines diverses utilisées dans cette technologie auxquelles il faut ajouter des équipements de laboratoire du Cdt. 

Cet accord a été conclu en janvier dernier à la faveur d’une mission que les responsables du Cdt on effectuée dans ce pays. Les autres retombées de cette visite portent sur  l’augmentation considérable des partenaires potentiels du Cdt en termes de fournisseurs et d’acheteurs d’anacarde.

Toutes choses qui font dire à Méité Adama que l’accès aux technologies et innovations reste un apanage du Cdt. Et Bet, le partenaire, se pose dans ce sens comme l’une des portes ouvertes sur les technologies indiennes. L’acquisition de cette unité  va augmenter la capacité de transformation de la Côte d’Ivoire dans cette matière première.

ALFRED KOUAME

Correspondant

 

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