Soro Pehouet: La maturité est là! Ce qui ne fait pas craindre pour l'avenir

mercredi, 30 mars 2016 11:30
L'artiste-peintre Soro Pehouet L'artiste-peintre Soro Pehouet

Pehouet a su, au fil du temps, après sa formation aux Beaux-arts créer et imposer par son talent, un univers reconnaissable dans lequel ses personnages sont en osmose parfaite avec l’environnement qui les entoure.

 

 

 

Soro Pehouet: La maturité est là! Ce qui ne fait pas craindre pour l'avenir

Né le 24 avril 1980, à Tiassalé, Soro Pehouet Patric travaille à son art, avec les yeux émerveillés. Consacré meilleur peintre et Grand Prix Guy Nairay au cours de la troisième édition (3ème) édition du Concours des Arts Plastiques dénommé les GUYZAGN 2007, il fait partie des jeunes talents qui comptent sur la scène artistique nationale.

Cette distinction lui a valu l’honneur de réaliser son rêve à travers cette première exposition individuelle intitulée « FEMME NOIRE, FEMME AFRICAINE » sous les auspices de l’agence HOUKAMI GUYZAGN.


2ème exposition individuelle

Sept ans après, sa première exposition, Soro Pehouet va réaliser cet autre rêve, le jeudi 07 avril 2016, avec une exposition intitulée « Orange + blanc + vert = Okohi ». Dans cette exposition l’artiste rassure, au regard des œuvres qu’il entend soumettre à l’appréciation du public. Ici Pehouet met en avant un concept qu’il a appelé « l’existentialisme en peinture ». Il s’agit explique le critique d’art Mimi Errol, d’ « une thématique thérapeutique visant à exorciser les hommes et les femmes de la nation ivoirienne des affres de la division, du pessimisme et du désarroi après ce moment d’aveuglement et de violence qu’a connu le pays. »

Pehouet n’est véritablement heureux que dans son atelier, face à sa toile où crayon en main, il esquisse des scènes pour ses réalisations.

Après son baccalauréat série H1 (artistique) au lycée d’enseignement artistique, il intègre l’Ecole Nationale des Beaux-arts d’Abidjan.

Déjà en 1ère année à l’Ecole Nationale des Beaux-arts d’Abidjan, Pehouet ambitionnait s’orienter dans la filière de la communication. Cependant avec l’aide de ses maîtres que sont Messieurs James Houra et Mensah Ignace, il opte pour la peinture.

Par contre, sa technique au couteau, qui ne rencontrait pas l’assentiment de ses formateurs, lui permet aujourd’hui d’exprimer son talent de dessinateur, un atout maître des arts plastiques.

Son penchant pour cette technique, il le doit à une rencontre avec le peintre Français, Christian Jéquel lors d’une exposition de groupe, à l’hôtel Ivoire, au cours de laquelle ce dernier célébrait ses trente (30) ans de carrière.

Les tableaux de Jéquel déclenchent alors chez le jeune Pehouet qui n’était qu’en classe de 1ère au Lycée d’Enseignement Artistique (LEA) un déclic et une passion pour ce style.

Il est subjugué par cette technique qui privilégie la matière et rêve alors d’appliquer la pâte à la hiérarchisation des éléments.

Aujourd’hui Soro Pehouet peut être fier de s’être lancé dans la valorisation de cette technique puisque de nombreux étudiants de l’Ecole Nationale des Beaux-arts d’Abidjan suivent ses traces.

Après son sacre au Grand Prix Guy Nairay, l’artiste s’est retranché dans son atelier pour dérouler une écriture plastique singulière et quelquefois provocante qu’il propose pour cette exposition.

Titulaire du Diplôme d’Etudes Supérieures Artistiques (DESA) à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-arts d’Abidjan, Soro Pehouet Patric est Professeur certifié d’Arts Plastiques.

ÉCRITURE PICTURALE

L’art, dit-on, est avant tout un moyen d’expression, une création de notre esprit dont la nature n’est que l’occasion.

Soro Pehouet aime mettre en scène ses compositions afin de faire en sorte que le spectateur puisse imaginer à son tour l’histoire qui s’y déroule. Mieux, à travers chaque toile, il l’entraîne au cœur d’une histoire.

Doté d’une écriture large chargée en matière, il construit d’abord chaque tableau à partir de crayonnage où les zones d’ombre et de lumière se distinguent déjà aisément avant de procéder à la pose des couleurs.

Que donne-t-il à voir? Des scènes riches et variées qui magnifient les femmes, les enfants et les hommes qui caractérisent respectivement l’amour et la sensualité, la pureté de l’expression, l’innocence et l’avenir et la force pour le dernier.

En effet, sa thématique a trait à la vie de l’être au quotidien, avec ses joies et ses peines.

Une interprétation des scènes de la vie et du temps qui passe nous fait comprendre qu’il est attentif à tout et à tous

Pehouet a su, au fil du temps, après sa formation aux Beaux-arts créer et imposer par son talent, un univers reconnaissable dans lequel ses personnages sont en osmose parfaite avec l’environnement qui les entoure.

La composition 3-2-1 (nombre de personnage) reste au cœur de sa création pour dire qu’avec peu d‘élément, on peut exprimer beaucoup de choses et l’expression saisissante des visages de ses personnages sert la douceur de ses figurations.

Aussi, ses titres orientent sur la philosophie développée dans ses créations.

Dans l’expression de son vocabulaire pictural, Pehouet utilise une chromatique riche, éclatante à la nuance multiple, véritable explosion tumultueuse de mille feux où l’on sent l’artiste heureux de réaliser ses peintures consacrées à la vie heureuse. Au-delà de cette chromatique, il demeure un redoutable dessinateur. La maturité est là, ce qui ne fait pas craindre pour l'avenir.

CHEICKNA D. Salif

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