FdD3 : 11.000 personnes ont assisté à la rencontre

FdD3 : 11.000 personnes ont assisté à la rencontre

vendredi, 21 août 2015 10:51
Les infrastructures sont nécessaire pour le développement de l'Afrique Les infrastructures sont nécessaire pour le développement de l'Afrique Crédits: DR

La troisième Conférence internationale sur le financement du développement (FdD3) a eu lieu à Addis-Abeba, Ethiopie, du 13 au 16 juillet 2015. Ont assisté à la conférence, plus de 11.000 personnes, dont 18 chefs d’État et de gouvernement, des ministres et autres représentants de gouvernements, d’institutions des Nations Unies et d’organisations non-gouvernementales, et plus de 400 représentants des médias.

C’est le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, qui a ouvert la troisième Conférence internationale sur le financement du développement, le lundi 13 juillet, et a décrit son mandat.

Hailemariam Desalegn, Premier ministre éthiopien, a été élu Président de la Conférence par acclamation. Il a appelé à un partenariat mondial nouveau et universel entre les êtres humains, les entreprises et la société civile. Retraçant la manière dont le financement du développement a fondamentalement changé depuis le Consensus de Monterrey, Desalegn a déclaré que la FdD3 pourrait mettre un point final au statu quo.

Le Secrétaire général Ban a appelé à un cadre de financement ambitieux et universellement inclusif pour la réalisation des objectifs de développement durable (ODD), soulignant la nécessité: d’un contrat social pour une meilleure protection sociale; d’un train de mesures en faveur des pays les moins avancés (PMA), englobant un engagement d’augmenter l’APD; d’un mécanisme de facilitation de la technologie (MFT); de la parité hommes-femmes; et d’une protection et préservation de la planète et des ressources naturelles.

Le Président de l’AGNU, Sam Kutesa, a mis l’accent sur le besoin: de générer une augmentation des ressources nationales; d’un financement public international; de combler les lacunes dans le domaine de l’infrastructure; d’accroître la participation et la contribution du secteur privé au nouveau programme de développement; de créer des environnements favorables; et d’un cadre efficace, inclusif et participatif, pour le suivi et l’évaluation.

Jim Yong Kim, président du Groupe de la Banque mondiale, a annoncé l’intention des banques multilatérales de développement de fournir plus de 400 milliards de dollars de financement de 2016 à 2018; et le lancement d’un nouveau mécanisme de financement pour l’initiative en faveur de « Chaque femme, chaque enfant », et d’un dispositif de mise aux enchères pour les émissions de méthane.

Signalant que les avantages du commerce international n’ont toujours pas atteint certains parmi les plus pauvres et les plus vulnérables, Roberto Azevedo, Directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), a parlé de la façon dont l’OMC soutient le financement du développement, y compris à travers son aide à l’initiative commerciale et son soutien aux programmes de facilitation du financement du commerce.

Min Zhu, Directeur général adjoint du Fonds monétaire international (FMI), a déclaré que le FMI entend élargir l’accès aux facilités de financement concessionnel, accorder des financements concessionnels aux pays les plus pauvres, et maintenir un taux d’intérêt nul, à long terme, pour les pays fragiles touchés par des catastrophes.

Nkosazana Dlamini-Zuma, Président de la Commission de l’Union africaine (UA), a déclaré que la vision de l’UA pour le développement de l’Afrique privilégie l’investissement dans l’être humain, et que le continent a besoin d’une « révolution en matière de compétences ».

Organisation des travaux: Les délégués ont adopté le règlement intérieur (A/CONF.227/2), ainsi que l’ordre du jour et autres questions d’organisation (A/CONF.227/1). Ils ont élu 25 vice-présidents au Bureau. Sofian Ahmed, ministre des Finances de l’Ethiopie, a été élu vice-président d’office, issu du pays d’accueil de la réunion.

Les délégués ont décidé d’établir une Grande commission pour examiner le document final, avec Tedros Adhanom, ministre éthiopien des Affaires étrangères, comme président.

Neuf pays ont été élus au Comité de vérification des pouvoirs: le Bangladesh, le Brésil, la Chine, le Danemark, la Jamaïque, la Namibie, la Fédération de Russie, le Sénégal et les Etats-Unis.

Les déclarations générales: Dans le débat général qui a suivi, Thomas Boni Yayi, Président du Bénin, a souligné la nécessité de lutter contre le changement climatique à travers le transfert de technologie.

Macky Sall, Président du Sénégal, a appelé à l’amélioration des conditions de la dette, et a souligné la nécessité d’intensifier l’aide au développement.

David Granger, Président de la Guyane, s’est félicité de l’importance du projet de document final de la FdD3 pour, entre autres: le comblement du fossé en matière d’infrastructure; le renforcement de la Commission d’experts de l’ONU sur la coopération dans le domaine fiscal; et le processus de suivi de la FdD3.

Uhuru Kenyatta, Président du Kenya, a appelé à une concrétisation opportune et adéquate des engagements pris dans le cadre de l’APD; à un mécanisme de suivi pour la FdD3; et au traitement des questions de composition et de fonctionnalité de la Commission d’experts de l’ONU sur la coopération dans le domaine fiscal.

Ellen Johnson Sirleaf, Présidente du Libéria, a souligné la nécessité d’aller au-delà des « vieilles visions » de l’aide, et a appelé à des solutions gagnantes pour tous, en reconnaissant la contribution de tous les acteurs au développement durable.

Hassan Sheikh Mahamud, Président de la Somalie, a appelé à une solution globale à la gouvernance financière pour éviter les contraintes qui empêchent les envois de fonds d’atteindre les gens.

 

Hage Geingob, Président de la Namibie, a souligné les défis découlant de la classification de la Namibie comme pays à revenu intermédiaire supérieur (RMS) et a appelé à l’élargissement des financements concessionnels, y compris des dons, aux pays à revenu intermédiaire supérieur.

LA PLENIERE

Des chefs d’Etat et de gouvernement, des ministres et chefs de délégation ont fait des déclarations, en plénière, tout au long de la Conférence.

Jeudi 16 juillet, Mohamed Diare, ministre d’État, et de l’Economie et des Finances de la Guinée, et Henri Yav Muland, ministre des Finances de la République démocratique du Congo, ont tous deux souligné la nécessité de mobiliser des ressources nationales, complétées par des investissements directs étrangers (IDE) et des transferts de fonds, pour compenser l’insuffisance de l’APD. Degol Mendes, secrétaire d’État à la planification, Guinée-Bissau, a déclaré que la biodiversité est au cœur de la nouvelle stratégie de développement de son pays et qu’elle sera le fondement de l’écotourisme. Mohamed Jaleel, conseiller principal auprès du ministre des Finances et du Trésor, Maldives; Aisake Eke Valu, ministre des Finances et de la Planification nationale, Tonga; et Jonathan Kings, Secrétaire adjoint du développement international, Nouvelle-Zélande, ont souligné que les petits Etats insulaires en développement (PEID) constituent, en matière de développement un cas particulier ayant des besoins tout aussi particuliers en matière de financement.

Taj Haider, sénateur et chef de la délégation, Pakistan, a déclaré que les intérêts des Etats économiquement puissants ont « prévalu une fois de plus » dans le résultat de la FdD3. Enrique Loedel, directeur général adjoint chargé des affaires politiques, Uruguay, a déclaré qu’il est important « d’augmenter » les synergies entre les processus multilatéraux simultanés et de s’assurer de la prise en compte du principe de RCMD.

Adrián Roberto Nador, sous-secrétaire pour les négociations économiques internationales, Argentine, a souligné la nécessité de lutter contre les activités « prédatrices et anti-systémique » par ce qu’on appelle des « fonds vautours » qui ciblent les pays endettés vulnérables. Ewen McDonald, secrétaire adjoint, ministère des Affaires étrangères et du Commerce, Australie, a souligné le lancement de l’Initiative fiscale d’Addis-Abeba et l’importance des apports financiers publics nationaux.

Andreas Mavroyiannis, envoyé ministériel spécial, Chypre, a appelé à l’insertion et à la solidarité dans l’avancement du programme de développement. V. Krishnamoorthy, Sri Lanka, a souligné l’importance du MFT. Jasudasen, représentant spécial du ministre des Affaires étrangères de Singapour, a encouragé l’intensification des efforts de coopération technique.

Gustavo Meza-Cuadra, Pérou, a souligné la nécessité d’un suivi et d’une évaluation efficaces des engagements pris. Habib Abbas, Syrie, a encouragé la lutte contre le terrorisme qui, a-t-il précisé, sape des ressources qui pourraient être utilisées pour le développement durable.

Collin Beck, Îles Salomon, a souligné la nécessité de connecter les populations rurales avec les marchés mondiaux, à travers l’autonomisation technologique, comme l’opérationnalisation de la banque de la technologie pour les PMA, annoncées par la Turquie.

Valerie S. Bruell-Melchior, Monaco, a souligné le rôle du transfert de technologie. Gabriel Constantin Bartas, Roumanie, a déclaré qu’un partenariat mondial fort est la clé de la réussite du programme de développement pour l’après-2015.

Nawaf Salam, Liban, a déploré la crise des réfugiés à laquelle son pays est confronté, et a souligné que le financement du développement peut réduire les vulnérabilités qui conduisent à des conflits. Andrej Logar, Slovénie, a plaidé pour une réforme des droits de vote au sein des institutions financières internationales (IFI) et en particulier, au sein du FMI.

Henry Mac Donald, Suriname, et Alejandro Palma Cerna, Honduras, ont déclaré que le comblement du fossé des inégalités doit être une priorité.

Marcelo E. Scappini Ricciardi, Paraguay, a mis l’accent sur le renforcement des ressources humaines et le renforcement de la compétitivité par le développement des technologies de l’information et de la communication (TIC).

Gonçalo Marques, vice-président, Agence de développement, Portugal, a déclaré qu’un environnement favorable et l’engagement politique sont les moyens d’exécution (ME) les plus importants du programme de développement pour l’après-2015.

Imam Santoso, Indonésie, a souligné la nécessité de renouveler le partenariat mondial. Caleb Otto, Palau, a accueilli avec satisfaction le fait que les vulnérabilités des PMA, des PEID et des Etats fragiles soient rendues dans le document final.

Carlos Marcio Cozendey, Brésil, a affirmé le principe de RCMD et a encouragé une élévation du rang du comité fiscal de l’ONU.

Citant le cas du cyclone Pam, qui a sévèrement réduit le produit intérieur brut (PIB) dans son pays, Odo Tevi, Vanuatu, a souligné les défis que les États vulnérables aux chocs externes se trouvent constamment confrontés, même s’ils dépassent le statut de PMA. Irwin Larocque, Secrétaire général, Communauté des Caraïbes, a souligné les défis auxquels les pays à revenu intermédiaire font face, concernant l’accès à des financements concessionnels.

Martin Kreutner, Académie internationale anti-corruption, a appelé à investir dans l’éducation anti-corruption pour assurer la mise en œuvre effective des ODD. Cécile Leque-Folchini, Organisation internationale de la Francophonie, a souligné la nécessité d’un système financier international qui soit fort et juste.

Cyriaque Sendashonga, Union internationale pour la conservation de la nature, a proposé d’explorer d’autres voies permettant de financer le développement durable, y compris à travers l’élimination des subventions qui sont nocives pour l’environnement. Fuad Albassam, Organisation du Fonds de l’OPEP pour le développement international, a préconisé l’accès à l’énergie pour tous, comme moyen efficace pour parvenir au développement économique et social.

Déodat Maharaj, Secrétariat du Commonwealth, a parlé des risques rencontrés par les petits Etats; du fardeau de la dette des petits Etats; de la gouvernance mondiale inclusive; du financement innovant; et des Jeunes.

Manuel Montes, Centre Sud, a présenté les pièges de la dépendance du système international sur une seule monnaie.

Saleh Sahboun, Ligue des Etats arabes, a mis en exergue la volonté politique; la paix et la sécurité; la fourniture dune APD continue et sans discrimination; et la réforme des institutions économiques et financières.

Aeneas Chuma C, Organisation internationale du Travail (OIT), a souligné les liens entre le programme de l’OIT relatif au Travail décent et le PAAA.

Shamshad Akhtar, Commission économique et sociale des Nations Unies pour l’Asie et le Pacifique (CESAP), a souligné le travail de la Commission dans la fourniture de conseils techniques et l’aide aux pays ayant des besoins particuliers, notamment, les PMA et les PEID.

Amir Abdulla, Programme alimentaire mondial, a salué l’avancée que représente le PAAA dans le financement de l’aide humanitaire et de l’aide au développement. Engida Getachew, Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), a souligné la nécessité d’une science nationale plus robuste, de technologie et de politiques et systèmes d’innovation permettant de promouvoir la croissance durable et l’emploi.

Miriam Maluwa, Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA), a parlé du rapport de l’ONUSIDA « Comment le SIDA a tout changé », qui présente 15 enseignements pour l’approche mondiale en matière de santé, droits humains et développement durable.

Brenda Killen, Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), a attiré l’attention sur « l’aide publique totale en faveur du développement durable » de l’OCDE (APTDD) comme cadre pour catalyser un financement allant au-delà de l’aide. Paul Maseli, Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI), a signalé que les entreprises peuvent augmenter de manière significative l’assiette fiscale nationale, ainsi que fournir les investissements, innovations et dynamisme nécessaires au système de développement.

Gary Fowlie, Directeur, Union internationale des télécommunications, a illustré le potentiel des TIC à exploiter des solutions pour le développement durable, à travers la mise en exergue des services bancaires mobiles mis en place par et pour les Africains. Johan Cels, Bureau du Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, a appelé à une plus grande cohérence entre l’aide humanitaire et les programmes de développement.

Alfred Kouamé

Correspondant

(Source : CNUCED)

Lu 1764 fois Dernière modification le vendredi, 21 août 2015 10:55