Jachère: Les légumes nourrissent aussi…le sol

jeudi, 12 mars 2015 11:16
Jachère: Les légumes nourrissent aussi…le sol Jachère: Les légumes nourrissent aussi…le sol Crédits: DR

Les résultats concernent également la domestication des espèces arborées spontanées alimentaires menacées de disparition par la réduction de la jachère. C’est le cas d’Irvinga gabonensis, connu en Côte d’ Ivoire sous l’appellation de kplé, «odik» ou manguier sauvage en Afrique centrale.

Jachère: Les légumes nourrissent aussi…le sol

Face à la réduction drastique des surfaces cultivables fertiles en Côte d’Ivoire, le Centre national de recherche agronomique (Cnra) vient de développer des techniques d’amélioration des jachères. Cette pratique permet d’avoir des rendements aussi intéressants que ceux obtenus avec les apports d’engrais chimiques.

En zone de forêt, une culture de légumineuses permet d’améliorer la fertilité des sols appauvris et inaptes à l’agriculture. «La décomposition  de la litière produite par les feuilles et tiges de légumineuses, c’est-à-dire des plantes à gousses, par rapport à la matière organique, améliore la fertilité du sol», souligne le document.

En clair, tout se passe comme si, après avoir tiré du sol des nutriments nécessaires à sa croissance, les légumineuses nourrissaient à leur tour la terre. Les chercheurs ont aussi élaboré des techniques de mise en place d’une culture pérenne (café, cacao) ou  d’une culture annuelle (igname) associées à la jachère, ou lui succédant.

Les résultats concernent également la domestication des espèces arborées spontanées alimentaires menacées de disparition par la réduction de la jachère. C’est le cas d’Irvinga gabonensis, connu en Côte d’ Ivoire sous l’appellation de kplé, «odik» ou manguier sauvage en Afrique centrale.

Dans l’art culinaire de chacune de ces aires culturelles, les amandes de cette plante servent à la préparation de sauces très prisées.

C’est le cas également de Ricinodendron heudelotii. Une plante dont les graines sont consommées en sauce par les populations ivoiriennes, et que les ménagères connaissent sous les vocables de Akpi ou kôh.

Ces essais montrent que ces espèces peuvent être cultivées, ou seules ou en association avec d’autres cultures. Le «Ficus exasperata», est une plante qui rentre dans la production de fourrage pour petits ruminants. Ce ficus permet de combler le déficit en herbes pendant la saison sèche.

Les études réalisées par les chercheurs du Centre national de recherche agronomique ont mis au point une technique de plantation de cette espèce. Quant à l’utilisation de la pueraria phaseolides (arbuste fourragé) comme engrais vert, il permet d’avoir une culture continue de maïs. Ce système de culture assure, selon les chercheurs du Cnra, un rendement comparable à celui obtenu avec l’apport d’engrais chimique.

En zone de savane, l’Acacia de l’espèce «auriculiformis » a été retenue pour la création des jachères à cause de son attitude à restaurer rapidement la fertilité des  sols et à éliminer les mauvaises herbes nuisibles aux cultures, tout en fournissant du bois de chauffe.

Pour résoudre les problèmes entre agriculteurs et éleveurs le projet jachère a développé les haies vives défensives qui protègent les aires cultivées des animaux en divagation.
Les haies à base de ziziphus mucronata (des espèces utilisées comme bois d'énergie, de poteau et brise vent) ont été mis au point et largement diffusées auprès des paysans en remplacement de la lime mexicaine et des fils de fer barbelés.

Arsène Kanga
(Correspondant régional)


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