Louise N’Djoré Yah : Une Awoulaba pas du tout ordinaire !

jeudi, 31 octobre 2019 13:33
Louise Yah, l’Awoulaba aux multiples jumeaux et triplés, était une mère-poule. Louise Yah, l’Awoulaba aux multiples jumeaux et triplés, était une mère-poule. Crédits: DR

La deuxième Saraman 2018 décédée à l’âge de 42 ans, dans la nuit du 25 au 26 octobre, était une miraculée qui a donné naissance à sept enfants en seulement trois accouchements.

Elle possédait les traits essentiels de la belle femme africaine. Les rondeurs. Une taille respectable. Le sourire éclatant… Louise N’Djoré Yah, la fille de Prikro, était tout simplement une belle femme. Encouragée par des proches, elle se présente en 2018 au concours Awoulaba, la compétition réservée à la célébration des normes de la beauté féminine africaine.

Premier coup d’essai, premier coup de maître. Elle est élue Awoulaba 2018 de la région de l’Ifou. Vu les atouts qu’elle possède, Louise N’Djoré apparaît immédiatement comme une candidate sérieuse à la couronne nationale. Ceux qui ne jurent que par elle n’auront finalement pas tort. Puisqu’elle fera partie du trio gagnant à l’issue de la palpitante nuit de la beauté africaine, le 28 juillet 2018. Louise est élue deuxième Saraman, à la grande joie de la présidente du comité Awoulaba de l’Ifou, la styliste modéliste Danielle Kréa, et de ses amis.

Celle qui pendant 12 mois va faire partie des reines ivoiriennes de beauté, rehaussant de leur charme les cérémonies à travers le pays, était pourtant une miraculée. Oui ! Louise était sujette à des crises d’hypertension. Et surtout, juste quelques mois avant le concours Awoulaba, elle avait fait un Avc. Mais, miracle ! Elle s’en est sortie sans la moindre séquelle handicapante. La charmante dame a gardé toute sa beauté. Et surtout son sourire rayonnant… « Sa nature calme, sa timidité même, sa gentillesse, son profond respect pour les autres, elle avait tendance à appeler les autres : maman, papa », témoigne Danielle Kréa.

Mais Louise a tout de même perdu quelque chose d’important, après sa terrible crise d’Avc : son boulot. Elle n’a plus retrouvé sa place dans l’hôtel où elle travaillait grâce à son diplôme de Brevet de technicien supérieur en hôtellerie et tourisme. Qu’à cela ne tienne ! Pour la fille de Prikro, le chômage était loin d’être la fin du monde. Son époux était là pour la soutenir, comme il l’a toujours fait.

Libre, Louise qui est qualifiée de « mère-poule » par ceux qui la connaissaient bien, avait désormais davantage de temps pour s’occuper de ses cinq mômes. Des enfants qu’elle a eus en seulement trois accouchements. Deux fois des jumeaux et une fois des triplés. Soit, au total, sept bébés. Mais deux n’ont pas survécu.

Au concours Awoulaba, être mère est un atout. Louise N’Djoré Yah en était donc une, de manière exponentielle. C’était l’Awoulaba des triplés et des jumeaux. Elle part, les privant, hélas trop tôt, de son amour.

Ses parents et amis l’accompagnent à sa dernière demeure ce vendredi 1er novembre au cimetière d’Abobo-Baoulé, après la prière musulmane de 13 heures.

ALAKAGNI HALA