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Energie-Eau-Alimentation : Une interconnexion pour booster le développement en milieu rural

mardi, 30 août 2016 09:58
Energie-Eau-Alimentation : Une interconnexion pour booster le développement en milieu rural Crédits: Smarvillages


Ce séminaire de réflexion a réuni des enseignants et chercheurs à l’université, des Organisations non gouvernementales, des institutions publiques, des décideurs politiques, des bailleurs de fonds, des fournisseurs de services ruraux et des journalistes de l’Afrique de l’ouest et du centre.

Energie-Eau-Alimentation : Une interconnexion pour booster le développement en milieu rural

L’interconnexion entre l’eau l’énergie et l’alimentation peut avoir un impact sur les activités génératrices de revenu. C’est en somme ce que pensent les structures Energy4 impact et Smart village initiative (Initiative des villages intelligents). Qui ont organisé les 24 et 25 août un atelier sur la problématique Eau-Energie et alimentation à Saly (Sénégal).

Ce séminaire de réflexion a réuni des enseignants et chercheurs à l’université, des Organisations non gouvernementales, des institutions publiques, des décideurs politiques, des bailleurs de fonds, des fournisseurs de services ruraux et des journalistes de l’Afrique de l’ouest et du centre. Il vise, selon Smart Villages, à fournir à toutes les couches sociales qui s’intéressent à l’accès énergétique rural, de nouvelles perspectives concernant les obstacles réels à l’accès énergétique des villages, dans les pays en développement et  la manière de surmonter ces obstacles.

L’approche intégrée entre Energie- Eau et Alimentation

Pour les organisateurs, au lieu d’examiner de façon indépendante les questions d’eau d’énergie et de l’alimentation, il est important de comprendre qu’elles sont liées. En témoigne les communications de Dr. John Holmes, co-leader de l’Initiative Smart Villages et de Richard Hayhurst, directeur de communication de l’Initiative Smart Village. Qui ont démontré à travers la présentation de projets pilotes que les populations rurales et les celles des plus défavorisées doivent profiter de l’électricité pour développer des activités productives. Une opinion également approuvée par d’autres acteurs, notamment  Louis Seck, directeur d’Energy4Impact Sénégal et ancien ministre des Energies renouvelables,  Matar Sylla, coordonnateur du Programme national de biogaz domestique du Sénégal et bien d’autres acteurs de domaine (Nathalie Rami, directrice de programmes d’Energy4Impact ; SeCou Sarr, directeur d’Enda Energie ; Neil Bianchi de Fullwell Mill et Segun Adaju de Consistent Energy).

Selon Louis Seck, directeur d’Energy4Impact Sénégal et ancien ministre des énergies renouvelables, cet atelier est d’une grande importance. Parce que pendant longtemps l’on a travaillé (que ce soit l’Etat ou la société civile) de  façon sectorielle dans le cadre des programmes ou des projets. «Le ministère de l’agriculture développe un programme agricole, son objectif est de voir comment augmenter les rendements agricoles. Ce qui l’intéresse c’est avoir de l’eau, semer puis après la récolte .Pendant ce temps le ministère de l’énergie développe un programme d’électrification. Le ministère de l’hydraulique développe aussi un programme d’alimentation en eau (eau potable ou de l’eau pour l’agriculture). Alors il ya une perte en terme de moyen financier. Si on mettait ensemble tous ces programmes il y allait  avoir une régression de l’échelle. Mais le plus important dans tout cela, le ministère de l’agriculture a oublié que si la production est bonne on ne peut pas tout écouler en même temps, donc il faut conserver. Même si on conserve, il faut aussi transformer. Conserver, transformer, on a besoin d’énergie. », Soutient-t-il. A l’en croire, aucun de ces trois secteurs ne peut se développer tout seul. Alors il s’avère primordiale de mettre en place un programme agricole qui prend en compte la dimension énergie, la dimension hydraulique même la dimension genre etc.

La coordonnatrice ouest-africaine de «Practical Action Consulting » à Dakar, Mme Mary Allen, en s’appuyant l’hydroélectricité qui est une ressource non polluante et à grande échelle, a mis en place le projets micro-hydrauliques qui consiste à alimenter, à travers une puissance de 5 à 100kw une petite communauté ou une industrie de campagne située dans  zone rurale reculée et éloignée des grands réseaux de distribution d’électricité.« le micro-hydraulique ne nécessite pas l’accumulation de l’eau, mais détourne une partie de l’eau de la rivière qui est canalisée sur le côté d’une vallée avant d’être déversée sur la turbine par l’intermédiaire d’une conduite forcée. La turbine entraine un alternateur qui fournit de l’électricité à un atelier. La ligne de transport d’électricité peut être prolongée jusqu’à un village local pour fournir de l’électricité domestique à des fins d’éclairage et autres », explique Mary Allen. Qui ajoute que ce type de projet apporte des avantages financiers considérables aux communautés desservies.

Le soutien « d’Energy 4 Impact »  pour l’accès améliorer en Energie

En outre, l’accélération de l’accès à l’énergie est un enjeu majeur, selon Nathalie Rami, directrices des programmes d’Energy4 impact. C’est pour quoi sa structure apporte son ’appui aux petites et micro entreprises qui proposent des solutions décentralisées énergétiques propres et abordables aux populations qui en ont besoin en milieu rural.

« Nous avons plusieurs projets dans plusieurs pays. Ça peut être des solutions pour l’éclairage ou des solutions productives pour l’énergie. Qui vont permettre d’augmenter la productivité des petits agriculteurs et des producteurs locaux, comme l’utilisation des frigo-solaires pour la conservation du poisson, des systèmes d’irrigation au solaire, des solutions de cuissons ou foyers améliorés pour pouvoir diminuer l’impact de la pollution sur la santé des femmes et des enfants », fait-elle savoir. Car, selon les statistiques, 4,3 millions de personnes sont affectées par la pollution des feux de bois  chaque année.

Elle affirme qu’Energy 4 impact a pu, en 10 ans,  apporter l’accès amélioré en énergie à près de 12 millions de personnes sur 5 pays. « Un accès amélioré ne veut pas dire qu’on a une connexion au réseau, c’est tout simplement le fait d’avoir un foyer qui va avoir accès à des solutions décentralisées comme des lampes solaires des kits solaires etc», précise-t-elle. Toutes ces initiatives, selon Nathalie Rami, doivent prendre en compte des partenariats avec le secteur privé, l’intégration du genre, les appuis techniques et la facilitation de l’accès au marché.

L’énergie verte avec le projet «Biokala » à Aboisso


Même si les projets en rapport avec l’énergie renouvelable et l’efficacité énergétique ne sont pas encore bien vulgarisés, il importe de savoir que le gouvernement ivoirien veut atteindre 15% d’utilisation d’énergie renouvelable d’ici 2020.Mieux la Côte d’Ivoire prévoit la construction de la plus grande centrale de biomasse dans la zone d’Aboisso (Sud-est), Car, le pays dispose d’un gisement de biomasse de 12 millions de tonnes par an. Dénommée « Biokala », ce projet  permettra la production de bioélectricité par combustion de biomasses issues du palmier à huile d’une puissance installée de 46 MW.

Pour le responsable du projet, David Billon, la centrale alimentera également le réseau national en plus de la production agricole de la région sud est. «Ce   projet   répond   à   deux   défis africains,  et  notamment  ivoiriens de valoriser  la  biomasse générée  par les    activités   agro industrielles   et répondre  aux  besoins  en  énergie dans    un    continent        le    taux d’électrification  est  de  moins de 40% », avait-il souligné lors du lancement de ce projet il ya près de deux ans.

Kamagaté Issouf

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Envoyé spécial à Saly (Sénégal)

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