Agriculture familiale : Des chercheurs relèvent qu’elle permet d’aller à la sécurité alimentaire

lundi, 19 janvier 2015 18:46
Des chercheurs relèvent qu’elle permet d’aller à la sécurité alimentaire Des chercheurs relèvent qu’elle permet d’aller à la sécurité alimentaire Crédits: DR

Les experts duCentre National de Recherche Agronomique (CNRA) affirment que la mise en place des exploitations familiales intégrées doit s’articuler autour d’un modèle d’interaction durable, entre l’agriculture familiale et l’activité humaine.

Agriculture familiale : Des chercheurs relèvent qu’elle permet d’aller à la sécurité alimentaire

 

Des chercheurs ivoiriens du secteur agricole relèvent que des exploitations familiales intégrées peuvent permettre d’atteindre la sécurité alimentaire et le développement durable en Côte d’Ivoire. L’information est rendue public par le journal scientifique Anglais, Scidev.net.

Une expérience pilote menée de 2011 à 2012 dans la localité de Korhogo par l'organisation non gouvernementale Chigata en collaboration avec le Comité Français pour la Solidarité Internationale sous le nom « Promotion de l'Agriculture Familiale Périurbaine Intégrée à Korhogo » a permis aux populations d’améliorer les revenus de groupements d’agriculteurs familiaux de la localité.

 

Selon Diarrassouba Nafan, enseignant-chercheur à l’Université Péléforo Gon Coulibaly de Korhogo, il s’est agi de mettre en place un schéma d’organisation reliant, par des circuits courts, au bénéfice des communautés locales, les produits d’agriculteurs familiaux périurbains et les plans de gestion intégrée de déchets urbains au niveau du pays Sénoufo.

 

« Le projet a pris en compte 275 familles d’agriculteurs et de collecteurs de déchets », a-t-il expliqué à Scidev.net. Avant de souligner qu’il y a eu 245 bénéficiaires directes et au moins 4000 bénéficiaires indirects.

 

Pour M. Nafan, l'innovation du projet réside essentiellement dans la relation qu'il promeut entre la gestion des déchets (et leur revalorisation en biogaz et en fertilisants organiques) et l'agriculture familiale.

 

Les cultures vivrières développées dans le projet sont en grande partie constituées par les maraîchères. Il s’agit  du concombre, le piment, l’aubergine, la carotte, la tomate, le chou, la laitue, le haricot vert, le gombo, l’oignon, le haricot nain, le melon et le poivre.

 

Les productions et les pratiques culturales des agriculteurs familiaux cibles sont améliorées, diversifiées, plus régulières sur l’année et sécurisées par les débouchés sur le cantines scolaires de la ville et par une meilleure maîtrise des marchés urbains et périurbains.

 

« Grâce aux projets nous avons pu produire de façon régulière sur l’ensemble de l’année », a confié Aminata Soro à Scidev.net. Avant d’expliquer qu’ils ont réussi à sécuriser leurs productions agricoles grâce aux cantines scolaires de la ville et les zones périurbaines.

 

Situé à 600 km d’Abidjan dans le Nord de la Côte d’Ivoire, le département de Korhogo est le chef-lieu de région du Poro. La majorité de la population du département de Korhogo tire son revenu des principales cultures agricoles, pérennes et vivrières, à savoir le coton, l’anacarde, la mangue, le riz, le maïs, le mil et l’arachide.

 

80% de la population dépend de l’agriculture familiale

 

Selon le ministère ivoirien de l’Agriculture, l’agriculture familiale concentre plus des 2/3 des producteurs et travaillent sur des superficies de 4 à 5 ha en moyenne dans le pays. Ainsi  80% de la population dépend de cette agriculture. Alors que seulement 10% du budget est dédié à l'agriculture familiale tandis que 80% des ressources sont allouées aux cultures de rente.


Les experts du
Centre National de Recherche Agronomique (CNRA) affirment que la mise en place des exploitations familiales intégrées doit s’articuler autour d’un modèle d’interaction durable, entre l’agriculture familiale et l’activité humaine.


« L’objectif est de permettre une amélioration des conditions de vie des populations locales et une sécurisation de leur souveraineté alimentaire. Cela passe par l’amélioration des revenus des petits agriculteurs, la préservation de l’environnement grâce à une meilleure gestion des déchets et la promotion des échanges à l’échelle du pays »,  a confié Koffi Elvis, un chercheur en agronomie de l’université Nangui Abrogoua d’Abidjan à Scidev.net.


Selon lui, le  renforcement des capacités des organisations de producteurs agricoles familiaux en termes d’appui à la structuration à l’organisation de filières courtes, etc. peuvent redynamiser l’agriculture familiale.


Le directeur Général du Centre de recherche Suisse en Côte d’Ivoire (CSRS),  Bassirou Bonfoh, lui,  a indiqué que les autorités compétentes doivent placer l'agriculture familiale au cœur des priorités nationales. Mais, surtout l’organiser et la surveiller.


« L’agriculture familiale préserve les produits alimentaires traditionnels, tout en contribuant à une alimentation saine et équilibrée, à la conservation de la biodiversité agricole mondiale et à l’utilisation durable des ressources naturelles », a-t-il insisté. Avant de souligner que dans le cadre de la promotion de l’agriculture familiale, sa structure a célébré l'année internationale de l'agriculture familiale le Jeudi 24 Avril 2014 à Abidjan où les acteurs et les produits de cette filière étaient à l’honneur.

M. Bonfoh pense également qu’il faut susciter chez les organisations internationales un fort intérêt pour l'Agriculture Familiale de sorte à apporter son appui aux petits planteurs dans les pays d’Afriques.


La promotion de l’agroforesterie, par ailleurs, recommandée par les chercheurs  constituent également une source non négligeable de produits ligneux et non ligneux, dont les ménages tirent une bonne partie de leur revenu et qui s'avèrent appréciables pour les économies locales.

 

Alfred Kouamé

Correspondant

(Scidev.net)



 

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