E-agriculture: Des infrastructures technologiques modernes et performantes pour améliorer la production

E-agriculture: Des infrastructures technologiques modernes et performantes pour améliorer la production

vendredi, 07 novembre 2014 11:29

Pour mener cette opération, l’Agence nationale duservice universel des télécommunications ( Ansut), a conduit une étude opérationnelle pour établir une feuille de route actualisée de mise en œuvre, ainsi qu’un budget pluriannuel d’exécution.

E-agriculture: Des infrastructures technologiques modernes et performantes pour améliorer la production

Après l’éducation et la santé dans le portefeuille e-services, le gouvernement ivoirien déploie  le programme e-agriculture sur la période 2014-2017. C’est un plan qui  vise à améliorer le développement agricole grâce à un meilleur accès à l’information, aux outils de communication et à la recherche. Le programme e-agriculture a été officiellement présenté au grand public par l’Agence national du service universel et des télécommunications (Ansut) lors de l’Africa agri forum d’Abidjan.

Les reformes du secteur agricole qui sont en cours en Côte d’Ivoire  reposent  également sur la modernisation par les Technologie de l’information et de la communication (Tic). Ainsi,  dans le cadre de la mise en œuvre de cette stratégie, un document de stratégie nationale e-agriculturea été élaboré en étroite collaboration entre le ministère de l’Agriculture et celui de la Poste et des Technologie de l’Information et de la communication.

Pour mener cette opération, l’Agence nationale duservice universel des télécommunications ( Ansut), a conduit une étude opérationnelle pour établir une feuille de route actualisée de mise en œuvre, ainsi qu’un budget pluriannuel d’exécution.

L’e-agriculture vise à améliorer le développement agricole grâce à un meilleur accès à l’information, aux outils de communication et à la recherche. Le projet e-agriculture s’inscrit dans le programme de gouvernance électronique. Il devra permettre à terme de créer une meilleure synergie entre les acteurs du secteur agricole par la mise en place d’une infrastructure technologique moderne et performante.  Ce vaste programme  a été présenté au public au Forum africain de l’agriculture qui a lieu les 13 et 14 octobre dernier à Abidjan.

Selon  Henri Danon,  responsable de ce projet à Ansut,  les objectifs de l’e-agriculture sont,  entre autres, la modernisation de l’agriculture et l’atteinte de l’autosuffisance alimentaire par les Tic, le renforcement des capacités des utilisateurs et acteurs des systèmes d’informations du secteur agricole. Plusieurs  services sont offerts à cet effet.

Par exemple, la réalisation d’un système d’informations des marchés agricoles en vue de mettre en place les outils pouvant améliorer la distribution des produits vivriers, d’une plateforme d’informations scientifiques pour la recherche, d’un système d’informations géographiques d’un portail internet du monde agricole.

Ce projet est destiné au ministère de l’Agriculture et de tous ses démembrements, des acteurs du monde agricole (producteurs individuels, organisations professionnelles agricoles, structures d’encadrement du monde agricole), des centres de recherche agricole, les organisations de commercialisation des produits agricoles, les partenaires au développement.

De plus, ce l’e-agriculture prévoit de mettre à la disposition du monde agricole des infrastructures, des équipements et services divers. Ainsi, au niveau des services et outils, il existe une hotline d’informations  ou assistance dédiée aux paysans. Ce porte- monnaie électronique va les alerter sur les épidémies agricoles, la météorologie, et les informations gouvernementales.

Concernant les outils fixes, on peut citer la base de données complète et dynamique des agriculteurs et de leurs activités, un observatoire météorologique ou système d’information géographique, un système d’information des marchés unifiés, une base de données des connaissances agricoles et un portail centralisé du monde agricole et  des formations (cours spécialisés sur les Tic dans les cyber-centres).

Toujours selon Henri Danon, des smartphones ou laptops seront distribués aux agents vulgarisateurs sans oublier la livraison de matériel informatique (Pc fixe, scanner, imprimante…) aux cyber-centres et l’utilisation des équipements mobiles existants des agriculteurs ( featurephones).

 Par ailleurs, le programme envisage la construction de points d’accès aux Tic (bâtiments, fourniture en électricité…), la connectivité Mobile/Adsl/fibre/satellite en zone rurale suivie de la mise en place de data center et bases de données dédiées au monde agricole.

Le schéma d’ensemble des programmes d’e-agriculture comprend deux grandes entités : au niveau local,  nous avons  des centres de proximité Tic avec des équipements mobiles. An plan central,  il y a des serveurs, des calls-center et des bases  de données d’information agricole.

Les infrastructures établies de part et d’autres,  permettent l’échange d’informations entre agriculteurs/exploitants et acheteurs/centres de recherche/gouvernement. Les informations portent sur les prix des produits agricoles, la quantité de la production, les maladies éventuelles, les observations météorologiques, les bases de données agricoles…

Dans la pratique, il est  prévu l’établissement de centres de proximité Tic pour  la connectivité et l’équipement des zones rurales  et l’amélioration de la couverture internet ( 3G, Cdma, satellite, Adsl, wiimax)dans ces localités.

Il est conçu un système d’information agricole( Sia) dont les composantes essentielles sont l’observatoire météorologique, le système d’information des marchés : calcul des indices des prix, suivi des transactions, système d’information géographique, bases de données des connaissances agricoles. 

Le schéma de fonctionnement du service info Sms par le système d’information agricole (Sia) est composé d’une équipe de traduction et d’une équipe d’analystes avec  des agents Ocpv/ Anader. 

C’est un service de diffusion et de collecte d’information agricole par Sms et voix permettant  d’obtenir des résultats dès la première année du projet. Ces deux équipes reçoivent   les informations en provenance du Sia et les traitent. Elles préparent ensuite des Sms vocaux traduits en 3 ou 4 langues avant de les envoyer à la base de données des agriculteurs, puis à la plateforme d’envoi Sms/ messages vocaux

Au niveau du call center l’équipe comprend des personnes formées en agronomie, capables de répondre en temps réel aux questions simples des agriculteurs (prix, conseils, bonnes pratiques agricoles,

Quant aux centres de proximités Tic, 141 centres  dédiés et 300 mutualisés sont prévus. Il y a aussi 32 centres régionaux, 42 centres ruraux spécialisés e-agriculture et 300 cyber-centres offrant des services agricoles. 

Les initiateurs de ce projet estiment que la mise en œuvre des programmes  e-agriculture repose sur cinq principaux facteurs clés de succès.

D’abord le lancement de services mobiles simples et rapidement opérationnels. Ce qui permettra la disponibilité de services à valeur ajoutée sans nécessité de déployer des équipements ou des infrastructures. C’est également la création d’une première base de données d’utilisateur.

La seconde étape est  le phasage et la différenciation des infrastructures fixes en fonction des besoins/coûts. Cela se traduit par l’optimisation de la couverture grâce à des hubs régionaux connectés à des points d’accès locaux. Ces choix technologiques seront réalisés en fonction des infrastructures existantes.

La multiplication des infrastructures avec d’autres projets (santé, éducation) constitue le troisième facteur. Elle se caractérise par la réduction des investissements en infrastructure, l’optimisation du taux d’usage des équipements, la simplification de la maintenance.

Le quatrième facteur est le renforcement des capacités des acteurs du monde agricole dans le domaine des Tic. Notamment, les agents vulgarisateurs, les  paysans eux-mêmes. Tout comme la mise en réseau des centres de recherche agricole.

Enfin,  la dernière étape est l’implication de partenaires privés (opérateurs télécom, call-center…) qui va permettre d’assurer le développement de services agricoles, la création de modèles économiques vertueux pour pérennité des services.

En Côte d’Ivoire, le projet e-agriculture intervient après des « benchmarks » dans certains pays qui constituent un modèle en la matière. Citons  par exemple le Ghana où des Community information centers (Ccc) ont été construits dans les zones rurales. Ces  centres à usages multiples sont équipés d’Internet et de  services spécialisés.

Au kenya, le service Mkilimo propose aux agriculteurs de s’inscrire pour accéder à l’information fiable et spécifique via une hotline téléphonique. Ce projet est appelé Kenya’s farmer’s helpline.  En outre, les centres ruraux de savoir en Inde (Rural knowledge centers) proposent des services Tic dédiés aux communautés rurales, selon un modèle de réseau en étoile.

Enfin,  c’est aussi le cas de la Zambie où le système d’information des marchés (Lima links Zambie)  est installé pour le monde paysan.

Le coût global de ce projet est de 3,1 milliards de Fcfa chaque année et s’étend sur  quatre ans (2014 à 2017.

ALFRED KOUAME

Correspondant

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