Guy Kouadio : Du Grand prix Guy Nairay au Prix d’excellence 2017

samedi, 02 septembre 2017 19:07

Dans la compétition avec des jeunes gens rompus à la technique, il réussit à se qualifier pour la phase des performances sur une centaine de participants.

Portrait/Guy Kouadio : Du Grand prix Guy Nairay au Prix d’excellence 2017

« Permettez-moi de dédier ce Prix à toute la Jeunesse ivoirienne en général et celle du vaste secteur de l’artisanat et des métiers. Ce prix est le couronnement de 30 ans d’acharnement au travail, à la recherche constante du meilleur et à la persévérance », a indiqué Koffi Kouadio Guy lors de la présentation officielle de son prix - Prix d’Excellence du Meilleur Artisan 2017 -  au monde de l’artisanat.

Habitué à relever les challenges dans les milieux jeunes comme ce fut le cas à la 2ème édition des Guyzagn doté du Grand prix Guy Nairay, il n’est pas étonnant de le voir dédié son prix à la jeunesse ivoirienne et au secteur de l’artisanat. Perfectionniste à soi que ce soit en art ou dans le domaine de l’artisanat, il vient de prouver une fois encore que par la force du travail l’on peut s’affirmer comme il l’a fait de 2003 en 2017.

Le génie de certains artistes réside dans leur force de travail et non dans un quelconque don. Guy Kouadio est de cette race d’artiste qui à force de conviction a réussi, là où ceux qui ont été formés aux techniques picturales dans des écoles d’art ont échoué.

En 2001 l’ébéniste, Guy Kouadio apprend l’organisation du concours national des Arts Plastiques dénommé « les Guyzagn », sous le thème de « la réconciliation nationale » doté du Grand Prix Guy Nairay.

Il décide d’y participer. Peintre à ses heures perdues ou encore peintre du dimanche et ne maîtrisant ni le langage, ni la démarche plastique, il décide quand même de se jeter à l’eau. Un coup d’essai qui deviendra très vite un coup de maître.

Dans la compétition avec des jeunes gens rompus à la technique, il réussit à se qualifier pour la phase des performances sur une centaine de participants.

A la performance au bord du boulevard lagunaire, Guy Kouadio a éprouvé toutes les peines pour réaliser son œuvre. Il comprend dès lors la nécessité de se former aux techniques des arts. Avec le sacre de Mobiagoh Stefane, aujourd’hui doctorant en arts et en science de l’art qui a remporté pour cette première édition, le prix de la créativité et le Grand Prix Guy Nairay, Guy Kouadio garde beaucoup d’espoir.

Et promet à qui veut l’entendre qu’il sera le vainqueur de la deuxième édition des Guyzagn. Qui aurait pu croire à ce pari fou quand on sait qu’il devra affronter des concurrents formés à l’école nationale des beaux-arts d’Abidjan, au centre technique des arts appliqués de Bingerville (Ctaa) et au conservatoire régional des arts et métiers d’Abengourou (Crama) ?

Après avoir bien observé le déroulement du concours, Guy Kouadio comprend que celui qui aura le plus accroché le jury sur le plan de la créativité est susceptible de remporter le Grand Prix. Cependant comment pourrait-il rattraper son retard en termes de formation sur tous les autres ?

L’homme ne se fait pas d’illusion. Il s’attache les services du premier lauréat Mobiagoh qu’il appelle malgré son jeune âge « Maître ». Leur amitié qui est née de la passion de Guy pour l’art va amener Mobiagoh a effectué fréquemment des visites à Toumodi où est installé Guy Kouadio pour lui apprendre les techniques de base. Qui plus est, Guy va également s’attacher les services du sculpteur-designer Joe Wadada connu pour son génie.

Lorsque la deuxième édition des Guyzagn est lancée en 2003, sous le thème : « Le grand pardon », Guy Kouadio est fin prêt. Il présente une œuvre monumentale dans laquelle sculpture et peinture se réconcilient. Qualifié pour la performance, il présente également une autre de belle facture intitulée « Eyaki » (Pardon en Baoulé). A la soirée gala en décembre 2003, à Sol Béni sous le chapiteau de Orange Côte d’Ivoire, le jury est unanime. Guy Kouadio, ce concurrent qui avait lancé deux ans plutôt un défi à lui-même remporte la deuxième édition du Grand Prix Guy Nairay.

A Toumodi, où il exerce toujours comme ébéniste nous lui avons rendu visite. Nourrissant le secret espoir d’une exposition individuelle à Abidjan, Guy continue de travailler avec hargne pour se forger une écriture picturale.

CHEICKNA D. Salif

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