Environnement: Des universités ouest-africaines s’attaquent à la pollution

Environnement: Des universités ouest-africaines s’attaquent à la pollution

mardi, 24 mars 2015 12:45
Environnement: Des universités ouest-africaines s’attaquent à la pollution Environnement: Des universités ouest-africaines s’attaquent à la pollution Crédits: DR

Quatre universités ouest-africaines viennent de lancer ensemble une chaire éco santé consacrée à la pollution de l’air et aux maladies non transmissibles respiratoires. Elle a été officiellement lancée le 26 février dernier à Cotonou (Bénin) à l’occasion d’un atelier marquant le démarrage des recherches à effectuer dans les quatre différents pays concernés. L’information est donnée par le journal en ligne anglais spécialisée dans les sciences et technologies, Scidev.

Environnement: Des universités ouest-africaines s’attaquent à la pollution

Quatre universités ouest-africaines viennent de lancer ensemble une chaire éco santé consacrée à la pollution de l’air et aux maladies non transmissibles respiratoires. Elle a été officiellement lancée le 26 février dernier à Cotonou (Bénin) à l’occasion d’un atelier marquant le démarrage des recherches à effectuer dans les quatre différents pays concernés. L’information est donnée par le journal en ligne anglais spécialisée dans les sciences et technologies, Scidev.

L’objectif est de former des spécialistes dans ce domaine pour améliorer la compréhension des problèmes liés à la pollution urbaine de l'air en Afrique de l’Ouest.

Ce programme d’enseignement et de recherche collaboratif concerne les universités d’Abomey-Calavi au Bénin, Cheikh Anta Diop au Sénégal, Ouagadougou au Burkina Faso et Félix Houphouët Boigny en Côte d’Ivoire.

"Nous voulons former des professionnels sur la pollution de l’air et des maladies non transmissibles respiratoires à travers les principes de l’"écosanté" pour permettre de collecter des données sur l’état de la santé de nos populations", précise Benjamin Fayomi, Doyen de la Faculté des Sciences de la santé (FSS) de l’Université d’Abomey-Calavi, et titulaire de cette chaire au Bénin.

SciDev.Net a appris que le programme est dédié aux activités de recherches, de formation, de sensibilisation et de diffusion des données relatives à la pollution de l’air en Afrique de l’Ouest.

Les activités de recherche transdisciplinaire porteront, entre autres, sur les différents polluants de l’air, leurs sources (naturelles et temporelles), leurs niveaux et variabilités temporelles et spatiales dans les villes ouest-africaines.

“Cette chaire vise à contribuer au développement du domaine de l’"écosanté" dans la sous-région ; notamment en améliorant la compréhension de la pollution urbaine et de ses impacts sur les maladies non transmissibles respiratoires.” Benjamin Fayomi, Doyen de la Faculté des Sciences de la santé (FSS) de l’Université d’Abomey-Calavi (Bénin). Le volet intervention s’appuiera sur un programme dénommé "air-sain" pour sensibiliser toutes les couches socio-professionnelles et les populations sur la pollution de l’air.

Le volet formation comprend un Programme Doctoral Interuniversitaire (PDI) de santé publique en "Ecosystèmes, Santé et Développement Durable" en vue de former une "masse critique de ressources humaines bien outillées en écosanté".

Les résultats des recherches des étudiants permettront de sensibiliser les gouvernants et les populations sur la protection de l’environnement.
 
Répercussions sur la santé
 
Ce volet prévoit aussi l’organisation d’ateliers de courte durée pour renforcer les capacités des professionnels de la santé, des acteurs des ONG du secteur de l’environnement, des chercheurs et des étudiants sur la thématique de la pollution de l’air, des changements climatiques et des maladies non-transmissibles respiratoires.

Benjamin Fayomi a indiqué à SciDev.Net que ce programme va permettre de voir plus clair dans la pollution de l’air et ses répercussions sur la santé en Afrique de l’Ouest.

"Cette chaire vise à contribuer au développement du domaine de l’"écosanté" dans la sous-région ; notamment en améliorant la compréhension de la pollution urbaine et de ses impacts sur les maladies non transmissibles respiratoires", dit-il.
Ajoutant qu’elle va permettre de mettre en place des stratégies de prévention à base communautaire ; "ceci dans le but de créer un environnement urbain plus sain, vivable et durable".

Ces différentes activités qui seront mises en œuvre pendant 5 ans, bénéficient d’une subvention d’environ 600 millions de francs CFA (soit 1,2 million de dollars) offerte par le Centre de recherches pour le Développement International (CRDI), un organisme canadien d’aide au développement.

Le CRDI appuie, depuis 2007, un peu partout en Afrique, des recherches ponctuelles dans le domaine de l’"écosanté" pour améliorer le bien-être des populations, notamment des communautés les plus vulnérables.

La pollution de l’air, à l’intérieur des bâtiments comme à l’extérieur est due aux usines qui rejettent des déchets nuisibles pour l’environnement et la santé, aux motos et véhicules émettant des gaz toxiques dans l’atmosphère, à l’utilisation anarchique des engrais chimiques et des pesticides et à l’utilisation du charbon et du bois pour la cuisine à l’intérieur des maisons.
 
Mesurer la pollution
 
Cette pollution est responsable de nombreuses maladies qui réduisent la durée de vie des populations ; notamment les infections respiratoires aigües, les maladies cardio-vasculaires.

En 2012, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la pollution atmosphérique, combinée à la pollution de l’air à l’intérieur des maisons, est responsable de plus de 7 millions de décès à travers le monde.

Thierry Baldet, Spécialiste de programme principal agriculture et environnement au CRDI, a expliqué à SciDev.Net que face à l’ampleur du phénomène qui s’accentue avec l’urbanisation galopante, il est important aujourd’hui de mesurer la pollution pour avoir des données scientifiques fiables à mettre à la disposition des décideurs et des pouvoirs publics en vue de mener des actions pour protéger les populations.

A l’en croire, en dehors de quelques informations générées par certains projets parcellaires menés par exemple à Dakar (Sénégal), il n’existe pas assez de données qui puissent aider véritablement à prendre la mesure de la pollution à l’échelle de la sous-région afin de la contrôler.

En Afrique subsaharienne pourtant, 27 pays ont adopté des lois sur la protection de l’environnement qui précisent les paramètres du carburant des véhicules et les normes d’émission des gaz par les industries.

Dans la plupart de ces pays, il existe aussi des systèmes opérationnels de surveillance de la qualité de l'air. Mais en Afrique de l’Ouest, apprend-on, seul le Ghana dispose d’un système de surveillance de routine opérationnelle.

La gestion de la qualité de l’air est totalement absente dans la plupart des pays où les gouvernants se contentent de prendre des mesures qui ne contribuent pas de manière significative à améliorer la qualité de l’air.

D’où la réflexion du ministre béninois de l’Environnement, Raphaël Edoun, qui pense qu’il faut disposer de données chiffrées fiables sur la pollution de l’air et ses effets pour aider les décideurs à prendre des mesures adéquates dans les grandes villes.

Révolution solaire en Afrique de l’Ouest

Lorsque le soleil se couche sur les villages du Bénin, du Burkina Faso et du Mali, la plupart des activités cessent. Les magasins ferment, les entreprises s’arrêtent et les enfants sont contraints de faire leurs devoirs à la lueur de lampes à pétrole polluantes et dangereuses ou de bougies.

Dans ces pays, la connexion rurale au réseau national de distribution d’électricité est chère et s’avère être un véritable terrain miné en termes de logistique. Néanmoins, il existe une solution réaliste, que certaines communautés isolées commencent à adopter : l’énergie solaire.

Le Bénin, le Burkina Faso et le Mali sont des pays particulièrement adaptés à l’énergie solaire photovoltaïque : chaque année, ils reçoivent jusqu’à 3000 heures de lumière naturelle intense, qui pourraient être exploitées pour fournir l’énergie nécessaire aux communautés isolées.
 
En collaboration avec le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), quatorze villages de la région (Hon, Koussoukpa, Sirakorola, Tinkaré, Bilinga, Bougouré, Fili, Kalsagado, Kayéré, Kire, Son, Yallé, Ziga, Leba) ont désormais accès à l’énergie solaire, qui contribue à changer leurs vies.
 
Dynamiser l'Afrique de l'Ouest

Depuis le lancement du projet, en 2009, beaucoup de choses ont changé. Désormais, les villages sont équipés d’éclairages et de cuisinières solaires et les habitants peuvent charger leurs téléphones portables et même regarder la télévision sur le poste communautaire.
 
Dans les villages de Hon et de Koussoukpa, au Bénin, environ 308 foyers sur 1000 sont désormais alimentés par l’énergie solaire. À Sirakorola, dans le sud-ouest du Mali, les administrations publiques, l’école, la mairie et la mosquée sont alimentées par énergie solaire.

Il en est de même pour le dispensaire du village, qui est équipé d’un réfrigérateur, d’un congélateur et de chauffe-eau solaires.

Des réverbères solaires éclairent la place du marché et les villageois disposent de cuisinières, d’unités de conservation du lait et de dispositifs de chargement de batteries à énergie solaire.
 
À trois cents kilomètres de là, à Tinkaré, au Mali, l’énergie solaire alimente les pompes à eau des puits du village, rendant désormais inutiles les deux générateurs à essence et diesel mal entretenus.

Au Burkina Faso, dans six villages, 600 foyers sont alimentés par énergie solaire.

"La vie continue bien après le coucher du soleil et les enfants peuvent lire et faire leurs devoirs pendant des périodes plus longues", affirme Rosalie Congo, coordinatrice nationale du Fonds pour l’Environnement mondial.

À Boala, dans le nord du pays, les responsables des foyers déclarent dépenser moins en pétrole et en piles pour lampes de poche.
 

Propriété collective

Ces projets d’électrification solaire sont principalement financés par le PNUD, mais les dons communautaires représentent également un élément clé : la majorité de la population paye une petite cotisation volontaire, ce qui contribue à encourager l’implication et la propriété collective des projets.

À Sirakorola, par exemple, les villageois ont contribué à hauteur de dix pour cent au total des coûts de production, qui sont estimés à 34 millions de francs CFA (soit environ 70 000 dollars américains).

Les villageois ont également participé aux frais d’entretien et aux coûts inhérents à la restructuration des infrastructures. Au sein des communautés participantes, chaque famille bénéficiaire verse une cotisation mensuelle pour l’entretien technique des installations solaires.

Dans les villages du Burkina Faso alimentés à l’énergie solaire, par exemple, le montant par famille s’élève à 10 dollars américains. L’électrification solaire nécessite un entretien rigoureux et, par conséquent, une formation.

Grâce au financement du PNUD et des gouvernements nationaux, des experts en énergie solaire forment les villageois à l’installation, à l’entretien, aux opérations réalisées sur le réseau et à la rénovation des équipements.

Avant la phase de mise en œuvre du projet au Burkina Faso, six femmes rurales analphabètes âgées de quarante à cinquante ans ont été sélectionnées à travers le pays et envoyées au Barefoot College, à New Delhi, en Inde, pour suivre une formation pratique de six mois sur l’installation, l’entretien et le développement du réseau des systèmes d’énergie solaire.

"Les femmes, toutes mamans, ont été sélectionnées par leurs communautés respectives de manière démocratique et sur la base de leur contribution à la croissance de leurs communautés", explique Rosalie Congo.
 
À la fin de la formation, chacune des femmes est rentrée chez elle pour installer des unités d’énergie solaire, qui approvisionnent désormais en électricité 100 foyers dans chacun des six villages.

Elles sont maintenant ingénieures qualifiées en énergie solaire et travaillent quasiment à temps plein dans les ateliers électroniques construits pour les villages participants.

Elles sont chargées de l’entretien des unités et touchent dix pour cent des 5000 francs CFA mensuels [soit environ 10 dollars américains] payés par chaque foyer relié au réseau électrique au titre de cotisation mensuelle. En outre, chacune des nouvelles ingénieures doit former une autre femme de sa communauté pour l’assister.
 
D’après le PNUD, au Mali, avec 99 pour cent des communautés rurales hors du réseau électrique national, l’arrivée de l’énergie solaire encourage les activités économiques.

Les femmes arrosent leurs petites exploitations maraîchères avec des pompes à énergie solaire et économisent ainsi l’argent qu’elles auraient dépensé pour acheter du pétrole et du charbon.
 
Nana Sangaré, adjointe au maire et présidente d’une association de femmes à Sirakorola, un village situé à 120 kilomètres de Bamako, la capitale, affirme qu’elle subvient désormais aux besoins de ses sept enfants, grâce au revenu supplémentaire engendré par la vente de légumes et de yaourts fabriqués avec des produits locaux.

"Avant ce projet, on n’avait aucun revenu. Désormais, je gagne 3000 francs CFA par jour (soit environ 6 dollars américains)."
 
Au Bénin, au Burkina Faso et au Mali, le PNUD fournit la majeure partie du financement destiné aux projets, le reste provient des différents gouvernements locaux et des contributions communautaires.

Les problèmes techniques auxquels sont confrontées les communautés qui utilisent l’énergie solaire comprennent le retard de livraison de certaines pièces de rechange et de certains équipements, qui sont susceptibles de priver d’électricité des lieux publics ou des familles pendant plusieurs mois.

"En cas de panne mécanique", déclare Sangaré, "nous n’avons plus besoin d’aller jusqu’à Bamako pour trouver un technicien. En fait, nous disposons de nos propres entrepôts de pièces de rechange."

Au Burkina Faso, des entrepôts d’approvisionnement en pièces de rechange et des ateliers d’entretien ont été installés dans le cadre du projet et sont, pour la plupart, tenus par des femmes.

Lorsque les revenus sont insuffisants pour couvrir les frais d’entretien et le coût des pièces de rechange, les communautés demandent une aide au gouvernement et aux ONG.

Il arrive parfois que les autorités locales aident à résoudre les problèmes techniques.
 
Récolter les fruits

Accueillie avec joie par les villageois, la mise en œuvre de l’énergie solaire a engendré la création de festivals culturels et artistiques populaires.

Et d’après Fatoumata Sangaré, présidente de l’Association des Femmes de Sirakorola, les équipements solaires contribuent de manière significative à faciliter les tâches quotidiennes des femmes.

D’après les villageois, l’électrification solaire aurait généré un revenu supplémentaire grâce à un "cercle vertueux de développement local."

Seydou Coulibaly, commerçant sur le marché de Sirakorola, explique : "Depuis que nous disposons de l’énergie solaire dans le village, je fais plus d’affaires. Avant, je fermais ma boutique après le coucher du soleil. Maintenant, je peux rester ouvert plus tard et mes activités se sont développées."
 
Buchi Sane, un maraîcher de Sirakorola, affirme : "Grâce à l’électricité, je conserve mes produits au réfrigérateur et je les vends le lendemain. Avant, j’étais obligé de jeter les légumes abîmés et je subissais énormément de pertes. L’électricité m’a permis d’améliorer mes revenus."

Buchi Sane envisage même désormais de se rendre plus loin pour vendre ses produits.
 
À l’occasion du lancement du projet sur l’énergie solaire à Khalil Boukari Bara, au nord du Burkina Faso, le gouverneur régional a déclaré : "L’électrification de ces régions contribue à fournir des avantages et l’accès à des opportunités modernes en termes de production et de marketing. Elle contribue à la création d’emplois et à la détermination des jeunes à rester sur leurs terres et à lutter contre la pauvreté."
 
Pour Rudolph Attédé, ingénieur en électronique spécialisé dans le domaine de l’énergie renouvelable à Cotonou, la capitale économique du Bénin, les avantages de l’énergie solaire pour les communautés rurales sont bien établis.

Il déclare: "tout d’abord, l’équipement n’est pas très cher, il ne nécessite pas beaucoup d’entretien et la durée de vie moyenne d’un module PV [photovoltaïque] est de vingt ans. La seule difficulté c’est la gestion des matériaux en fin de vie qui constituent des déchets dangereux."
 
Des plans sont en cours pour développer le projet dans d’autres régions du Bénin, mais le PNUD prévient qu’il doit y avoir des signes évidents de faisabilité.

Par exemple, pour garantir la durabilité au sein de la communauté de la Boucle du Mouhoun, située au sud-ouest du Burkina Faso, les villageois ont créé un comité de gestion comprenant sept membres, dont quatre femmes, pour gérer les cotisations et les dépenses liées à l’entretien.

L’exemple a été reproduit au sein des six communautés bénéficiaires du pays, avec l’objectif d’utiliser le profit généré pour acheter des équipements supplémentaires pour l’extension du réseau.
 
Christophe D. Assogba vit au Bénin. Il est journaliste d’investigation, journaliste scientifique, écrivain et doctorant en archéologie. Depuis 2011, il est pigiste pour SciDev.Net et écrit des articles sur des sujets scientifiques au Bénin et en Afrique de l’Ouest.

Il est également président de l’Association des Journalistes et Communicateurs Scientifiques du Bénin et du Forum des journalistes et communicateurs scientifiques d'Afrique de l’Ouest.

Divine Ntaryike est journaliste et ancien élève du Programme de leadership des visiteurs internationaux pour le journalisme d’investigation. Il est le correspondant de Voice of America au Cameroun et pigiste pour plusieurs groupes de presse, dont Associated Press, SciDev.Net, Think Africa Press et Africa Report.

Il a été élu Journaliste de l’Année au Cameroun en 2009 et a remporté le prix Best Discovery Story en 2010. En octobre 2012, il a obtenu son diplôme avec mention en coopération de journalisme scientifique.

Cet article est partie intégrante de la série Les succès de la science en Afrique, réalisée en partenariat avec l'Unesco.

 

Deux femmes ingénieures solaires apportent la lumière au Cameroun

Deux femmes techniciennes du solaire – des grands-mères presqu’illettrées formées à l'électrification solaire en Inde - installent à présent des panneaux pour fournir de la lumière dans un village isolé du Cameroun.

Munyengue Trouble, une localité située derrière le mont Cameroun et nr bénéficiant pas d’une connexion au réseau national d'électricité, est l'un des premiers villages camerounais à accéder à l'électricité, à partir de panneaux solaires installés par des femmes rurales âgées pour exploiter la lumière du soleil et la transformer en électricité.

Nelly Shella Yonga Tchaptchuet, coordinatrice du Centre de développement des femmes rurales (RUWDEC), a déclaré que les habitants de Munyengue ont dépensé beaucoup de ressources pour le bois, le pétrole, le gaz et le carburant pour les groupes électrogènes avant que son entreprise ne lance le projet d'énergie solaire en février 2010.

“A travers ce projet, les femmes sont en mesure de contribuer à la croissance inclusive en tant que des ingénieurs solaires partiellement analphabètes”, Marie -Laure Mpeck Nyemeck, Programme de microfinancements du FEM-PNUD

Ce projet faisait partie d'une exposition sur les meilleures pratiques environnementales à Yaoundé, au Cameroun, le mois dernier (19 décembre).

"Notre organisation travaille avec les femmes et ce projet a offert l’opportunité d'utiliser les femmes pour créer un impact dans leur communauté", a expliqué Tchaptchuet.

Dans le cadre du projet d'énergie solaire du RUWDEC, Francesca Moki et Helen Ntuengue ont été formées à l'électrification solaire au Barefoot College en Inde à travers le Programme de microfinancements du Programme des nations unies pour le développement (PNUD), financé par le Fonds pour l'environnement mondial (FEM), en partenariat avec le collège.

Après six mois d’études en Inde, les femmes, détentrices du certificat d'études primaires, ont étudié l'électrification solaire. À leur retour dans leur village, elles assemblent et montent dans les maisons des panneaux solaires provenant d’un centre solaire construit au coût de FCFA 2,5 millions  d'Afrique centrale (environ US$ 5200).

Elles installent des kits composés d'un contrôleur de recharge, d’un panneau et d’une pile d’une valeur d'environ US$ 1000 dans chaque ménage gratuitement.

"Nous savons comment assembler les parties pour obtenir une lampe solaire qui est reliée au panneau et à la pile pour que la lampe se charge et fasse briller trois ampoules pendant huit heures", a déclaré Moki.

Elle a ajouté que plus de 500 personnes dans 98 ménages avaient à présent accès à l’électricité, ce qui encourageait les affaires, un marché de nuit en plein essor et permettait aux enfants de lire leurs livres dans les soirées.

Marie-Laure Mpeck Nyemeck, coordinatrice du Programme de petites subventions FEM du PNUD, a présenté le projet lors de la Semaine régionale du PNUD sur les connaissances et l'Innovation en Afrique du sud le 4 décembre 2013 où il a occupé le deuxième rang sur 51 candidats.

Nyemeck a déclaré à SciDev.Net: "Grâce à ce projet, les femmes sont en mesure de contribuer à la croissance inclusive en tant que des  ingénieures solaires partiellement analphabètes".

Elle a ajouté que le projet a changé les vies, les attitudes, les perceptions de la communauté et encouragé la coopération Sud-Sud.

Najat Rochdi, le Représentant résident des Nations unies au Cameroun, a déclaré: "Nous allons discuter avec le RUWDEC de la façon de faire avancer le projet et, éventuellement, de l’étendre à d’autres régions".

Tchaptchuet a ajouté que parce que le panneau solaire est limité à huit heures par jour, le projet n'est pas assez grand pour permettre à la communauté de regarder la télévision, utiliser des réfrigérateurs et des ordinateurs portables et a reconnu la nécessité de faire davantage pour fournir de l'électricité au Cameroun rural.  

Alfred Kouamé
Correspondant
(Source : Scidev.net)

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