Culture du cocotier: L’acacia, pour sauver les vieilles plantations

jeudi, 27 novembre 2014 08:20

Pour mieux faire accepter cette trouvaille et susciter l’adhésion des planteurs de cocotier le cnra crée depuis des années des parcelles de démonstration le long du littoral ivoirien.

Culture du cocotier: L’acacia, pour sauver les vieilles plantations

L’association cocotier-acacia rétablie la fertilisation du sol et favorise la réhabilitation des vieilles cocoteraies. En tout cas, c’est la nouvelle technique culturale  mise au point par les chercheurs du centre national de recherche agronomique (Cnra) pour rajeunir les plantations du littoral ivoirien.

La recherche agronomique ivoirienne développe depuis quelques années une technique culturale associant le cocotier à l’acacia.  Selon les chercheurs cette pratique peu onéreuse restaure la fertilité du sol de façon naturelle à partir de déchets végétaux.

En effet, la litière  produite par l’acacia (24 à 25 tonnes par hectare) constitue un apport en matière organique indispensable  dans le développement du cocotier.

Des essais conduits  pendant dix ans sur l’association de ces deux plantes ont montré une amélioration de la productivité en coprah, ( amande sécher de noix de coco pour en extraire de l’huile). Elle est passée par an de 200 kilogrammes l’hectare à 2000 kilogrammes. 

« Le revenu annuel du planteur à l’hectare grimpe ainsi de 32000fcfa (Environ 49 euros) à 320000fcfa (environ 489 euros). La production est multipliée par 10 », relève l’équipe du programme de recherche.

L’autre avantage de la culture associée, c’est que l’acacia permet de produire, après 4 ans de  plantation, du bois de chauffe de l’ordre de 25 à 48 mètres cube par hectare.

Le hic, c’est que la vulgarisation de la technique culturale cocotier-acacia connaît des réticences en milieu paysan. En effet, elle nécessite l’abattage systématique des vieux cocotiers. Mais elle laisse surtout, le planteur sans revenu pendant une période de 4 ans. « C’est le temps que dure la nouvelle plantation pour entrer en production » précise le rapport des chercheurs.

Pour mieux faire accepter cette trouvaille et susciter l’adhésion des planteurs de cocotier le cnra crée depuis des années des parcelles de démonstration le long du littoral ivoirien.

Plusieurs forums d’échanges entre les planteurs, les encadreurs, les décideurs politiques et les chercheurs sont  organisés par le cnra en collaboration avec l’agence nationale d’appui au développement rural (Anader).

La culture du cocotier couvre 37000 hectares localisés sur le littoral .La production annuelle est de 34 000 tonnes de coprah.

Suite au vieillissement du verger, à la pauvreté du sol et aux variétés non sélectionnées  le cocotier cultivé en Côte d’Ivoire a  un faible un rendement  et ne permet pas au planteur de faire vivre convenablement sa famille.

C’est pour remédier à cet état de fait,  que la recherche agronomique Ivoirienne a développé des variétés hybrides très performantes produisant dans de bonnes conditions de culture entre 2 et 4 tonnes de coprah par hectare.

Mais comment  introduire du matériel végétal très performant sur des sols appauvris par de longues monocultures sans apports d’éléments nutritifs ? C’est à cette question que le Cnra a répondu en mettant au point la technique culturale associant le cocotier à l’acacia. 

Arsène Kanga

Correspondant Régional

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